Violences contre les femmes : état des lieux et dispersion de force
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Violences contre les femmes : état des lieux et dispersion de force

378 femmes tuées en Turquie depuis début 2019 ; 87 000 femmes tuées dans le monde en 2017, selon l'ONU ; En Afrique du Sud, une femme est tuée toutes les 3 heures

  • La police turque en civil tente d'arrêter une femme lors d'affrontements avec des militantes des droits des femmes alors qu'elles participaient à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019 pour protester contre la violence à l'égard des femmes lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes .
(Crédit : BULENT KILIC / AFP)
    La police turque en civil tente d'arrêter une femme lors d'affrontements avec des militantes des droits des femmes alors qu'elles participaient à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019 pour protester contre la violence à l'égard des femmes lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes . (Crédit : BULENT KILIC / AFP)
  • Une femme tient une pancarte o l'on peut lire « Les hommes nous tuent, l'État les accompagne » lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, à Panama, le 25 novembre 2019. (Crédit : Luis ACOSTA / AFP)
    Une femme tient une pancarte o l'on peut lire « Les hommes nous tuent, l'État les accompagne » lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, à Panama, le 25 novembre 2019. (Crédit : Luis ACOSTA / AFP)
  • La police anti-émeute bloque l'avenue Istiklal alors que des militantes des droits des femmes participent à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019, pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. 5crédit : AFP)
    La police anti-émeute bloque l'avenue Istiklal alors que des militantes des droits des femmes participent à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019, pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. 5crédit : AFP)
  • Une femme avec des larmes peintes sur son visage assiste à une manifestation pour marquer la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes à Madrid, le 25 novembre 2019. (Crédit : OSCAR DEL POZO / AFP)
    Une femme avec des larmes peintes sur son visage assiste à une manifestation pour marquer la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes à Madrid, le 25 novembre 2019. (Crédit : OSCAR DEL POZO / AFP)
  • Des militantes des droits des femmes participent à une marche sur l'avenue Istiklal en direction de la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019 pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. (Crédit : Yasin AKGUL / AFP)
    Des militantes des droits des femmes participent à une marche sur l'avenue Istiklal en direction de la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019 pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. (Crédit : Yasin AKGUL / AFP)
  • Un officier de police est en possession d'une arme à main non meurtrière alors que la police anti-émeute bloque l'accès de la ville alors que des militantes des droits des femmes participent à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019 pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes. (Crédit : Yasin AKGUL / AFP)
    Un officier de police est en possession d'une arme à main non meurtrière alors que la police anti-émeute bloque l'accès de la ville alors que des militantes des droits des femmes participent à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019 pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes. (Crédit : Yasin AKGUL / AFP)
  • Une femme crie lors d'une manifestation marquant la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes à Madrid, le 25 novembre 2019. (Crédit : OSCAR DEL POZO / AFP)
    Une femme crie lors d'une manifestation marquant la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes à Madrid, le 25 novembre 2019. (Crédit : OSCAR DEL POZO / AFP)
  • La police anti-émeute bloque l'avenue Istiklal alors que des militantes des droits des femmes participent à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019, pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. 5crédit : AFP)
    La police anti-émeute bloque l'avenue Istiklal alors que des militantes des droits des femmes participent à une marche sur la place Taksim à Istanbul le 25 novembre 2019, pour protester contre la violence sexiste à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. 5crédit : AFP)

La police turque a dispersé par la force lundi quelques milliers de manifestants qui défilaient à Istanbul pour demander la « fin de l’impunité » pour les auteurs de violences contre les femmes, un mal endémique en Turquie.

Des policiers ont utilisé du gaz lacrymogène et tiré des balles en plastique pour repousser les manifestants, pour la plupart des femmes, qui tentaient de remonter l’avenue Istiklal, au coeur d’Istanbul, selon un photographe de l’AFP.

Environ 2 000 personnes s’étaient auparavant rassemblées sur une placette non loin, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, brandissant des pancartes demandant « la fin de l’impunité » ou sur lesquelles on pouvait lire les noms de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en Turquie.

« Nous ne tolérerons pas la perte d’une autre femme », pouvait-on lire sur la banderole déployée en tête du cortège.

Ayse Baykal, une enseignante, a expliqué à l’AFPTV être venue manifester « contre les ennemis des femmes », « pour mettre un terme aux meurtres de femmes ».

« Ces derniers temps, les meurtres de femmes dans notre pays ont beaucoup augmenté et, partout dans la société, on nous fait taire », a déclaré Ozge Cekcen, 25 ans.

Après ce rassemblement dans le calme, les manifestants ont commencé à remonter l’avenue Istiklal, mais ont été rapidement bloqués par un mur de boucliers de la police anti-émeutes qui a dispersé la foule par la force.

La Turquie a été secouée ces dernières semaines par plusieurs cas très médiatisée de femmes tuées par des hommes, notamment le meurtre d’Emine Bulut, tuée en public sous les yeux de sa fille de 10 ans par son ex-mari.

Un total de 378 femmes ont été tuées en Turquie depuis le début de l’année, selon le groupe de défense des droits des femmes « Nous ferons cesser le féminicide ». En 2018, on en comptait 440, contre 121 en 2011.

Des associations accusent régulièrement la justice turque de prononcer des peines insuffisantes.

Ailleurs dans le monde

Lundi était la 4e journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une cause qui a jeté dans la rue des dizaines de milliers de manifestants depuis samedi, notamment en France, en Italie, en Belgique, en Espagne, en Russie, en Amérique latine.

La colère est montée d’un cran ces dernières semaines dans de nombreux pays face aux féminicides – 87 000 femmes tuées dans le monde en 2017, dont la moitié par des proches, selon l’ONU -, un phénomène longtemps ignoré ou minoré. Et les appels au changement se multiplient.

Lundi, la mission des Nations unies en Afghanistan a demandé un effort au gouvernement de Kaboul contre les violences faites aux femmes, massives dans le pays et en hausse, selon un récent rapport de la Commission afghane des droits de l’Homme. « Les femmes et filles afghanes continuent de subir des violations étendues de leurs droits humains et une violence persistante », a regretté Aleta Miller, représentante d’ONU-Femmes pour l’Afghanistan.

En France, où ce type de meurtre a longtemps été qualifié de « crime passionnel », au moins 117 femmes ont été tuées en 2019 par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte de l’AFP.

En Afrique du sud, où une femme est assassinée toutes les trois heures, le président Cyril Ramaphosa a exhorté les hommes à renoncer aux « attitudes sexistes et patriarcales », en lançant un plan d’urgence doté de plus d’un milliard et demi de rands (100 millions d’euros).

Face à une violence domestique qui « a pris des dimensions inquiétantes ces dernières années », avec une hausse de 34,5 % entre 2014 et 2018, la police grecque a quant à elle annoncé la mise en place d’un nouveau service dédié, comprenant juristes, sociologues et psychologues.

En Espagne, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à travers le pays, à Madrid, Barcelone, Valence, Saragosse et Bilbao.

L’Espagne est un pays pionnier dans la lutte contre les crimes spécifiques contre les femmes. En 2004, une loi contre les « violences de genre » y avait été adoptée, à l’initiative du gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, suivie d’un Pacte national en 2017 quand le conservateur Mariano Rajoy était au pouvoir.

En Argentine, pays de 44 millions d’habitants où les féminicides ont fait 229 mors de janvier à octobre, plusieurs centaines de femmes ont manifesté à Buenos Aires. Elles en ont profité pour dénoncer les discriminations contre les femmes dans la Bolivie voisine. Une manifestation a également rassemblé plusieurs milliers de femmes à Mexico, où quelques incidents ont éclaté avec la police.

En Russie, où les violences domestiques ont été décriminalisées en 2017, un millier de personnes ont manifesté lundi soir à Moscou. L’été dernier, la Cour européenne des droits de l’homme avait épinglé fermement le droit russe, qui « ne reconnaît pas » ces violences, et les autorités « réticentes à reconnaître la gravité du problème ».

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