Vente d’eau inédite d’Israël à la Jordanie
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Vente d’eau inédite d’Israël à la Jordanie

Cette décision intervient alors que Jérusalem cherche à renouer les liens, mais Ayman Safaadi a mis en garde Lapid contre des "crimes de guerre" concernant Sheikh Jarrah

Un Syrien remplit un seau d'eau à l'intérieur de Zaatari, le plus grand camp de réfugiés syriens à Mafraq, Jordanie, le 3 février 2019. (AP Photo/Raad Adayleh)
Un Syrien remplit un seau d'eau à l'intérieur de Zaatari, le plus grand camp de réfugiés syriens à Mafraq, Jordanie, le 3 février 2019. (AP Photo/Raad Adayleh)

Israël va vendre 50 millions de mètres cubes d’eau à la Jordanie en proie à une sécheresse extrême, une quantité inédite décidée dans le cadre d’un accord annoncé jeudi par les deux pays voisins.

Selon cet accord conclu lors d’une rencontre en Jordanie entre le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid et son homologue jordanien Aymane Safadi, Amman va également pouvoir augmenter ses exportations à destination de la Cisjordanie, territoire palestinien situé près de la frontière jordanienne. Il s’agissait de la première rencontre avec la Jordanie depuis la formation du nouveau gouvernement.

Si Lapid a cherché à rétablir la relation, une mise en garde jordanienne au cours de la réunion concernant de possibles « crimes de guerre » israéliens à Jérusalem a indiqué que certains de ces points de friction pourraient subsister.

« Israël vendra 50 millions de m3 d’eau supplémentaires cette année » à la Jordanie, affirme un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères, une annonce confirmée côté jordanien.

Les détails de cette vente seront finalisés plus tard.

Après la réunion, Lapid a exprimé son appréciation de la coopération de la Jordanie.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’exprime lors d’une réunion de faction de son parti Yesh Atid à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédits: Olivier Fitoussi/Flash90)

« Le Royaume de Jordanie est un voisin et un partenaire important de l’État d’Israël », a déclaré Lapid jeudi. « Le ministère des Affaires étrangères continuera à mener un dialogue permanent pour préserver et renforcer les liens. Nous élargirons la coopération économique pour le bien-être des deux pays. »

Mais dans un signe de tensions persistantes entre les pays, le ministère jordanien des Affaires étrangères a souligné que Safadi avait mis en garde Israël contre l’expulsion prévue des Palestiniens de leurs maisons dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, une question qui est devenue un déclencheur de tensions régionales.

Safadi « a souligné la nécessité de respecter le statu quo historique et juridique dans la mosquée Al-Aqsa/al-Haram al-Sherif et de respecter le droit des familles de Sheikh Jarrah à leurs maisons, soulignant que leur expulsion constituerait un crime de guerre en vertu du droit international », selon le compte rendu jordanien de la réunion.

Pour Gidéon Bromberg, directeur israélien de l’ONG environnementale EcoPeace Middle East, « il s’agit de la vente la plus importante jamais réalisée entre les deux pays ».

Elle est un exemple « de la façon dont les pays de la région doivent coopérer si nous voulons survivre aux énormes défis de l’eau », a-t-il affirmé à l’AFP.

Aux termes d’un accord de paix conclu en 1994 entre la Jordanie et Israël, ce dernier fournit par an gratuitement au royaume 55 millions de m3 d’eau.

La mer Morte ( du côté jordanien) dont le niveau baisse de manière spectaculaire en raison d’une grave sécheresse, le 20 avril 2021. (Crédit : Khalil MAZRAAWI / AFP)

Le royaume hachémite est l’un des pays les plus pauvres en eau du monde et fait face depuis plusieurs mois à une sécheresse extrême. En avril, Israël avait déjà annoncé son intention de vendre trois millions de m3 supplémentaires à la Jordanie, qui en avait réclamé huit.

Les deux pays se sont par ailleurs mis d’accord sur une augmentation des exportations jordaniennes vers la Cisjordanie, pour une valeur de 700 millions de dollars annuels, contre 160 millions actuellement.

Le chef de la diplomatie jordanienne a en outre discuté avec son homologue israélien du conflit israélo-palestinien et des moyens de relancer le processus de paix, au point mort, en vue d’une règlement global.

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