Washington sanctionne une milice iranienne formant des enfants-soldats
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Washington sanctionne une milice iranienne formant des enfants-soldats

La milice Bassidj recrute et entraîne des enfants envoyés en Syrie "pour soutenir le régime brutal de Bachar al-Assad", a affirmé une responsable américaine

L'Ayatollah Ali Khamenei à l'occasion d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)
L'Ayatollah Ali Khamenei à l'occasion d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)

Les Etats-Unis ont imposé mardi des sanctions contre la milice Bassidj dans le cadre de leur campagne de pression maximale contre l’Iran, que Washington accuse d’avoir un rôle déstabilisateur au Moyen-Orient.

Selon le département du Trésor américain, ces sanctions visent le « recrutement et l’entraînement d’enfants-soldats » par la milice Bassidj.

Ils « sont ensuite envoyés en Syrie » par les Gardiens de la révolution, l’unité d’élite de la République islamique, « pour soutenir le régime brutal de Bachar al-Assad », a expliqué à des journalistes une responsable américaine, affirmant que de nombreux enfants « avaient combattu et étaient morts tragiquement au front ».

Les sanctions contre les Bassidj, liés aux Gardiens de la révolution et qui sont sous l’autorité du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei touchent aussi leur « réseau de soutien financier », à savoir la « fondation coopérative » de la milice. Celle-ci comprend, selon le Trésor américain, « au moins 20 sociétés et institutions financières », et plusieurs banques, dont Mellat, « qui ont des branches dans le monde entier ».

Il s’agit d’un « réseau multimilliardaire » ayant des liens avec l’Europe et le Moyen-Orient, a dit une des responsables américaines.

Or, selon l’autre responsable, « le réseau de la milice Bassidj est l’exemple par excellence de comment les Gardiens de la révolution et les forces militaires iraniennes ont étendu leur implication économique dans les principales industries ».

Plus largement, il s’agit « d’un autre volet important de notre campagne de pression économique maximale contre le régime iranien, qui va se poursuivre tant qu’il n’aura pas mis fin à son comportement criminel et malveillant », a déclaré une autre responsable de l’administration de Donald Trump.

L’Iran a pour sa part condamné mercredi les sanctions américaines visant la milice Bassidj, force paramilitaire clé de la République islamique, dénonçant la « vindicte aveugle » de Washington.

« Les nouvelles sanctions américaines sont une insulte claire aux mécanismes internationaux et juridiques, et le résultat de la vindicte aveugle du gouvernement américain envers la nation iranienne », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi.

Il a encore jugé que « le manque d’adhésion » de Washington à ces mécanismes juridiques internationaux était non seulement une menace « pour les intérêts du peuple iranien mais aussi pour la stabilité et la sécurité du monde ».

« Contrairement aux affirmations hypocrites du gouvernement américain selon lesquelles il soutient le peuple iranien, de telles mesures entravent sa capacité à tirer les bénéfices des relations économiques avec la communauté internationale », a ajouté M. Ghassemi.

Les Etats-Unis se sont retirés en mai de l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, jugeant qu’il n’offrait pas les garanties nécessaires pour empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et, surtout, qu’il ne prévoyait rien pour contrecarrer son influence « déstabilisatrice » au Moyen-Orient.

Il a dans la foulée annoncé le rétablissement des sanctions américaines levées dans le cadre de cet accord.

Les dernières de ces mesures, visant les exportations pétrolières iraniennes et les transactions financières avec l’Iran, doivent entrer en vigueur d’ici le 5 novembre.

Les Européens, les Chinois et les Russes ont dit vouloir préserver l’accord sur le nucléaire, dont l’Iran ne s’est pas retiré à ce stade malgré les conséquences économiques négatives du départ américain.

L’Union européenne tente de mettre en place un mécanisme de troc pour que l’Iran puisse continuer notamment à vendre du pétrole sans que les acheteurs soient frappés par les sanctions des Etats-Unis, mais son efficacité reste difficile à évaluer.

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