‘Verona’ au temps du conflit israélo-palestinien
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‘Verona’ au temps du conflit israélo-palestinien

Une application tente de connecter les Israéliens et les Palestiniens pour faire l’amour et pas la guerre

Verona est une nouvelle application de rencontres pour les Israéliens et les Palestiniens (Crédit : Autorisation)
Verona est une nouvelle application de rencontres pour les Israéliens et les Palestiniens (Crédit : Autorisation)

Il y a toujours eu des Israéliens et des Palestiniens prêts et disposés à parler. Maintenant, ils peuvent aussi ‘swiper’ – grâce à une nouvelle application de rencontres pour smartphone qui fait le lien entre les membres des deux peuple au nom de l’amitié, de la romance et autre.

L’application Verona (son nom fait référence à la ville italienne où les amants maudits de Shakespeare Roméo et Juliette vivaient … et sont morts, à la fin) a été introduit dans une version bêta à la mi-mars.

Selon le fondateur Matthew Nolan, il a déjà un « succès retentissant », avec environ 2 000 utilisateurs à ce jour et beaucoup plus qui téléchargent l’application tous les jours.

L’idée d’une application gratuite de rencontres similaire à Tinder est survenue suite à une conversation que Nolan et quelques amis ont eue après la fête de la Saint-Valentin à New York en février dernier.

Ils discutaient de projets artistiques visant à promouvoir la paix dans le monde, et un Palestinien dans le groupe mentionné que quelque chose de ce type serait bien pour lui et sa petite amie israélienne.

Nolan, qui est ni Palestinien ni Israélien et qui n’a jamais mis les pieds en Israël ou dans les Territoires palestiniens (mais dont la petite amie est juive et est allée sur un voyage Taglit en Israël), a décidé d’appliquer ses compétences conceptuelle qu’il a reçu à l’école d’art et ses capacités professionnelle en développement de l’application pour relever le défi.

Les utilisateurs s'identifient comme étant soit israélien ou Palestinien. (Crédit : Autorisation)
Les utilisateurs s’identifient comme étant soit israélien ou Palestinien. (Crédit : Autorisation)

« J’ai vu là une occasion de faire quelque chose de positif », a déclaré Nolan, 31 ans.

L’interface utilisateur de Verona est simple. Une fois que quelqu’un s’inscrit pour utiliser l’application, il y a seulement deux identités parmi lesquelles choisir : israélienne ou palestinienne. Si un utilisateur est Israélien, l’application lui proposera des Palestiniens qui correspondraient à son profil (et vice versa).

L’application, cependant, n’a pas de moyen de savoir si un utilisateur est en réalité un Israélien ou un Palestinien.

« Les gens s’auto-identifient, donc ‘Israélien’ et ‘Palestinien’ peut être interprété aussi largement que possible », a expliqué Nolan.

« Par exemple, si la meilleure amie de votre mère est de la Cisjordanie, vous pourriez peut-être raisonnablement l’identifier comme étant « palestinienne », et si vous êtes un quart-juif, vous pouvez indiquer que vous êtes ‘Israélien’ ».

Les utilisateurs peuvent filtrer suivant plusieurs critères, y compris le sexe que l’on préfère et la portée géographique.

L’application prend les photos et les autres informations à partir de Facebook, et les utilisateurs sont invités à poster une courte biographie et la liste de leur plus grande passion. Les utilisateurs ne sont pas invités à fournir des informations sur la façon dont ils s’identifient religieusement.

Une capture d'écran de l'application Verona  (Crédit : Autorisation)
Une capture d’écran de l’application Verona (Crédit : Autorisation)

Nolan a expliqué qu’au début la plupart des utilisateurs de l’application étaient des New-Yorkais en âge d’aller à la fac.

Mais à depuis le début du mois d’avril, le nombre d’utilisateurs a augmenté de manière significative, et à ce stade, il semble que cela soit principalement des individus âgés d’une vingtaine d’années qui vivent effectivement au Moyen-Orient.

« Nous avons environ 80 % d’utilisateurs de la région, avec les chiffres penchent plus fortement vers les Israéliens », a déclaré Nolan.

Par conséquent, Nolan retiré la fonctionnalité de l’application qui indique la proximité d’un utilisateur par rapport à l’autre.

Cela pourrait être sans doute lié aux préoccupations de sécurité exprimées dans les médias juifs qui affirmaient que Verona pourrait conduire à une répétition d’une tragédie survenue en 2001. En janvier de cette année-là, le lycéen israélien, Ofir Rahum, a été assassiné par des terroristes palestiniens près de Ramallah qui l’a attiré là en se faisant passer en ligne pour une fille nommée « Sali ».

Bien que Nolan a lu des livres et suivi des cours à l’université sur le Moyen-Orient et tente de rester au courant des nouvelles en provenance d’Israël et de l’Autorité palestinienne, il a déclaré au Times of Israel qu’il ne prétend pas comprendre le conflit israélo-palestinien.

« Je ne le comprends pas vraiment, et je ne pense pas que je le pourrais un jour », a-t-il indiqué.

Nolan a dit qu’il est pleinement conscient que Verona n’attirera pas tous les Israéliens et les Palestiniens.

« C’est vraiment pour les gens qui sont déjà d’un certain état d’esprit, un esprit ouvert… sans doute des gens qui vivent en Europe ou en Amérique », a-t-il analysé.

« Si vous êtes offensé par l’application, alors ce n’est pas pour vous ».

Ce que les utilisateurs de Verona voient quand ils ont un match. (Crédit : Autorisation)
Ce que les utilisateurs de Verona voient quand ils ont un match. (Crédit : Autorisation)

Selon Nolan, il a développé l’application de rencontres comme un moyen d’aider les gens à dépasser l’éléphant dans la pièce, pour ainsi dire. Malgré le conflit en cours, il essaie d’aider les individus des deux côtés à se connecter les uns aux autres.

La popularité de Verona, actuellement disponible uniquement sur Android, a pris Nolan par surprise, l’obligeant à développer une version pour iOS plus rapidement qu’il ne l’avait prévu.

Il espère que les propriétaires de produits Apple auront accès à Verona vers la mi-Juin. Il prévoit également plusieurs événements de lancement pour cet été à New York, et éventuellement à Tel-Aviv.

Lorsque l’on voit la guerre d’Israël avec le Hamas dans la bande de Gaza l’été dernier et la récente vague d’attaques à la voiture bélier et d’autres attaques terroristes menées par des Palestiniens contre des Israéliens à Jérusalem, il serait agréable de penser que finalement, l’amour peut tout conquérir.

Certains qualifieraient Nolan de naïf, ou d’un outsider bien intentionné mais mal orienté. Certains désapprouveront ou douteront de la possibilité de réussite d’une application de rencontres pour les Israéliens et les Palestiniens.

Dans un article publié dans TNW News, le journaliste spécialisé en technologie Mic Wright a suggéré que Verona était « la réalisation d’un souhait de bien-pensants occidentaux sans lien avec les réalités d’Israël et de la Cisjordanie » et que « sa naïveté va évidemment bouleverser les personnes qui doivent faire face aux défis quotidiens de ce qui semble être un conflit insoluble ».

Wright a également écrit que Nolan lui a dit qu’il ne ferait jamais payer les utilisateurs ou ne vendrait leurs données personnelles, il n’a pas l’intention non plus que Verona soit une application à but non lucratif pour la paix, et que l’objectif majeur est de battre toutes les autres applications au jeu de la séduction.

« Ceci est une entreprise à but lucratif … J’ai des façons de monétiser cela. Les rencontres en ligne ne vont pas disparaître de sitôt. Tout le monde convient que toutes les applications de rencontres sont nulles », a écrit Wright en citant Nolan.

Nolan a déclaré au Times of Israel que, indépendamment aux opposants, il s’engageait à utiliser ses pouvoirs de codage pour encourager les gens à faire l’amour, pas la guerre, dans une région qui a vu beaucoup trop de guerres.

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