Washington et Téhéran s’affrontent sur les négociations sur le nucléaire au Conseil de sécurité
Cinq cycles de pourparlers sur le nucléaire ont eu lieu entre les deux pays avant la guerre de 12 jours qui a opposé l'Iran et Israël en juin, à laquelle Washington s'est joint

Le Conseil de sécurité des Nations unies a été le théâtre mardi d’un affrontement entre les États-Unis et l’Iran au sujet des conditions de la reprise des négociations sur le nucléaire. Les États-Unis, en effet, se déclarent prêts à entamer des négociations directes, mais l’Iran rejette les conditions posées par Washington.
Cinq cycles de pourparlers sur le nucléaire ont déjà eu lieu entre les deux pays avant la guerre de 12 jours qui a opposé l’Iran et Israël en juin, à laquelle Washington s’est joint en frappant des sites nucléaires iraniens.
« Les États-Unis restent disposés à mener des négociations officielles avec l’Iran, mais uniquement si Téhéran est prêt à engager un dialogue direct et constructif », a indiqué mardi Morgan Ortagus, envoyée spéciale adjointe de Donald Trump pour le Moyen-Orient, devant le Conseil de sécurité.
« Nous avons clairement présenté les attentes qui sont les nôtres concernant tout accord. Avant tout, et cela reste notre principe directeur, il ne peut y avoir d’enrichissement [de l’uranium] à l’intérieur de l’Iran », a affirmé Ortagus.
Lors de la réunion, l’ambassadeur iranien auprès des Nations unies, Amir Saeid Iravani, a fait savoir que les États-Unis, en insistant sur une politique d’enrichissement zéro, ne poursuivaient pas une négociation équitable.
« Si nous apprécions toute négociation équitable et significative, insister sur une politique d’enrichissement zéro est toutefois contraire à nos droits en tant que membre du TNP. Cela signifie également que l’objectif de Washington n’est pas de mener des pourparlers équitables », a-t-il rétorqué, faisant référence au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
« Les Etats-Unis veulent imposer leur intention prédéterminée à l’Iran. Mais l’Iran ne cédera à aucune pression, ni à aucune intimidation », a-t-il ajouté.
Le 16 décembre, le chef du service extérieur du renseignement israélien, David Barnea, avait affirmé qu’Israël devait « s’assurer » que l’Iran ne relance pas son programme nucléaire.
« L’idée de continuer à développer une bombe nucléaire bat toujours dans leurs cœurs. Nous avons la responsabilité de nous assurer que ce projet nucléaire, qui a été sévèrement touché en coopération avec les Américains, ne soit jamais réactivé », avait déclaré David Barnea pendant une cérémonie de remise de prix du Mossad, en référence aux bombardements ayant visé des sites et scientifiques iraniens pendant la guerre.
Le 13 juin, Israël avait lancé une attaque surprise d’une ampleur inédite contre des installations stratégiques en Iran, tuant des dizaines de hauts gradés iraniens, de scientifiques du nucléaire et de civils.
Ces frappes avaient déclenché une guerre de 12 jours entre les deux pays, durant laquelle les Etats-Unis avaient aussi bombardé des sites nucléaires iraniens.
David Barnea, dont le mandat s’achève en juin 2026, avait dit s’opposer à une solution diplomatique sur le nucléaire iranien.
« L’Iran pense pouvoir à nouveau tromper le monde et passer un nouveau mauvais accord sur le nucléaire », avait-il avancé. « Nous ne le permettrons pas ».
Au moment du déclenchement de la guerre, Téhéran et Washington étaient engagés dans de difficiles pourparlers pour tenter de trouver un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien, après celui conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances, dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018.
L’Iran, qui ne reconnaît pas Israël, l’accuse depuis longtemps de mener des opérations de sabotage contre ses installations nucléaires et d’assassiner ses scientifiques.
Israël, qui n’a jamais démenti ni confirmé posséder l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).







