Vilnius va renommer une rue qui honorait un collaborateur antisémite nazi
Rechercher

Vilnius va renommer une rue qui honorait un collaborateur antisémite nazi

Des protestataires nationalistes ont manifesté à l'hôtel de ville pour défendre Kazio Skirpos mercredi ; le maire se dit satisfait du résultat

Des nationalistes portant une photo de Pepe la grenouille et Kazys Skirpa lors d'une marche à Kaunas, en Lituanie, le 16 février 2017. La bannière se lit : La Lituanie contribuera à un nouvel et meilleur ordre européen". (Defending History via JTA)
Des nationalistes portant une photo de Pepe la grenouille et Kazys Skirpa lors d'une marche à Kaunas, en Lituanie, le 16 février 2017. La bannière se lit : La Lituanie contribuera à un nouvel et meilleur ordre européen". (Defending History via JTA)

JTA – Après des années de protestations, le conseil municipal de Vilnius en Lituanie a voté pour renommer une rue qui rendait hommage à un collaborateur nazi accusé d’avoir commandité des meurtres à l’époque de la Shoah.

Lors du vote de mercredi, qui a été adopté par 21-16, une poignée de manifestants nationalistes ont formé un cordon devant l’hôtel de ville pour défendre le maintien du nom de la rue Kazio Skirpos. Le maire Remigijus Simasius s’est dit satisfait du résultat.

Dans « une ville ouverte et respectueuse de tous, nous ne pouvons pas afficher de signes particuliers de respect envers quelqu’un » comme Kazyo Skirpa, a dit le maire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Skirpa a été l’envoyé à Berlin d’un mouvement lituanien pro-nazi. Il a dit alors : « Profitons de l’occasion pour nous débarrasser de tous les Juifs et créer une atmosphère oppressante pour qu’ils ne pensent même pas qu’ils pourraient avoir des droits en Lituanie ».

L’entrée principale du ghetto de Vilnius en Lituanie, en 1941 pendant la Seconde Guerre mondiale. (Wikimedia Commons – domaine public)

Le site à but non lucratif Defending History et le Centre Simon Wiesenthal font pression depuis des années pour que la rue soit rebaptisée.

Le Centre lituanien de recherche sur le génocide et la résistance a déclaré que Skirpa « a élevé l’antisémitisme à un niveau politique » qui « aurait pu encourager une partie des Lituaniens à s’impliquer dans la Shoah ». Mais Skirpa était favorable à l’expulsion, pas au génocide, a déclaré le centre dans un document de synthèse en 2015. Elle a finalement défendu Skirpa contre les accusations les plus graves portées contre lui.

Le centre défend actuellement devant le tribunal un autre collaborateur nazi, Jonas Noreika. Grant Gochin, un citoyen juif-américain d’origine lituanienne, a demandé à la justice d’ordonner l’enlèvement d’une plaque pour Noreika de l’Académie lituanienne des sciences.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...