Washington autorisera l’importation d’objets juifs libyens
Rechercher

Washington autorisera l’importation d’objets juifs libyens

Cela empêchera Tripoli de revendiquer des rouleaux de Torah antiques, des stèles et des livres qui avaient été pris aux Juifs libyens qui ont dû fuir le pays

Un hôtel peut être aperçu derrière la synagogue abandonnée de  Dar Bishi à Tripoli,  en Libye le 28 septembre 2011 (Crédit : Joseph Eid/AFP/Getty Images/via JTA)
Un hôtel peut être aperçu derrière la synagogue abandonnée de Dar Bishi à Tripoli, en Libye le 28 septembre 2011 (Crédit : Joseph Eid/AFP/Getty Images/via JTA)

JTA — Même si les Etats-Unis ont récemment interdit aux objets fabriqués libyens d’entrer dans le pays, certains artefacts juifs ne sont pas concernés par cet accord, a clairement établi mardi le département d’Etat.

Le mois dernier, les Etats-Unis ont accepté une requête de la Libye demandant à ce que certains objets fabriqués en Libye ne soient pas autorisés à pénétrer sur le territoire américain. Avec pour objectif d’empêcher le pillage des artefacts ou encore leur vente sur le marché noir, cet accord s’applique aux objets fabriqués en 1911 et avant. La requête originale de la Libye, soumise l’année dernière, demandait l’inclusion des artefacts juifs.

Les militants avaient décrié cet accord, disant qu’il accordait la propriété finale des objets à la Libye. Etaient notamment concernés des rouleaux de Torah, des stèles et des livres qui avaient été pris aux Juifs libyens, contraints de quitter le pays au 20e siècle dans un contexte d’antisémitisme public et encouragé par l’Etat.

Une photo prise dans le quartier juif d’une ville libyenne (Autorisation : JIMENA)

Un responsable du département d’Etat a indiqué mardi à JTA que certains artefacts juifs n’étaient pas compris dans l’accord, notamment des objets ethnologiques juifs – fabriqués il y a moins de 2 050 ans. Le responsable a expliqué que les matériels archéologiques juifs – les artefacts datant de 12 000 à 1 750 ans avant l’ère commune découverts sur des sites archéologiques – sont inclus, ce qui signifie que les objets rituels juifs fabriqués après 1 768 peuvent être importés dans le pays.

La demande libyenne originale mentionnait spécifiquement les matériels ethnologiques juifs, selon un rapport (la requête originale n’est pas disponible publiquement).

En prenant cette décision, le département d’Etat a observé quels types de matériaux couraient le risque d’être pillés et il a pris en compte les commentaires livrés par les parties extérieures, et notamment par la communauté juive, a dit le responsable.

Le département d’Etat a déterminé que tandis que les objets archéologiques, notamment Juifs, étaient menacés de pillage, « nous avons à notre disposition des preuves insuffisantes démontrant que certaines catégories de matériels ethnologiques, parmi lesquels des matériels ethnologiques juifs, seraient également en péril ».

Les restrictions sur les importations couvrent des objets ethnologiques de l’ère ottomane, originaires de Libye.

Le département d’Etat a souligné que l’accord « ne détermine et ne confère pas la propriété des artefacts soumis au contrôle des importations ».

Les Etats-Unis ont passé des accords similaires avec 17 pays, notamment une convention signée avec l’Egypte en 2016. Le Congrès a aussi adopté des législations d’urgence restreignant l’entrée sur le territoire américain d’objets fabriqués en Irak et en Syrie.

De telles lois découlent d’une convention de l’UNESCO adoptée en 1970 qui autorise de placer des restrictions sur les importations et les exportations là où le patrimoine d’un pays est en danger de pillage et où les objets sont susceptibles d’entrer sur le marché noir.

Il y a un « intérêt accru dans la région à rechercher des protocoles d’accord similaires », a indiqué un responsable du département d’Etat.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...