Virus : Un labo israélien revendique un essai réussi de vaccin sur des rongeurs
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Virus : Un labo israélien revendique un essai réussi de vaccin sur des rongeurs

L'Institut pour la recherche biologique dit être parvenu à protéger des hamsters de la COVID-19, et espérer faire aboutir son produit pour les êtres humains d'ici un an

Un chercheur à Protein Sciences prend un tube dans un laboratoire, le jeudi 12 mars 2020 à Meriden, Connecticut. (AP Photo/Jessica Hill)
Un chercheur à Protein Sciences prend un tube dans un laboratoire, le jeudi 12 mars 2020 à Meriden, Connecticut. (AP Photo/Jessica Hill)

Dans une possible avancée, un laboratoire dépendant du ministère israélien de la Défense a annoncé avoir terminé, avec succès, ses essais d’un vaccin contre le coronavirus menés sur des rongeurs, ce qui ouvre la voie à une nouvelle phase de tests sur différents animaux – qui sera peut-être suivie d’essais sur des êtres humains.

Dans un article qui a été publié vendredi sur le site de bioRxiv, répertoire en ligne d’articles scientifiques qui n’ont pas encore été relus par des pairs, l’Institut israélien pour la recherche biologique, qui se situe à Ness Ziona, a fait savoir qu’il espérait aboutir à un vaccin d’ici un an, voire plus tôt.

Dans cet extrait de l’article, les chercheurs affirment que leur vaccin – qui a été testé sur des hamsters – « entraîne une induction rapide et efficace d’anticorps neutralisants contre le SARS-CoV-2, », le virus à l’origine de la COVID-19.

Au cours des essais, deux groupes de rongeurs ont été infectés au coronavirus mais un seul des deux a bénéficié du vaccin. Si le groupe de hamsters qui n’a pas été vacciné a développé la maladie, l’autre est resté en bonne santé, ont fait savoir les chercheurs.

« Et, de manière importante, une seule dose vaccinale a permis de protéger les hamsters contre le SARS-CoV-2, comme le démontre l’annulation de la perte de poids chez les hamsters immunisés en comparaison avec ceux qui n’avaient pas été vaccinés », ont-ils écrit dans l’article.

Si les poumons des hamsters infectés ont montré de gros dégâts au niveau des tissus et qu’ils ont présenté une charge virale élevée, les chercheurs notent que ceux qui avaient été vaccinés « n’ont été victimes que de pathologies pulmonaires mineures » sans titre viral.

Les essais menés sur les rongeurs sont une phase préliminaire déterminante dans le développement des médicaments et ils permettent de lancer de nouveaux tests sur d’autres animaux. Si cette deuxième étape s’avère concluante, alors le vaccin pourra être essayé sur l’être humain pour déterminer son efficacité et ses éventuels effets secondaires, a poursuivi l’article.

L’Institut israélien pour la recherche biologique caché derrière les arbres et les broussailles et encerclé par des barbelés dans la ville israélienne de Ness Tziona, au sud de Tel Aviv, le 14 octobre 1998 (Crédit : AP Photo/Mark Levie)

Au début du mois, le laboratoire avait confirmé avoir isolé un anticorps qui, avait-il estimé, pourrait être utilisé pour développer des traitements à la COVID-19 – ce qui le plaçait en tête des initiatives menées dans le monde entier dans ce sens. Si cette réussite n’était pas utile dans la création d’un vaccin, elle pouvait permettre de mettre au point un médicament efficace pour les malades, avaient annoncé les chercheurs.

Tandis qu’un certain nombre d’institutions scientifiques, à l’international, ont découvert des anticorps capables de détruire le virus, le laboratoire avait noté à l’époque qu’il était le premier à atteindre trois tournants majeurs dans l’histoire de la recherche sur le coronavirus : Trouver un anticorps en mesure de détruire le virus ; un anticorps qui puisse cibler spécifiquement ce coronavirus ; et qui soit un anticorps monoclonal, dénué des protéines supplémentaires susceptibles d’entraîner des complications chez les patients.

Cet institut de recherche plutôt discret avait fait les gros titres après l’annonce faite par Naftali Bennett, ministre sortant de la Défense, de l’isolement de cet anticorps au mois de mars – une annonce qui avait semblé être toutefois prématurée.

Selon un reportage diffusé la semaine dernière par la Douzième chaîne, le laboratoire a depuis identifié huit anticorps à la COVID-19 et s’est porté candidat à un brevet international pour cette technologie.

Les anticorps ont été produits à partir du sang de personnes atteintes de la COVID-19 ayant développé une forme grave de la maladie et qui avaient ensuite guéri.

Le laboratoire espère combiner ces anticorps pour en faire un traitement efficace. Si les chercheurs parviennent à créer ce médicament, ils devront alors faire appel à une firme pharmaceutique internationale qui se chargera de sa production en masse.

Une centaine de groupes de recherche, dans le monde entier, travaillent sur des vaccins contre le coronavirus, avec presque une douzaine qui ont d’ores et déjà commencé les essais cliniques sur les êtres humains ou qui se trouvent sur le point de les lancer. Mais il est impossible pour le moment de prédire quel vaccin – s’il y en a un – pourra fonctionner en toute sécurité, ou même de désigner un favori dans cette course.

Le docteur Anthony Fauci, expert auprès du gouvernement américain, a averti que même dans le meilleur des cas, le développement d’un vaccin en douze ou 18 mois marquerait un record de vitesse.

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