Virus : Israël abaisse à 50 ans l’âge pour la dose de rappel
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Virus : Israël abaisse à 50 ans l’âge pour la dose de rappel

L'État hébreu avait lancé il y a deux semaines une initiative afin de permettre aux personnes âgées de 60 ans et plus à se faire administrer une troisième dose du vaccin Pfizer

Un Israélien se fait administrer une piqûre de rappel dans un centre de vaccination de la caisse Maccabi, le 1er août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un Israélien se fait administrer une piqûre de rappel dans un centre de vaccination de la caisse Maccabi, le 1er août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le gouvernement israélien a abaissé dans la nuit de jeudi à vendredi à 50 ans l’âge minimum pour se faire administrer une troisième dose de vaccin anti-COVID dans l’espoir de lutter contre une nouvelle vague de contamination liée au variant Delta.

L’État hébreu avait lancé il y a deux semaines une initiative afin de permettre aux personnes âgées de 60 ans et plus à se faire administrer une troisième dose du vaccin Pfizer/BioNTech et ce, bien que l’Agence américaine du médicament (FDA), dont le pays suit en règle générale les recommandations, n’a pas statué sur cette pratique.

Cette campagne a permis d’administrer des doses de rappel à plus de 770 000 Israéliens, selon les dernières données du ministère de la Santé.

Dans la foulée, le Premier ministre Naftali Bennett a annoncé que l’âge minimum pour recevoir cette dose de rappel avait été abaissé à 50 ans.

« La campagne pour vacciner la population âgée de 60 ans et plus est un grand succès (…) C’est une étape importante dans le combat contre le variant Delta et j’appelle tout le monde âgé de plus de 50 ans à se mettre en rang dès demain (vendredi) matin pour se faire vacciner », a déclaré dans un communiqué le Premier ministre israélien, précisant que cette décision avait été validée par un comité d’experts.

Une femme israélienne reçoit un troisième vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 dans la ville centrale de Ramat Hasharon, le 30 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a officiellement accepté vendredi cette préconisation.

Les caisses d’assurance-maladie commencent donc à accepter les rendez-vous de leurs assurés de plus de 50 ans désireux de se faire injecter une troisième dose.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz devrait recevoir l’injection vendredi après-midi.

Lors de la réunion de jeudi, certains spécialistes du panel gouvernemental auraient demandé que la classe d’âge concernée par le rappel puisse inclure les quadragénaires, a fait savoir la Douzième chaîne.

La chaîne a ajouté que le Premier ministre Naftali Bennett avait exercé des pressions significatives sur les responsables de la santé, les membres du cabinet et même sur les membres du groupe de conseil pour autoriser l’injection d’une troisième dose à tous les Israéliens âgés de 40 ans et plus.

Cet abaissement n’a pas remporté l’adhésion de tous. Le ministre de la Justice, Gideon Saar, a affirmé que le gouvernement devait d’abord injecter le rappel aux personnes de plus de 50 ans avant de baisser l’âge d’éligibilité graduellement afin de faire preuve de prudence, a noté la station de radio Kan.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) à l’ouverture d’un centre de vaccination à Jérusalem, le 4 août 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)

De plus, jeudi, Bennett s’est entretenu avec le directeur-général de Pfizer, Albert Bourla, le pressant d’accélérer le processus d’approbation régulatoire du vaccin contre la COVID-19 qui a été mis au point par le géant pharmaceutique aux enfants de moins de 12 ans.

Bourla a expliqué à Bennett qu’il considérait le problème comme étant de la plus haute importance et qu’il ferait de son mieux pour accélérer le processus, a noté le bureau du Premier ministre.

Israël avait été l’un des premiers pays à lancer, dès la mi-décembre, une vaste campagne de vaccination à la faveur d’un accord avec Pfizer qui lui avait livré rapidement des millions de doses payantes en échange de données sur l’effet et l’efficacité du vaccin sur sa population. 

Cette campagne avait permis de faire chuter drastiquement le nombre de cas, mais ces dernières semaines les contaminations sont reparties à la hausse avec la propagation du variant Delta chez des adultes non vaccinés mais aussi chez des personnes vaccinées il y a plus de six mois.

D’où le pari des autorités sanitaires locales d’administrer des doses de rappel dans l’espoir de renforcer la protection conférée par les vaccins chez les personnes âgées, plus à risque. 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait toutefois appelé à un moratoire sur ces doses de rappel afin de laisser plus de vaccins disponibles pour les pays pauvres, où le taux de vaccination reste faible.

Le Premier ministre avait rétorqué que l’administration de ces doses de rappel en Israël, pays de neuf millions d’habitants, n’allait pas affecter les stocks mondiaux et plutôt permettre de tester l’efficacité de la 3e dose.

Selon les derniers chiffres qui ont été communiqués vendredi matin, 462 personnes sont actuellement dans un état grave suite à une infection à la COVID-19.

Les données du ministère de la Santé montrent que, parmi les Israéliens de 60 ans et plus qui ne sont pas vaccinés, 120,9 personnes par 100 000 ont développé des complications de la maladie. Parmi les personnes vaccinées, ce chiffre est de 19,1 et il est de 45,3 parmi les citoyens partiellement vaccinés.

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