Vers une nouvelle méthode de chimiothérapie avec moins d’effets secondaires
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Vers une nouvelle méthode de chimiothérapie avec moins d’effets secondaires

Tout en prévenant qu'il sera difficile de la mettre en œuvre, l'équipe de l'Université hébraïque qualifie la découverte de "pas important vers moins de souffrance des patients"

Photo d'illustration d'une femme atteinte d'un cancer recevant un traitement par chimiothérapie. (Crédit : via Shutterstock)
Photo d'illustration d'une femme atteinte d'un cancer recevant un traitement par chimiothérapie. (Crédit : via Shutterstock)

Une équipe de chercheurs israéliens a déclaré qu’elle avait mis au point une nouvelle méthode de chimiothérapie qui pourrait, à l’avenir, être utilisée pour traiter les patients atteints de cancer avec moins d’effets secondaires nocifs.

Les conclusions des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem, ainsi que de l’Allemagne, ont été publiées le mois dernier dans un numéro de la revue Frontiers in Pharmacology, a déclaré l’université dans un communiqué mercredi.

L’étude visait à trouver un moyen de combattre les cellules cancéreuses sans nuire aux cellules saines. Les méthodes actuelles nuisent aux deux, causant des effets secondaires importants qui obligent de nombreux patients à arrêter le traitement prématurément.

Tout en mettant en garde contre le fait que le travail de mise en pratique de leur méthode théorique n’est « pas anodin », les chercheurs ont dit espérer qu’il pourrait éventuellement « révolutionner la chimiothérapie ».

« La plupart des traitements anticancéreux ne sont pas suffisamment spécifiques, ce qui signifie qu’ils attaquent les cellules saines en même temps que les cellules malignes dont ils essaient de se débarrasser », explique le professeur Alexander Binshtok, chef du groupe de recherche sur la plasticité de la douleur à la faculté de médecine de l’Université hébraïque, qui dirige cette équipe.

Alexander Binshtok, chercheur de l’Université hébraïque, dans son laboratoire à Jérusalem. (Hadas Parush/Flash90)

« Cela entraîne de nombreux effets secondaires graves associés à la chimiothérapie », a dit M. Binshtok. « Éliminer les cellules cancéreuses tout en laissant les cellules saines est un pas important vers la réduction de la souffrance des patients. »

« Il est trop tôt pour faire des prédictions concrètes, mais nous espérons que cette découverte ouvrira la voie à une nouvelle méthode d’administration plus ciblée pour le traitement de chimiothérapie, une méthode qui permettra de réduire considérablement la douleur des patients », ajoute-t-il.

Dans son communiqué, l’Université hébraïque a déclaré que la découverte pourrait « permettre aux médecins de réduire les doses de chimiothérapie pour les patients, réduisant ainsi les effets secondaires désagréables associés au traitement et améliorant l’observance du traitement et les prévisions globales ».

En ce qui concerne les particularités de la nouvelle méthode, l’étude était axée sur l’expression sélective de la protéine TRPV2 par les cellules cancéreuses et, une fois activée, cette protéine ouvre un canal dans les membranes cellulaires.

La protéine TRPV2, qui pourrait être utilisée à l’avenir pour améliorer la chimiothérapie, en action. (Dr David Roberson et Prof. Alex Binshtok)

« Binshtok et son équipe ont étudié les cellules cancéreuses du foie et ont réussi à insérer avec succès une faible dose de doxorubicine, un agent chimiothérapeutique, à travers le canal et directement dans les cellules cancéreuses », indique le communiqué. « À l’avenir, la précision de cette méthode d’administration pourrait permettre aux médecins de prescrire de plus faibles doses de chimiothérapie et de soulager les patients de certains des effets les plus sévères de la chimiothérapie. »

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