Vive altercation entre Israéliens et Palestiniens au Conseil de sécurité
Rechercher

Vive altercation entre Israéliens et Palestiniens au Conseil de sécurité

Les deux envoyés à l'ONU s'échangent des piques au Conseil de sécurité au sujet de 'l'occupation israélienne' et du refus palestinien de condamner le terrorisme

Danny Danon en mai 2014. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Danny Danon en mai 2014. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un débat au Conseil de sécurité de l’ONU s’est transformé en accrochage lundi entre les ambassadeurs israéliens et palestiniens, qui ont échangé des cris de « Honte à vous ! »  à propos des violences en cours.

L’ambassadeur israélien Danny Danon a interrompu son discours au Conseil et a demandé que le représentant palestinien condamne les actes de terrorisme.

« Honte à vous pour avoir glorifié le terrorisme ! », a déclaré Danon.

« Honte à vous pour avoir tué des enfants palestiniens ! » a riposté l’Ambassadeur palestinien Riyad Mansour.

Après avoir été rappelé à l’ordre par le président du Conseil, Danon s’est à nouveau tourné vers Mansour et a crié : « Vous ne pouvez pas le dire ici. Les enfants palestiniens vous regardent en ce moment ».

« Je condamne tous les actes de terrorisme », une phrase que vous ne pouvez pas dire. Honte à vous pour cela », a-t-il insisté.

Riyad Mansour parlant à des journalistes le 6 avril 2015 (Crédit : ONU / Loey Felipe)
Riyad Mansour parlant à des journalistes le 6 avril 2015 (Crédit : ONU / Loey Felipe)

« Libérez mon peuple ! Honte à vous ! Honte à vous ! Honte à vous ! Vous êtes un occupant, » a rétorqué Mansour.

Avant ce chahut, Renana Meir, dont la mère Dafna a été poignardée à mort par un terroriste palestinien en janvier, s’est adressée au conseil au nom de la mission israélienne.

« Il est difficile d’exprimer par des mots la douleur profonde et le manque insupportable. Ce sentiment de perte brise notre cœur et notre âme », dit-elle.

« Avec un cœurs brisé, nous demandons à la communauté internationale de l’aide. Nous entendons ceux qui disent que le terrorisme est le résultat de la frustration et nous demandons – y a-t-il quelque chose de plus frustrant que ce que nous avons enduré ? »

Dafna Meir, 38 ans, a été tuée le 17 janvier quand un adolescent palestinien a fait irruption dans sa maison à Otniel et l’a poignardé à mort devant ses enfants. Renana, 17 ans, a aidé sa mère à se battre contre le terroriste, qui a fui après avoir mortellement blessé Dafna.

La famille et les amis de Dafna Meir à ses funérailles à Jérusalem, le 18 janvier 2016. Elle a été poignardée à mort dans l'entrée de sa maison située dans l'implantation d'Otniel, en Cisjordanie, le 17 janvier. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La famille et les amis de Dafna Meir à ses funérailles à Jérusalem, le 18 janvier 2016. Elle a été poignardée à mort dans l’entrée de sa maison située dans l’implantation d’Otniel, en Cisjordanie, le 17 janvier. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Vingt-neuf Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été tués dans la vague de terrorisme et de violence palestinienne depuis octobre dernier. Plus de 170 Palestiniens ont également été tués, environ les deux tiers d’entre eux pendant leurs attaques sur des Israéliens et le reste lors d’affrontements avec des forces de l’ordre, selon l’armée israélienne.

Le débat du Conseil a eu lieu suite à une initiative palestinienne pour le vote d’une résolution de l’ONU demandant à Israël de mettre un terme à la construction d’implantations dans les territoires palestiniens.

Le texte du projet de résolution est en cours de négociation avec les pays arabes et n’a pas encore été officiellement distribué aux membres du Conseil, mais les Etats-Unis – qui ont opposé leur veto à une résolution semblable en 2011 – ont dit qu’ils « examineront toutes les options » concernant le conflit israélo-palestinien.

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré dans un discours que les démolitions israéliennes de bâtiments palestiniens en Cisjordanie continuaient à « un rythme inquiétant, » et a réaffirmé que les implantations sont illégales.

La France s’efforce de son coté de convoquer une conférence internationale sur le Proche-Orient pour relancer le processus de paix.

L’Organisation des Nations unies a voté en faveur d’une solution à deux Etats au Proche-Orient où Israël et la Palestine seraient deux pays reconnus, l’expansion des implantations israéliennes étant considérée comme portant atteinte à ce plan.

« Malheureusement, cette solution semble encore plus lointaine que ce qu’elle était il y a plusieurs décennies », a déclaré Ban.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...