Greenblatt: le reportage israélien sur le plan de paix est erroné et nuisible
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Greenblatt: le reportage israélien sur le plan de paix est erroné et nuisible

La 13e chaîne israélienne affirme que la proposition de Trump établit un état palestinien dans 85-90 % de la Cisjordanie, avec une partie de Jérusalem-Est comme capitale

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Jason Greenblatt, l'ambassadeur de la paix à l'administration Trump, intervient à la conférence de l'INSS, le 30 janvier 2018 (Crédit : Capture d'écran de l'INSS)
Jason Greenblatt, l'ambassadeur de la paix à l'administration Trump, intervient à la conférence de l'INSS, le 30 janvier 2018 (Crédit : Capture d'écran de l'INSS)

WASHINGTON — L’administration Trump a désavoué un reportage de la télévision israélienne mercredi, le qualifiant « d’erroné ». Celui-ci indiquait que le plan de paix à venir accorderait aux Palestiniens un état constitué de la plupart de la Cisjordanie, avec des parties de Jérusalem-Est comme capitale.

Quelques heures plus tôt, la Treizième chaîne avait rapporté qu’un « cadre » de l’administration avait fait savoir que la proposition de paix du président américain impliquerait la division de Jérusalem, Israël restant souverain sur l’ouest, des parties de la zone est et du « bassin sacré », y compris la Vieille ville et ses environs immédiats. Il ajoutait, néanmoins, que le « bassin sacré » serait sous « gouvernance conjointe » des Palestiniens, de la Jordanie et peut-être d’autres pays.

En ce qui concerne les implantations, le reportage indiquait que les blocs d’implantations seront annexés à Israël. Les implantations « isolées » – Yitzhar et Itamar ont été mentionnés à titre d’exemple – ne seront pas évacués, mais n’auront pas le droit de s’agrandir, et finiront par « s’épuiser ». Les avants-postes considérés illégaux par le droit israéliens seraient évacués.

Le reportage n’a fait aucune mention de la question des réfugiés palestiniens ni du sort de la bande de Gaza, contrôlée parle Hamas.

Le reportage indiquait que si l’on s’attendait à ce que les Palestiniens rejettent cette proposition, il était probable qu’Israël l’accepte.

Il a également été précisé que la proposition ne sera pas rendue publique avant les élections du 9 avril.

« Bien que je respecte @BarakRavid, son reportage sur la 13e chaîne israélienne est erroné, » a tweeté Jason Greenblatt, l’envoyé de la Maison Blanche pour la paix au Moyen-Orient, faisant référence au journaliste qui a révélé l’affaire. « Spéculer sur le contenu du plan n’aide pas. Très peu de gens sur cette planète savent ce qu’il s’y trouve. »

Immédiatement après la diffusion du reportage, des membres de la droite israélienne avait fustigé tout accord israélo-palestinien négocié par les États-Unis assurant un état aux Palestiniens. Le reportage affirmait que la proposition leur attribuerait un état dans 85-90 % de la Cisjordanie, dont de grands blocs d’implantation reviendraient à Israël, ainsi que différents échanges de terres.

Le parti HaYamin HaHadash, créé le mois dernier à la veille des élections législatives d’avril, a déclaré qu’il ne siégera pas dans un gouvernement acceptant une solution à deux états avec les Palestiniens.

Dans un communiqué, le parti a déclaré que si Trump était « un véritable ami d’Israël », alors « la sécurité et le bien-être d’Israël prévalait sur tout autre intérêt ».

HaYamin Hadash « ne siègera pas dans un gouvernement qui divise Jérusalem et qui établit un état palestinien », poursuite le communiqué, qui a appelé les électeurs à apporter leur soutien pour qu’un tel plan soit bloqué.

Le maire de l’implantation de Beit El a également fustigé ce prétendu plan de paix.

Tout en remerciant Trump d’avoir transféré l’ambassade américaine à Jérusalem, il a ajouté qu’il n’y avait « absolument aucune chance » qu’Israël remette à une autre entité le contrôle ou la gestion du mur Occidental.

« Nous ne sommes pas revenus à Jérusalem après un millénaire d’exil pour qu’un garde jordanien nous inspecte à notre arrivée au mur Occidental. Cet endroit nous appartient depuis toujours, et il n’y a aucune chance pour que nous la cédions ou en cédions la gestion à un pays tiers », a déclaré Alon dans un communiqué.

Greenblatt prédit de nouvelles fuites ostensibles mais avertit qu’il ne fallait leur accorder aucune crédibilité.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président américain Donald Trump à l’hôtel Palace lors de la 72e Assemblée générale des Nations Unies le 20 septembre 2017, à New York. (AFP/Brendan Smialowski)

« Dans la période à venir, des sources anonymes vont propager des histoires aux médias et à d’autres, poussés par des motifs loin d’être louables, » a-t-il ajouté. « Colporter des informations fausses, déformées ou biaisées aux médias est irresponsable et nuisible au processus en cours. Israéliens et Palestiniens méritent mieux. »

Il a également annoncé que les seules sources fiables concernant le plan de paix sont le président américain Donald Trump, le conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, l’ambassadeur américain en Israël David Friedman et lui-même.

Le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a également critiqué la proposition. Abbas boycotte l’administration Trump depuis sa reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël en décembre 2017.

Les propos de Nabil Abu Rudeineh ont été rapportés par l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa. Il fait ainsi savoir que tout plan n’incluant pas l’établissement d’un état palestinien selon les frontières de 1967, avec « tout » Jérusalem-Est comme capitale, échouera.

L’administration américaine a refusé de s’engager sur une date pour dévoiler son plan très attendu, ne révélant ainsi aucun détail supplémentaire.

L’ambassadeur américain en Israël a récemment indiqué que celui-ci ne serait pas dévoilé avant plusieurs mois, et plus précisément après les élections israéliennes du 9 avril.

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