Washington veut aider les tribus d’Irak, l’offensive de Ramadi se prépare
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Washington veut aider les tribus d’Irak, l’offensive de Ramadi se prépare

La prise de Ramadi est la victoire la plus significative de l'EI depuis qu'il a conquis de vastes régions en 2014

Les soldats américains dans le complexe de la base de Taji qui accueille les troupes irakiennes et américaines, le 29 décembre 2014. (Crédit : AFP / ALI AL-SAADI)
Les soldats américains dans le complexe de la base de Taji qui accueille les troupes irakiennes et américaines, le 29 décembre 2014. (Crédit : AFP / ALI AL-SAADI)

Les Etats-Unis veulent accélérer la formation des tribus sunnites dans l’espoir de reprendre aux djihadistes du groupe Etat islamique Ramadi, la capitale de la plus vaste province d’Irak, après que le gouvernement irakien a fait appel aux milices chiites.

Mercredi, les forces irakiennes aidées des puissantes milices chiites se préparaient à lancer l’offensive pour reprendre Ramadi avant que les djihadistes n’y fortifient leurs positions, en minant notamment ce chef-lieu de la province occidentale d’Al-Anbar.

« Nous étudions comment soutenir le mieux possible les forces au sol à Al-Anbar, en particulier en accélérant la formation et l’équipement des tribus locales et en soutenant l’opération pour reprendre Ramadi », a dit le Conseil de sécurité nationale (NSC) après une réunion mardi soir avec le président Barack Obama, allié de poids du pouvoir à Bagdad.

La prise de Ramadi est la victoire la plus significative du groupe ultraradical sunnite depuis qu’il a conquis de vastes régions à la faveur de son offensive en juin 2014, qui a entraîné une campagne aérienne internationale dirigée par les Etats-Unis pour aider l’armée à reprendre du terrain.

Outre les frappes, Washington a envoyé des armes et des milliers de conseillers militaires pour entraîner aussi bien les soldats irakiens que les combattants de tribus sunnites alliées au pouvoir.

Obama reste attaché à cette stratégie, qui n’a néanmoins pas empêché la perte le 17 mai de Ramadi, malgré les appels à sa révision.

« Il n’y a pas de changement formel de stratégie », a expliqué le porte-parole du NSC, en annonçant l’accélération de l’aide aux tribus. Il s’agit plutôt d’ajuster le calendrier.

Quoiqu’il en soit, les milices chiites soutenues par l’Iran, ennemi des Etats-Unis, vont prendre la tête de la contre-offensive pour reprendre Ramadi, après l’appel à l’aide lancé par le gouvernement à majorité chiite de Haider Al-Abadi.

Ces milices ainsi que des commandants iraniens avaient aidé les troupes irakiennes à reprendre notamment la ville clé de Tikrit (nord).

Le ministre iranien de la Défense, le général Hossein Dehgan, est arrivé à Bagdad au lendemain de la chute de Ramadi, située à une centaine de kilomètres seulement de la capitale irakienne et d’où 40 000 personnes ont fui.

L’Iran veut aider

« Soutenir l’Irak face aux crises sécuritaires fait partie de la politique immuable de l’Iran », a-t-il déclaré après une rencontre avec le président du Parlement irakien, Salim Al-Joubouri, mercredi à Bagdad.

« Dès le début de la menace de Daech (un acronyme en arabe de l’EI), la République islamique d’Iran a été au côté du peuple et du gouvernement irakiens et le restera tant que cette menace existera », a ajouté Dehgan, cité par les médias iraniens.

Les Etats-Unis ont admis que la chute de Ramadi, qui a provoqué une retraite chaotique de l’armée, représentait un « revers » et que les milices chiites avaient désormais « un rôle à jouer tant qu’elles sont sous le contrôle du gouvernement irakien ».

Critiqué de toutes parts, Abadi s’est résolu à faire appel à la coalition chiite des « Unités de mobilisation populaire », jusque-là tenue à l’écart d’Al-Anbar pour éviter de s’aliéner la population majoritairement sunnite de la province.

« La défaite (à Ramadi) pouvait être évitée. Ni l’EI ni un autre groupe issu d’Al-Qaïda n’a jamais pu prendre une ville importante défendue activement par les Etats-Unis en collaboration avec les forces locales », écrit l’Institute for the Study of War dans le Washington Post. « C’est ce qui arrive quand une politique de demi-mesures et de restrictions fait face à un ennemi habile et déterminé sur le champ de bataille ».

L’aide américaine, dont des conseillers basés dans la base Al-Assad dans la province même d’Al-Anbar, n’a pas été à la hauteur des tactiques militaires agressives de l’EI.


Bataille de Palmyre

Une conquête totale d’Al-Anbar, déjà contrôlée en grande partie par l’EI, permettrait à ce groupe fort de dizaines de milliers d’hommes en Irak et en Syrie, de renforcer sa présence aux confins de la région de Bagdad, de la Syrie, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie.

De l’autre côté de la frontière, les combats se poursuivaient à la périphérie de la ville antique syrienne de Palmyre, notamment autour de la prison, entre les forces du régime et l’EI qui cherche à conquérir depuis le 13 mai cette cité, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Un militant de Palmyre a fait état à l’AFP d’un « grand nombre de déplacés » et évoqué des « pénuries d’eau et d’électricité ».

Ailleurs dans la Syrie en guerre, 22 civils ont péri dans des raids du régime sur une localité de la province d’Idleb (nord-ouest), devenue quasi-totalement aux mains des rebelles après une série de revers de l’armée.

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