Washington : Laisser entrer ou non la supportrice du BDS « revient à Israël »
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Washington : Laisser entrer ou non la supportrice du BDS « revient à Israël »

Le département d'Etat a indiqué que l'administration "accorde l'accès consulaire" à Lara Alqasem, membre du groupe "Students for Justice in Palestine", actuellement en détention

Photo non-datée de Lara Alqasem, étudiante américaine de 22 ans, fournie par sa famille (Crédit : Famille Alqasem via AP)
Photo non-datée de Lara Alqasem, étudiante américaine de 22 ans, fournie par sa famille (Crédit : Famille Alqasem via AP)

Les Etats-Unis ont déclaré mardi qu’Israël était libre de décider d’autoriser l’entrée d’une étudiante américaine d’origine palestinienne, détenue depuis une semaine à l’aéroport Ben-Gurion, et qui risque d’être expulsée en raison de son soutien présumé au boycott d’Israël.

L’entrée dans le pays a été refusée à Lara Alqasem, 22 ans, dont les grands-parents sont Palestiniens, après son arrivée, mardi dernier, à l’aéroport Ben-Gurion, bien que la jeune femme soit détentrice d’un visa universitaire obtenu auprès du consulat israélien de Miami afin d’étudier un cursus à l’université Hébraïque de Jérusalem.

Elle est depuis détenue dans une structure de l’aéroport et affirme ne jamais avoir soutenu le boycott d’Israël.

« Nous avons connaissance de son dossier », a commenté la porte-parole du Département d’Etat Heather Nauert lors d’un point-presse. « Notre ambassade lui offre le même accès consulaire que celui que nous offririons à tous les ressortissants américains ».

« Nous accordons de la valeur à la liberté d’expression même dans des cas où des individus ne souscrivent pas aux politiques locales, ou même s’ils ne souscrivent pas aux politiques mises en oeuvre par les Etats-Unis », a-t-elle ajouté, disant que « finalement, c’est au gouvernement d’Israël de décider qui peut entrer dans le pays ».

La porte-parole du département d’Etat Heather Nauert s’exprime pendant un point-presse au département d’Etat américain de Washington, le 9 août 2017 (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

L’Autorité de l’immigration et des frontières israélienne a déclaré que la décision d’arrêter Alqasem à l’aéroport était due aux « activités de boycott » de l’étudiante. Le ministère des Affaires stratégiques a pour sa part noté qu’elle appartenait au mouvement « National Students for Justice in Palestine », un groupe universitaire qui appelle au boycott d’Israël pour contrer, selon lui, des politiques mises en oeuvre à l’égard des Palestiniens.

L’Etat juif a adopté, l’année dernière, une loi qui interdit à tout ressortissant étranger « émettant en toute connaissance de cause un appel public au boycott d’Israël » d’entrer dans le pays.

Israël a également identifié 20 groupes activistes à travers le monde dont les membres peuvent se voir refuser l’entrée sur le territoire à leur arrivée. Jusqu’à présent, 15 personnes ont été bloquées en vertu de ce texte, selon le ministère.

Lundi, l’université Hébraïque a demandé à être incluse dans la plainte déposée par Alqasem à la cour de district de Tel Aviv au sujet de son expulsion.

Le président de l’institution universitaire, Asher Cohen, a estimé mardi que le fait qu’Alqasem ait voulu étudier dans son établissement était la preuve qu’elle ne soutenait pas le boycott, mais que l’attention portée à son dossier pouvait finalement aider les supporters du mouvement BDS.

Le professeur Asher Cohen, président de l’Université hébraïque de Jérusalem, lors d’une conférence, le 10 juillet 2017 (Capture d’écran : YouTube)

« Ce qu’on est en train de faire concernant cette étudiante nuit à nos activités contre le BDS », a estimé Cohen au micro de la radio militaire. « Elle veut venir ici et se former. Pendant un an… Elle dit qu’elle vient faire des études pendant un an… Cette activité est à l’opposé de ce que prône le BDS ».

Alqasem est inscrite à un cursus d’études des droits de l’Homme à l’université Hébraïque.

Le ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, a critiqué l’université pour son soutien apporté à l’appel lancé par l’étudiante auprès du tribunal contre son expulsion.

« L’université Hébraïque travaille ici avec l’extrême-gauche », a-t-il dit à la radio militaire mardi.

Il a également noté que si Alqasem renonçait à ses activités passées et déclarait publiquement que les efforts de boycott sont illégitimes, alors il reprendrait en compte le dossier.

Alqasem, originaire d’une banlieue de Fort Lauderdale, Southwest Ranches, en Floride, est une ancienne présidente de la branche du groupe « Students for Justice in Palestine » à l’université de Floride. Le mouvement est une branche de l’organisation du BDS (boycott, divestment and sanctions) anti-israélien.

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