Violence policière : un haredi traîné par les papillotes relate une altercation
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Violence policière : un haredi traîné par les papillotes relate une altercation

Un policier a été suspendu après avoir été filmé en train de tirer Mordechai Kreuzer, de Beit Shemesh, par les papillotes ; selon Aryeh Deri, l'incident "frôle l'antisémitisme"

Mordechai Kreuzer, résident de Beit Shemesh, qui aurait été battu par la police le 5 juillet 2019. (Crédit : capture d'écran Kan)
Mordechai Kreuzer, résident de Beit Shemesh, qui aurait été battu par la police le 5 juillet 2019. (Crédit : capture d'écran Kan)

Un homme ultra-orthodoxe qui aurait été violenté par la police à Beit Shemesh la semaine dernière a déclaré que cet incident rappelait les violences antisémites contre les Juifs en Europe « d’il y a de nombreuses années ».

S’adressant à la Treizième chaîne mardi, Mordechai Kreuzer a déclaré que la façon dont les officiers l’ont traité était « très douloureuse et très effrayante – le mépris et l’humiliation – et ma famille a été choquée de l’apprendre par la suite ».

L’enregistrement vidéo d’une manifestation de vendredi à Beit Shemesh a été publiée par le site d’information haredi Kika HaShabbat et montrait une partie des faits de violence décrits par Mordechai Kreuzer dans l’interview de mardi.

Dans un communiqué diffusé en début de semaine, la police a déclaré que l’officier qui l’a tiré par la papillote a été suspendu le temps qu’une enquête soit menée.

Selon les officiers qui l’ont interpelé, il aurait résisté à l’arrestation et les aurait agressés.

« Durant l’arrestation, l’officier a été blessé à la jambe et souffre d’une fracture », a déclaré la police dans un communiqué initial.

Mais dans la vidéo, Mordechai Kreuzer ne semble pas opposer de résistance aux policiers.

L’incident est survenu alors que la police accompagnait les employés municipaux qui devait détruire un quartier ultra-orthodoxe de la ville. Des affrontements ont éclaté entre la police et les manifestants, qui s’opposaient à la démolition.

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פורסם על ידי ‏חדשות כיכר השבת‏ ב- יום שני, 8 ביולי 2019

Mordechai Kreuzer aurait malencontreusement été impliqué dans l’incident, a-t-il assuré mardi.

« Il y avait de l’agitation près de mon immeuble. Je suis descendu et suis resté là avec un ami. Il a réussi à fuir avant que les policiers ne viennent et ne m’attrapent. Ils m’ont frappé, tapé et poussé au sol. Après cela, plusieurs policiers sont venus – beaucoup de gifles à la tête et de coups sur le reste du corps. Ils m’ont traîné et quand nous sommes arrivés dans la rue [ou une voiture de police était garée], ils m’ont mis debout et ont commencé à tirer violemment mes papillotes, ils ont arraché une partie de ma papillote gauche. »

Au moins un des policiers aurait déclaré, « Tu mourras aujourd’hui », affirme la victime, alors qu’ils la poussaient dans la voiture pour la conduire au poste de police de Beit Shemesh.

Une fois Mordechai Kreuzer entré dans la cellule, un policier lui aurait ordonné de se tenir face au mur « et menacé que si je ne le faisais pas, il me plaquerait contre le mur », a-t-il ajouté. « Il a dit que je devais faire tout ce qu’il me disait, que s’il me demandait de ne pas respirer, je devrais m’exécuter. »

Durant la nuit, a-t-il ajouté, alors que le Shabbat avait déjà commencé, les policiers ont décidé de le transférer dans la prison du centre de Jérusalem, au Complexe russe. Il a résisté, affirmant qu’il ne pouvait pas monter à bord d’une voiture pendant le jour de repos juif, mais ils l’ont fait entrer de force et conduit à la prison.

Après avoir été relâché, il a porté plainte auprès du département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice.

Des vidéos de la scène semblent montrer qu’un policier s’est approché de lui, l’a fait entrer dans un minivan et l’a frappé au visage. La vidéo a été filmée de loin et ne montre pas ce qui s’est passé avant l’altercation.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, qui a fait l’objet de critiques au sujet des violences policières contre les Israéliens d’origine éthiopienne, a qualifié cet incident de consternant et approuvé la suspension du policier.

Sur Twitter, il a fait savoir qu’il « condamne tout forme de violence policière et tout usage non nécessaire de la force. Nous devons conclure l’enquête immédiatement et en publier les résultats et la punition… comme un message contre la violence policière ».

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, chef du parti politique haredi Shas, a déclaré que cet incident « frôlait l’antisémitisme ».

« La police doit enquêter pour comprendre comment ce type d’incident, qui frôle l’antisémitisme, a pu se produire dans ses rangs, et doit traiter cet incident pour garantir que ce genre de choses ne se produisent plus », a-t-il déclaré.

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