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Visite d’un journaliste israélien de la Treizième chaîne en Arabie saoudite

Sur fond de rumeurs laissant croire à une possible avancée des liens, Alon Ben-David dit avoir reçu un accueil contrasté, ajoutant que la normalisation prendra du temps

Le journaliste israélien de la Treizième chaîne Alon Ben-David à Riyad (Capture d'écran : Treizième chaîne)
Le journaliste israélien de la Treizième chaîne Alon Ben-David à Riyad (Capture d'écran : Treizième chaîne)

Alors que les rumeurs ne cessent d’enfler autour d’une possible percée, dans un avenir proche, dans les relations entre l’Arabie saoudite et Israël, un journaliste israélien s’est récemment rendu à Ryad pour avoir un aperçu direct du sentiment que la population saoudienne peut nourrir face à la perspective d’un réchauffement des liens avec l’État juif.

Entrés dans le pays grâce à un passeport étranger – les citoyens détenteurs d’un passeport israélien n’ont pas officiellement le droit de pénétrer dans le royaume – le correspondant militaire de la Treizième chaîne, Alon Ben-David, a indiqué que lui, tout comme son équipe de production, n’ont à aucun moment dissimulé le fait qu’ils étaient originaires de l’État juif.

Dans un extrait de son reportage qui a été diffusé lundi soir, le journaliste a noté qu’obtenir un visa pour son déplacement avait été un processus facile et rapide, et il a indiqué avoir franchi sans difficulté le guichet du contrôle des passeports à son arrivée dans le pays.

Ben-David a souligné que, pendant son voyage, un accueil chaleureux lui avait été réservé partout et dans la plupart de ses rencontres avec les locaux.

Après avoir visité le centre-ville de Ryad, Ben-David a continué son parcours dans les banlieues de cette ville gigantesque – elle abrite plus de 8 millions d’habitants. Il a expliqué qu’elles s’avéraient être « bien moins glamour » que le centre.

Arpentant un marché aux puces, Ben-David a noté que les locaux étaient « très chaleureux » et que les commerçants lui avaient dit que « les affaires sont bonnes ».

Après avoir bénéficié de cet accueil chaleureux, Ben-David et son équipe ont commencé à dire qu’ils étaient Israéliens.

Il a indiqué que ses concitoyens ne devaient pas s’attendre, en Arabie saoudite, à tisser la même relation affable qu’ils ont su nouer avec les résidents des Émirats arabes unis et de Bahreïn – au moins pas au commencement. Il a raconté que la majorité des locaux lui avaient poliment tourné le dos ou qu’ils s’étaient simplement éloignés en apprenant sa nationalité. A d’autres moments, même s’il a pu évoquer « un certain malaise » entraîné par la révélation de sa nationalité israélienne, ses interlocuteurs l’ont invité à boire une tasse de café.

« Les choses vont être beaucoup plus lentes avec l’Arabie saoudite », a commenté Ben-David.

Alon Ben-David, journaliste de la Treizième chaîne, dans une mosquée de Ryad. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Si des Israéliens se sont rendus en Arabie saoudite dans le passé, la plupart d’entre eux étaient des responsables du Mossad ou d’éminentes personnalités politiques en plus des musulmans faisant le pèlerinage du hajj. Récemment, une délégation d’hommes d’affaires israéliens s’est rendue dans le royaume.

L’Arabie saoudite avait officiellement refusé de reconnaître l’État juif à son établissement en 1948 et elle a depuis maintenu cette politique, partiellement en raison du conflit israélo-palestinien. Ce qui a toutefois commencé à changer ces dernières années, avec des tentatives faites, en coulisse, de promouvoir la coopération diplomatique et sécuritaire face à la menace iranienne.

Le mois dernier, avant le déplacement prévu du président américain Joe Biden au Moyen-Orient, des informations ont laissé entendre qu’Israël avait l’intention de demander à Biden d’approuver la livraison d’un système de défense antiaérien laser israélien aux pays arabes alignés contre l’Iran, et notamment au royaume de la péninsule arabique.

Une initiative qui entrerait dans le cadre de l’initiative prise par les États-Unis de mettre en place une coopération régionale contre la menace des drones et des missiles d’attaque iraniens. De récentes informations ont fait savoir que, parmi les parties concernées, se trouvent les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Jordanie, Bahreïn, l’Arabie saoudite et le Qatar.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a évoqué une possible « avancée » pendant la visite de Biden dans la région.

Tous les regards se porteront sur l’Arabie saoudite que Biden visitera, à la mi-juillet, après sa visite au sein de l’État juif. Les analystes affirment néanmoins que des liens diplomatiques entre l’Arabie saoudite et Israël resteront impossibles tant que règne encore le roi Salmane, âgé aujourd’hui de 86 ans.

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