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Washington rassure ses partenaires sur la Syrie

Selon une source occidentale, M. Tillerson a été très clair sur la nécessité d'envoyer des messages aux Russes

Rex Tillerson, ancien PDG d'ExxonMobil choisi comme secrétaire d'Etat par Donald Trump, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington, D.C., le 11 janvier 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)
Rex Tillerson, ancien PDG d'ExxonMobil choisi comme secrétaire d'Etat par Donald Trump, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington, D.C., le 11 janvier 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

Les alliés de Washington, dans l’expectative sur le cap de la diplomatie américaine, se sont dits rassurés vendredi sur le dossier syrien, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson soutenant selon eux des négociations de paix dans le cadre de l’ONU.

Pour la première fois depuis l’entrée en fonction de l’administration Trump, les pays occidentaux et arabes appuyant l’opposition syrienne se sont réunis vendredi à Bonn en marge d’un G20.

Une rencontre qui intervient quelques jours avant la reprise jeudi à Genève de pourparlers de paix entre le régime de Damas et l’opposition.

A l’issue de la rencontre, Berlin et Paris ont manifesté leur soulagement : « Il est apparu clairement que nous voulons dans tous les cas une solution politique dans le cadre de l’ONU », a déclaré le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, hôte de la réunion du G20.

Selon une source occidentale, M. Tillerson a été très clair sur la nécessité d’envoyer des messages aux Russes : « Il nous a expliqué qu’il n’y aurait pas de coopération militaire avec les Russes tant qu’ils ne se distancieraient pas de la position de Damas au sujet de l’opposition ».

Le régime considère comme « terroristes » tous les groupes armés de l’opposition.

« C’est important et nécessaire qu’il y ait un dialogue étroit avec les Etats-Unis sur cette question syrienne (…) nous avons vérifié ce matin que nous étions tous bien d’accord », a estimé de son côté le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, devant les Nations Unies à New York le 19 septembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)
Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, devant les Nations Unies à New York le 19 septembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)

Les pourparlers de Genève sur un règlement politique au conflit qui ravage la Syrie depuis six ans se sont tenus en 2016.

Mais trois sessions de négociations n’ont jamais permis d’avancer en raison du fossé immense entre les belligérants sur les contours de la transition politique dans le pays et le sort du président Bachar al-Assad.

En parallèle, la Russie, alliée de Damas, a pris la main diplomatique sur le dossier syrien suite à la défaite des forces rebelles à Alep et a engagé des tractations à Astana au Kazakhstan aux côtés de l’Iran et de la Turquie. Elles sont axées jusqu’ici sur le maintien du cessez-le-feu et la situation humanitaire en Syrie.

Le souci des Occidentaux est d’éviter le risque qu’elles ne remplacent celles sous l’égide de l’ONU.

Les discussions d’Astana « c’est bien, mais cela doit déboucher sur un processus politique à Genève, sur les question de la Constitution, du gouvernement et des élections » en Syrie, a dit Sigmar Gabriel à la presse au terme du G20 de deux jours.

Outre la Syrie, M. Tillerson avait tenu la veille des propos fermes sur la Russie, notamment sur le maintien des sanctions tant que les accords de paix ne seraient pas mis en œuvre en Ukraine. Des déclarations qui ont rassuré ses partenaires alors que la Maison Blanche à Washington est plongée dans la cacophonie.

La journée de vendredi a également été l’occasion pour M. Tillerson de rencontrer pour la première fois son homologue chinois Wang Yi, dans un contexte tendu entre les deux pays.

Il l’a appelé à œuvrer « par tous les moyens » pour « modérer l’attitude déstabilisante de la Corée du Nord », après un nouveau tir de missile dimanche.

La veille, le secrétaire d’Etat américain avait déjà assuré que son pays était « déterminé » à défendre la Corée du Sud et le Japon, y compris avec le recours à la dissuasion nucléaire, face à Pyongyang.

Le missile balistique Pukguksong-2, testé par la Corée du Nord, a parcouru environ 500 kilomètres avant de retomber dans la mer du Japon.

Après le G20, l’attention diplomatique se porte sur Munich, où se tient jusqu’à dimanche la Conférence sur la Sécurité, grand rendez-vous annuel du gotha mondial de la défense.

Le vice-président américain Mike Pence doit tenter samedi d’y rassurer les Européens sur le lien transatlantique.

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