Virus : Trop de pays « prennent la mauvaise direction », avertit l’OMS
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Virus : Trop de pays « prennent la mauvaise direction », avertit l’OMS

"Je veux être franc avec vous : il n'y aura pas de retour à l'ancienne normalité dans un avenir prévisible", a souligné le directeur général de l'OMS

Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, prend la parole lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, le 25 juin 2020. (Fabrice Coffrini / AFP)
Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, prend la parole lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, le 25 juin 2020. (Fabrice Coffrini / AFP)

L’Organisation mondiale de la santé a averti lundi que de nombreux pays ne prenaient pas les bonnes mesures face à la pandémie, au lendemain d’une journée record de 230 000 nouveaux cas de coronavirus.

« Je veux être franc avec vous : il n’y aura pas de retour à l’ancienne normalité dans un avenir prévisible », a souligné le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

« Le virus reste l’ennemi public numéro un, mais les actions de nombreux gouvernements et personnes ne reflètent pas cela », a-t-il déclaré, avant d’assurer : « Trop de pays prennent la mauvaise direction. »

« Les messages contradictoires des dirigeants sapent l’ingrédient le plus essentiel de toute réponse : la confiance », a-t-il ajouté, sans citer leurs noms.

Le chef de l’OMS a une fois de plus appelé les gouvernements à communiquer clairement avec leurs citoyens et à mettre en place une stratégie globale visant à supprimer la transmission et à sauver des vies, tout en demandant aux populations de suivre les multiples gestes barrière, comme respecter la distance, se laver les mains et porter un masque, et de s’isoler s’ils étaient malades.

« Si les principes élémentaires ne sont pas suivis, cette pandémie ne pourra aller que dans une seule direction. Cela va aller de pire en pire », a-t-il assuré.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait plus de 569 000 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre.

Les Etats-Unis, qui ont recensé leur premier décès lié au coronavirus début février, sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, suivis du Brésil.

« L’épicentre du virus se trouve toujours sur le continent américain, où plus de 50 % des cas ont été enregistrés dans le monde », a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Nous espérons tous qu’il y aura un vaccin efficace, mais nous devons nous concentrer sur l’utilisation des outils dont nous disposons actuellement pour supprimer la transmission et sauver des vies », a-t-il ajouté.

Le haut responsable de l’agence spécialisée de l’ONU a appelé à « accélérer les travaux scientifiques, trouver des solutions communes et mettre en place une réponse mondiale cohérente et solidaire ».

Dans cette photo du 22 février 2020, publiée par l’agence de presse Xinhua, des infirmières travaillent dans une unité de soins intensifs spécialisée pour les patients infectés par le coronavirus à Wuhan, dans la province du Hubei, en Chine centrale. (Xiao Yijiu/Xinhua via AP)

Experts OMS en quarantaine

L’OMS a elle-même été très critiquée par certains, en particulier par le président américain Donald Trump, pour sa gestion de la pandémie.

Les Etats-Unis, qui ont lancé officiellement le 7 juillet la procédure de retrait de l’OMS, l’accusent d’avoir tardé à réagir et surtout d’avoir été trop complaisante avec la Chine.

Washington a toutefois salué l’envoi le week-end dernier en Chine d’une mission exploratoire de l’OMS. Ces deux experts – un épidémiologiste et un spécialiste de la santé animale – doivent préparer le terrain à une mission plus large qui devra déterminer l’origine du coronavirus.

« L’équipe travaille déjà mais à distance car elle est en quarantaine » comme le prévoit la procédure chinoise, a expliqué le directeur du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan.

À Pékin, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Chunying Hua, a indiqué aux journalistes qu’un « consensus de base » avait été trouvé avec l’OMS, « à savoir que la recherche de l’origine est une question scientifique ».

Elle a également affirmé que pour l’OMS, « la recherche de l’origine est un processus en constante évolution qui pourrait impliquer plusieurs pays et régions ».

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