Virus : le ministère de la Défense interdit l’accès aux zones de l’AP
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Virus : le ministère de la Défense interdit l’accès aux zones de l’AP

Les responsables de la santé israéliens ont accusé les Israéliens arabes entrant dans les zones de l'Autorité palestinienne d'être responsables de la forte hausse des infections

La police à un checkpoint temporaire à l'entrée de Jérusalem, le 8 avril 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La police à un checkpoint temporaire à l'entrée de Jérusalem, le 8 avril 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère de la Défense a publié un décret interdisant aux Israéliens de se rendre dans les zones palestiniennes de Cisjordanie afin de ralentir la montée en flèche du taux d’infection parmi les Israéliens arabes.

L’ordonnance, qui entrera en vigueur jeudi matin, devrait durer un mois. Il s’appliquera aux zones définies comme zone B dans le cadre des accords d’Oslo conclus entre Israël et l’Autorité palestinienne. Selon le traité, Israël est responsable de la sécurité dans la zone B tandis que l’AP est chargée de l’administration civile.

Bien que l’ordonnance interdise à tous les Israéliens d’entrer en zone B, elle a été largement considérée comme une tentative de limiter les visites des Israéliens arabes dans toutes les zones palestiniennes. Les Israéliens sont théoriquement interdits d’entrer dans la zone A, qui est sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, mais de nombreux Israéliens arabes entrent régulièrement dans la zone A pour aller à l’université ou même faire des achats.

De hauts responsables israéliens de la santé ont déclaré que les visites d’Israéliens arabes dans les zones de l’Autorité palestinienne – où la distanciation physique et les règlements sanitaires sont peu respectés – sont en partie responsables de la récente augmentation des infections dans la communauté arabe israélienne.

« Nous parlons de dizaines de milliers de citoyens israéliens arabes entrant dans les zones de l’AP chaque semaine », indiquait le responsable adjoint de la lutte sanitaire, Ayman Seif, à Hala News début novembre.

Il a également mis en cause les voyages à l’étranger et le retour des grands mariages dans la récente augmentation des infections au sein de cette population. Certains auraient même organisé des mariages dans des zones palestiniennes.

« Je ne comprends pas », a commenté Ayman Seif, ajoutant que « toute personne qui entre dans les zones de l’AP, ou qui voyage en Turquie, se cause du tort et fait du tort à ses proches ».

La marée d’infections parmi les Israéliens arabes pendant la deuxième vague de coronavirus a oscillé, alternant entre pic, plateau et pic. En septembre, environ 30 % des infections étaient dans le secteur arabe, même si les Israéliens arabes constituaient environ 20 % de la population d’Israël.

Le deuxième confinement national, combiné au travail acharné des autorités locales pour suivre et tracer la maladie, a fait baisser le taux de contamination jusqu’à ce que les Israéliens arabes ne représentent plus que 7 % des cas actifs du pays au début du mois d’octobre.

Depuis ce succès, cependant, le nombre d’infections a de nouveau augmenté de façon spectaculaire, alors que les tests dans tout le pays ont diminué. Environ 38 % de tous les cas se trouvent actuellement dans les villes et villages arabes, a indiqué lundi la Commission d’urgence arabe.

Un membre du personnel médical à l’hôpital Dura dans la ville cisjordanienne de Dura située à proximité d’Hébron, le 9 juillet 2020. (Wisam Hashlamoun / FLASH90)

Lors d’une visite de la ville arabe israélienne de Kafr Kara, lundi, Ronni Gamzu a averti que le gouvernement allait fermer les points de passage vers la Cisjordanie si la hausse des infections persistait.

« Nous allons envisager de fermer les points de passage s’il n’y a pas d’autre solution », a annoncé M. Gamzu. « [Les mariages] ne peuvent pas se poursuivre sans causer davantage de funérailles. »

Après le lobbying du chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, une exception a été faite pour les étudiants arabes israéliens inscrits dans les universités palestiniennes de Cisjordanie. Selon un message qu’il a publié sur sa page Facebook, les étudiants devront présenter leur carte d’étudiant aux points de passage vers la Cisjordanie.

En juillet, le Premier ministre de l’AP, Mohammad Shtayyeh, a appelé Israël à fermer ses frontières et à empêcher ses citoyens d’entrer dans les zones de l’AP. Il a également imploré les Israéliens arabes de s’abstenir de rendre visite à leurs proches de l’autre côté de la Ligne verte, affirmant que cela contribuait à une résurgence de la vague de coronavirus. M. Shtayyeh avait toutefois reconnu que Ramallah ne contrôlait pas la situation.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh lors d’une conférence de presse à l’Association de la presse étrangère dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 9 juin 2020. (Abbas Momani/Pool Photo via AP)

« Le facteur le plus important dans la montée du virus est que nous ne contrôlons pas nos points d’entrée et nos frontières », avait souligné à l’époque M. Shtayyeh.

Cependant, malgré les inquiétudes, les travailleurs palestiniens continueront à entrer et à sortir d’Israël quotidiennement. Environ 100 000 Palestiniens de Cisjordanie sont légalement autorisés à travailler en Israël et dans les implantations, selon le groupe de défense des droits des Israéliens Kav LaOved.

La liaison militaire israélienne avec les Palestiniens (COGAT) a fermé les passages aux travailleurs palestiniens à plusieurs reprises depuis le début de la pandémie en mars, afin de tenter d’aplatir la courbe en Israël et dans les Territoires palestiniens.

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