« Vous attaquer, c’est nous attaquer », a déclaré le maire de New York à Jérusalem
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« Vous attaquer, c’est nous attaquer », a déclaré le maire de New York à Jérusalem

Au cours d’un « voyage de solidarité », Bill de Blasio rend visite aux victimes de la série de violences à l’hôpital de Jérusalem. Les histoires qu’il a entendues sont « porteuses d’un message de vie »

Le maire de New York Bill de Blasio, (à gauche), et le maire de Jérusalem, Nir Barkat, dans un hôpital de Jérusalem le 17 octobre 2015, visitant les victimes d'une attaque terroriste. (Crédit : Yonatan Zindel)
Le maire de New York Bill de Blasio, (à gauche), et le maire de Jérusalem, Nir Barkat, dans un hôpital de Jérusalem le 17 octobre 2015, visitant les victimes d'une attaque terroriste. (Crédit : Yonatan Zindel)

Le maire de New York, Bill de Blasio, a rendu visite aux victimes de la récente vague de terreur à Jérusalem ce samedi dans le cadre de son « voyage de solidarité », affirmant que la douleur ressentie à Jérusalem était également ressentie par sa ville.

De Blasio et Nir Barkat, le maire de Jérusalem, se sont rendus au chevet de trois victimes d’attaques au couteau au centre médical d’Hadassah à Ein Kerem à Jérusalem. Parmi eux, un citoyen américain qui avait déclaré lors d’une conférence de presse que ce qu’il avait vu était « porteur d’un message de vie ».

« Le lien entre nos deux peuples est extrêmement fort. Le sang et l’histoire nous unissent », a déclaré de Blasio. « Alors quand vous souffrez, nous souffrons aussi. Quand on vous attaque, c’est comme si on nous attaquait nous aussi, et c’est un honneur pour moi d’être ici dans cet esprit de solidarité et avec ce sens de destin commun ».

« Les histoires que j’ai entendues, au milieu de cette peine et de cette épreuve, je ne peux les décrire que comme étant sources d’inspiration, et même porteuses d’un message de vie », a-t-il ajouté. « C’est une chose dure à imaginer en ces temps difficiles mais ce qu’il se passe en ce moment ici nous rappelle ce qui pourrait être et ce qui sera un jour ».

Cet hôpital est considéré comme un rare modèle de coexistence dans une capitale profondément divisée car il emploie une équipe médicale mixte judéo-arabe qui travaille en collaboration pour soigner les blessés et les infirmes de Jérusalem. Le centre médical se targue de faire fi des considérations politiques et de soigner de la même manière les attaquants palestiniens et les victimes juives.

Parmi les blessés que de Blasio a rencontrés, se trouve Maria Veldman, une infirmière d’origine américaine et mère adoptive de 20 enfants arabes.

« On pouvait voir les coups de couteau sur sa poitrine. Et, au lieu de parler de colère et de haine, elle parlait d’amour et de son désir de reprendre sa mission », a expliqué de Blasio au New York Daily News.

« On ne peut pas penser à des actes de terrorisme comme ça, de manière abstraire quand on rencontre les victimes et les familles. Cela devient très réel, » ajoute-t-il. « La paix ne pourra pas régner tant que des civils se feront attaquer sans raison, juste en vaquant à leurs occupations ».

Barkat, qui a accompagné de Blasio, a remercié le maire pour sa visite et a déclaré que les attaques de Jérusalem présentaient la même source « maléfique » que les attaques du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center.

« Cette visite est l’expression d’une amitié véritable et de la solidarité qui existe entre les habitants de New York et ceux de Jérusalem », a-t-il déclaré. « De la même manière que les habitants de New York ont vaincu la terreur, je suis convaincu qu’à Jérusalem aussi, les choses reviendront bientôt à la normale ».

La visite de de Blasio intervient au moment où Israël lutte contre une vague d’attaques au couteau et d’autres violences, la plupart se concentrant autour de Jérusalem. Samedi, en l’espace d’une journée seulement, cinq tentatives d’attaques au couteau ont été perpétrées contre des civils israéliens et la police selon des responsables, dont trois à Hébron, une à Jérusalem et une à un checkpoint en Cisjordanie près de la capitale.

De Blasio doit également rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche.

Plus tôt samedi, de Blasio a condamné la vague d’attaques terroristes.

« C’est un moment douleureux, ici en Israël, c’est un moment où je suis ici par solidarité avec le peuple d’Israël », a déclaré de Blasio au cours d’une visite avec des étudiants d’une école mixte israélo-palestinienne. « Il est évident que cela doit cesser. Regardez, ces attaques contre des civils… Personne ne devrait cautionner des attaques contre des civils ».

Samedi, de Blasio a rencontré son homologue de Tel Aviv, Ron Huldai, dans la ville de bord de mer avant d’assister à un événement dans la ville centrale de Beit Shemesh sponsorisé par l’école Hand in Hand (Main dans la Main). L’école de Jérusalem, qui avait été la cible de pyromanes juifs l’année dernière, représente un autre symbole de coexistence à Jérusalem.

Avant son voyage, de Blasio avait affirmé que sa visite avait « recouvert une nouvelle signification à cause de la crise en Israël » et avait déclaré qu’il est « très important d’être solidaire avec Israël ».

« Je ne prétends pas comprendre les nuances de cette situation », avait-il avoué. « En tant que personne extérieure, je pense qu’il est important de ne pas prétendre savoir plus que ce que je ne sais. D’un point de vue humain et à une plus large échelle, je pense que la paix est nécessaire ».

Se rendre en Israël est un rituel auquel aucun maire de New York ne déroge car la ville des Etats-Unis abrite une large communauté juive. Il s’agit là de la première visite de de Blasio en tant que maire et de sa quatrième visite en tout.

Selon ses assistants, de Blasio avait envisagé une visite en Cisjordanie mais ce projet avait été annulé pour des raisons de sécurité. Il n’est pas prévu que de Blasio rencontre des chefs palestiniens.

Ce voyage de trois jours est payé par Baruch Eliezer Gross, un habitant de Brooklyn fondateur du groupe Besadno, une société d’investissement possédant des bureaux à Jérusalem et à New York.

Le Conflict of Interest Board de la ville a approuvé ce don. De Blasio a estimé que c’était « tout à fait juste » et a fait remarquer que ce cadeau permettait aux contribuables de ne pas avoir à subir le coût de ce voyage.

Il s’agit là du premier déplacement international de de Blasio payé par un individu.

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