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Varsovie demande à Berlin des réparations de guerre d’une valeur de 1300 Mds d’euros

Le gouvernement allemand, qui a estimé que la question des réparations polonaises est "close", a rejeté ces réclamations

Des soldats allemands fouillent les décombres de Westerplatte à la recherche de survivants polonais à Danzig, en Pologne, le 2 septembre 1939. (Crédit : AP)
Des soldats allemands fouillent les décombres de Westerplatte à la recherche de survivants polonais à Danzig, en Pologne, le 2 septembre 1939. (Crédit : AP)

La Pologne a estimé jeudi le coût financier des pertes de la Seconde Guerre mondiale à mille trois cents milliards d’euros, le président du parti au pouvoir déclarant qu’il allait « demander à l’Allemagne de négocier ces réparations ».

Des réclamations rejetées quelques heures plus tard par le gouvernement allemand qui a estimé que la question des réparations polonaises est « close ».

Le chiffre de 6,2 trillions de zlotys (1 300 mds EUR) a été communiqué lors d’une conférence consacrée à la présentation d’un rapport sur les pertes de la Pologne lors de la Deuxième guerre mondiale.

Sur ce total « une partie très importante est la compensation pour la mort de plus de 5,2 millions de citoyens polonais », a souligné Jaroslaw Kaczynski, chef du parti Droit et Justice au pouvoir, ajoutant que le processus avant que la Pologne ne reçoive ces réparations serait « long et difficile ».

Jaroslaw Kaczynski, le leader du parti PiS au pouvoir, s’exprime lors d’une convention de campagne à Varsovie, en Pologne, le 8 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski).

Selon le rapport, 2,1 millions de citoyens polonais ont été déportés pour travaux en Allemagne nazie. Chaque travailleur a travaillé en moyenne deux ans et neuf mois.

A la suite de la guerre, d’expériences pseudo-médicales et de la détention dans des camps de concentration 590 000 citoyens polonais, ont été handicapés.

Dans les années 1939-1945, la Pologne a perdu 50 % de ses avocats, 40 % de ses médecins et 35 % de ses professeurs d’université.

D’autre part, les pertes matérielles ont été estimées à 800 milliards de zlotys (170 mds EUR).

Les pertes liées aux biens culturels et artistiques ont été évaluées à 19 milliards de zlotys (4 mds EUR).

Celles du secteur bancaire ont été estimées à 89,3 milliards de zlotys (18,8 mds EUR) et celles du secteur des assurances à 34,8 milliards de zlotys (7,2 mds EUR).

Depuis son arrivée au pouvoir en 2015, PiS a souvent mis en avant la question des réparations. Les travaux sur ce rapport ont commencé en 2017.

« Incroyablement cruel »

« Nous avons non seulement préparé un rapport, qui est un document ouvert et qui sera certainement complété, mais nous avons également pris une décision, une décision relative à une action ultérieure, a ajouté M. Kaczynski, et cette action consiste à demander à l’Allemagne de négocier ces réparations. Et c’est une décision que nous allons mettre en œuvre ».

« Les Allemands ont envahi la Pologne et nous ont fait d’énormes dommages. L’occupation était incroyablement criminelle, incroyablement cruelle et a causé des effets qui, dans de nombreux cas, se poursuivent jusqu’à ce jour », a encore dit le président du PiS.

Des soldats allemands tentent de déloger des tireurs d’élite à Varsovie pendant l’invasion nazie de la Pologne en septembre 1939, lors de la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : AP)

Jeudi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a rappelé la position allemande: « La Pologne a renoncé à de nouvelles réparations il y a longtemps, en 1953, et a confirmé cette renonciation à plusieurs reprises ».

« Il s’agit là d’une base essentielle pour l’ordre actuel de l’Europe », a-t-il ajouté.

Berlin a opposé les mêmes arguments aux demandes de réparations soulevées dans le passé par la Grèce.

Pour l’opposition libérale polonaise, le rapport est surtout destiné à des fins de politique intérieure, à un an des élections législatives.

« L’initiative du PiS sur les réparations de guerre apparaît depuis plusieurs années chaque fois que le PiS a besoin de construire un récit politique », a déclaré Donald Tusk, président de la Plate-forme civique (PO), principal parti d’opposition.

« Il ne s’agit pas de quelconques réparations de la part de l’Allemagne, mais d’une campagne politique » en Pologne, a-t-il déclaré, estimant que Jaroslaw Kaczynski voulait « rebâtir le soutien du parti au pouvoir sur cette campagne anti-allemande ».

« Kaczynski lui-même a déclaré que cela prendrait des générations, donc ce n’est pas une question d’argent pour les Polonais », a encore déclaré M. Tusk.

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