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Visé par Erdogan, le magazine Le Point affirme qu’il « ne lâchera rien »

"Recep Tayyip Erdogan a décidément un problème avec la liberté", a écrit le directeur du magazine

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe Vladimir Poutine à la suite de leurs entretiens dans la station balnéaire de Sotchi, le 22 octobre 2019. (Crédit : Sergei Chirikov/Pool/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe Vladimir Poutine à la suite de leurs entretiens dans la station balnéaire de Sotchi, le 22 octobre 2019. (Crédit : Sergei Chirikov/Pool/AFP)

Visé par le président turc Recep Tayyip Erdogan, l’hebdomadaire français Le Point a assuré vendredi par la voix de son directeur qu’il « ne lâcherait rien ».

La une du Point publié cette semaine qualifie le président turc d' »éradicateur » et demande: « va-t-on le laisser massacrer les Kurdes (et menacer l’Europe)? ».

Suite à cette une, l’avocat de M. Erdogan, Hüseyin Aydin, a déposé une plainte auprès du bureau du procureur général d’Ankara pour « insulte au chef de l’État ». Cette plainte vise le directeur du magazine Etienne Gernelle ainsi que le rédacteur en chef de la rubrique « International », Romain Gubert.

Dans un édito publié sur le site du magazine, M. Gernelle juge que le président turc poursuit Le Point « pour crime de lèse-majesté ». « Recep Tayyip Erdogan a décidément un problème avec la liberté », écrit le directeur du magazine.

« Nous ne retirons pas un mot de ce que nous avons écrit », insiste M. Gernelle. L’enquête du Point évoque « le nettoyage ethnique » à l’encontre des Kurdes de Syrie et affirme que le pouvoir turc a « pactisé avec d’anciens de Daech et d’Al-Qaïda qui se chargent pour lui des sales besognes ».

M. Gernelle rappelle que dans un précédent numéro (en mai 2018), le magazine avait qualifié M. Erdogan de « dictateur ». A l’époque des affiches du Point avec cette une avaient été arrachées et des kiosquiers menacés. « Notre journal avait reçu des menaces de mort directes », rappelle-t-il encore.

« Erdogan a fait emprisonner de nombreux journalistes en Turquie et pense peut-être que ses pulsions de censure peuvent s’exercer aussi dans des pays où la presse est libre », poursuit le journaliste.

« L’hubris du maître d’Ankara connaît visiblement peu de limites. Il sera déçu: nous ne lâcherons rien », conclut-il.

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