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Venus pour l’Euro, des fans de football rendent hommage aux victimes à Dachau

Venus d'Écosse, d'Ukraine, d'Allemagne ou d'Israël dans le cadre du programme allemand « Football and Remembrance » les fans ont été briefés sur la persécution des joueurs et entraîneurs juifs

Des visiteurs se tiennent à l'entrée de l'ancien camp de concentration de Dachau, dans le sud de l'Allemagne, le 09 décembre 2019. - L'ancien camp de Dachau, construit en 1933 et qui a servi de modèle à tous les autres camps de concentration en Europe, a été mis à profit par le gouvernement de Bavière, la région dans laquelle il est situé. (Crédit : Christof STACHE / AFP)
Des visiteurs se tiennent à l'entrée de l'ancien camp de concentration de Dachau, dans le sud de l'Allemagne, le 09 décembre 2019. - L'ancien camp de Dachau, construit en 1933 et qui a servi de modèle à tous les autres camps de concentration en Europe, a été mis à profit par le gouvernement de Bavière, la région dans laquelle il est situé. (Crédit : Christof STACHE / AFP)

DACHAU, Allemagne – Samedi, des supporters venus d’Ecosse, d’Ukraine, d’Allemagne, d’Israël et de bien d’autres horizons ont déposé des gerbes au mémorial du camp de concentration de Dachau en hommage aux victimes des nazis, autour du slogan « Plus jamais ça », bien décidés à faire du football un levier pour fédérer.

Le groupe s’est rendu dans le camp et y a appris de quelle manière les nazis avaient persécuté les joueurs et entraîneurs de football juifs, forcé les prisonniers à jouer au football pour les besoins de la propagande avant de l’interdire puis de l’autoriser pour des catégories de détenus privilégiées.

Il a également écouté des enfants de victimes de ce camp raconter ce qu’y ont enduré leurs parents, après une procession précédée d’un joueur de cornemuse écossais.

Dachau se trouve à une demi-heure de route du stade de football de Munich, où l’Euro 2024 a commencé vendredi. Il a été l’un des tout premiers camps de concentration mis en place par les nazis, quelques semaines après la prise de pouvoir d’Adolf Hitler en janvier 1933.

« C’est un endroit lugubre. Dès l’entrée, on se sent mal. Mais il est important de venir pour se rappeler ce qui s’est passé et ne pas refaire les mêmes erreurs… Cela nous a ouvert les yeux sur beaucoup de choses », explique Cole Cattanach, 21 ans, étudiant écossais originaire de Falkirk, venus en Allemagne supporter l’équipe écossaise.

Andreas Erbel, représentant des fans de football allemands, explique, lui, être venu à cette cérémonie dans l’idée de protéger la démocratie.

Des clôtures de barbelés entourent ce qui était le camp de concentration nazi de Dachau, en Allemagne, le 28 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Matthias Schrader)

« Je voulais montrer qu’il y a un contrepoids au virage à droite que connait l’Europe, qu’il y a davantage de personnes… ouvertes sur le monde.

« L’Allemagne va recevoir beaucoup de visiteurs pendant l’Euro 2024 et c’est une chance pour nous de faire vivre la convivialité. »

Au cours des 12 années précédant sa libération par les soldats américains en 1945, plus de 200 000 personnes ont été emprisonnées à Dachau, parmi lesquelles le président juif du club de football du Bayern Munich, Kurt Landauer. On estime à 41 500 le nombre de personnes mortes dans le camp et ses annexes.

L’événement de samedi s’inscrit dans le cadre du programme fédéral allemand « Football and Remembrance » spécialement conçu pour l’Euro 2024 et qui, au travers de visites de sites historiques proches des villes hôtes, rappelle que les nazis ont assassiné des athlètes et utilisé le football à des fins de propagande.

Du football à Dachau

Les gardes SS nazis ont fait prendre des photos, en 1933, montrant des prisonniers en train de jouer au football à Dachau, probablement pour tromper le monde extérieur en faisant croire que les détenus étaient bien traités.

Le football a ensuite été interdit dans le camp, et ce jusqu’en 1943, date à laquelle les nazis ont utilisé les prisonniers les plus aptes pour fabriquer des munitions et autorisé la pratique du football à ceux bénéficiant de certains avantages. Situés au plus bas de la hiérarchie raciste des nazis, les prisonniers juifs n’y avaient pas droit.

Le terrain de football – sablonneux – se trouvait près de la place d’appel du camp.

« Ce que nous savons grâce aux rescapés, c’est que l’odeur des corps brûlés flottait constamment dans l’air, que les clôtures se voyaient de partout et que les prisonniers étaient émaciés. C’étaient des matchs [de football] dans des conditions extrêmes », explique Maximilian Luetgens, historien à Dachau en charge des visites.

Une photo de Kurt Landauer est présentée dans le cadre d’une exposition intitulée « Joueurs, Combattants et Légendes – les Juifs dans le football et au Bayern Munich » au musée du FC Bayern Erlebniswelt en 2015. (Crédit : Christof Stache/AFP via Getty Images/via JTA)

On trouve un trophée en bois, sculpté en 1944 par un prisonnier pour les besoins d’un tournoi entre détenus remporté par des prisonniers politiques luxembourgeois.

Les visiteurs trouveront par ailleurs une affiche conçue par des prisonniers, qui donne à voir, sur fond de barbelés, deux joueurs de football porteurs des badges triangulaires des détenus originaires de Pologne, République tchèque ou Luxembourg.

« Ce travail est très important, car on est malheureusement face à une résurgence du racisme dans le football européen, avec des chants racistes, antisémites et homophobes », analyse Luetgens.

Bernd Neuendorf, président de la Fédération allemande de football, a écrit dans une introduction au programme Football and Remembrance : « Des gens venus de tous les continents vont venir ici faire la fête, pacifiquement, et soutenir leur équipe… Nous souhaitons profiter de ce tournoi pour revenir sur les heures les plus sombres de l’histoire allemande et prendre un temps de réflexion. »

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