Washington va couper ses aides aux hôpitaux de Jérusalem-Est
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Washington va couper ses aides aux hôpitaux de Jérusalem-Est

Déplorant que l'AP rejette les efforts de paix, l'administration Trump coupe des aides pour la troisième semaine d'affilée

Le complexe de l'hôpital Augusta Victoria sur le Mont des Oliviers à Jérusalem  (Crédit : CC BY-SA Ilan Arad, Wikimedia)
Le complexe de l'hôpital Augusta Victoria sur le Mont des Oliviers à Jérusalem (Crédit : CC BY-SA Ilan Arad, Wikimedia)

Les Etats-Unis vont mettre un terme au versement de 25 millions de dollars en aide aux hôpitaux de Jérusalem-Est, a fait savoir une porte-parole du département d’Etat vendredi, entraînant des mises en garde face au potentiel « effondrement » des centres médicaux qui fournissent des soins cruciaux aux Palestiniens.

C’est la troisième fois en trois semaines consécutives que les Etats-Unis annoncent réduire le soutien financier apporté aux Palestiniens. L’information est survenue vingt-quatre heures après que le président Donald Trump a fait savoir que l’aide américaine sera suspendue jusqu’à ce que les Palestiniens acceptent un accord de paix avec Israël.

Alessia Dinkel, porte-parole du département d’Etat, a indiqué à la radio publique nationale que les 25 millions de dollars octroyés au réseau des hôpitaux de Jérusalem-Est seraient dorénavant destinés à d’autres « priorités ».

Le réseau, qui consiste en six hôpitaux de Jérusalem-Est, fournit des soins de santé – comme le traitement du cancer ou des interventions chirurgicales – aux Palestiniens qui ne peuvent accéder à une telle assistance médicale en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Cette décision, qui doit être encore officiellement confirmée par le département d’Etat, a été prise malgré une exemption qui avait été décidée au Congrès et incluse dans une législation adoptée au mois de mars qui avait établi la réduction des financements versés à l’Autorité palestinienne (AP) en raison des salaires donnés aux terroristes, aux prisonniers sécuritaires et à leurs familles.

Le ministre des Affaires de Jérusalem de l’AP a estimé que ces dernières coupes n’étaient « pas surprenantes du tout » et a juré que les Palestiniens ne plieraient pas.

« Il faut que l’Amérique sache que ces actes ne changeront pas d’un iota notre positionnement sur notre cause. Au contraire, ils les consolident nos positionnements sur toutes les questions et notamment sur Jérusalem », a déclaré Adnan Husseini sur NPR.

L’AP boycotte l’administration Trump et rejette ses efforts de paix depuis la reconnaissance par le président américain de Jérusalem en tant que capitale d’Israël au mois de décembre 2017. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est – qu’Israël a capturé à la Jordanie lors de la guerre des Six jours en 1967 et que le pays a ultérieurement annexé – comme la capitale de leur futur État.

La décision de couper les fonds aux hôpitaux de Jérusalem-Est a été prise jeudi, a fait savoir le quotidien Haaretz, en dépit de l’opposition de groupes chrétiens qui soutiennent certains de ces centres médicaux.

Dave Harden, ancien responsable américain qui a dirigé au sein de l’administration Obama le travail de l’USAID en Cisjordanie et à Gaza, a estimé que les coupes étaient « particulièrement vindicatives » et averti qu’elles pourraient causer « l’effondrement » de l’hôpital Augusta Victoria et de l’hôpital St. John’s Eye, deux des centres médicaux du réseau de Jérusalem-Est.

Vendredi dernier, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils cesseraient tout financement de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, et la semaine précédente, ils ont fait savoir qu’ils couperaient environ 200 millions de dollars d’assistance octroyés à la Cisjordanie et à Gaza.

Aucune de ces coupes n’a toutefois ciblé l’aide destinée à l’Autorité palestinienne, reconnue à l’international, qui a reçu le mois dernier environ 42 millions de dollars de fonds gelés pour la coopération sécuritaire avec Israël.

Même si ces coupes ont été saluées par les politiciens israéliens et notamment par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, des responsables de la Défense – qui craignent qu’elles n’attisent les agitations palestiniennes et qu’elles ne viennent finalement menacer la sécurité israélienne – s’opposent à cette cessation de versements.

Lors d’un entretien téléphonique qui a eu lieu jeudi entre Trump et des leaders Juifs, en amont de Rosh HaShana, Trump a expliqué que l’aide aux Palestiniens ne reprendraient que si ces derniers acceptent un accord avec Israël.

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