Yaalon aurait approuvé une nouvelle implantation
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Yaalon aurait approuvé une nouvelle implantation

La parcelle au sud du Gush Etzion comprend un ancien complexe d'une église acheté en secret par des activistes chrétiens

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon (à gauche), avec le maire d'Efrat Oded Ravivi (à droite) dans l'implantation du Gush Etzion le 30 septembre 2015 (Crédit photo: Gershon Elinson / Flash90)
Le ministre de la Défense Moshe Yaalon (à gauche), avec le maire d'Efrat Oded Ravivi (à droite) dans l'implantation du Gush Etzion le 30 septembre 2015 (Crédit photo: Gershon Elinson / Flash90)

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon aurait approuvé l’expansion du bloc d’implantations du Gush Etzion en Cisjordanie au sud de Jérusalem pour inclure un complexe de bâtiments que des Israéliens espèrent qu’il deviendra une nouvelle implantation.

Le quotidien Haaretz a rapporté mercredi que Yaalon aurait donné son accord pour la construction qui permettrait la création d’une nouvelle implantation sur la parcelle, qui abritait autrefois un hôpital géré par des Chrétiens. La décision d’approuver la construction sur la parcelle aurait été prise au cours des dernières semaines.

La parcelle de terrain se trouve en face du camp de réfugiés d’al-Aroub sur la route 60, entre le bloc d’implantations d’Etzion et Hébron.

S’il devait être peuplé, l’avant-poste aiderait à créer un corridor israélien s’étendant de Jérusalem à Hébron, dont les critiques disent qu’il compliquerait encore les efforts pour créer un État palestinien contigu en Cisjordanie dans le cadre d’une solution à deux Etats.

La zone de Gush Etzion immédiatement au sud de Bethléem est considérée comme l’un des plus grands blocs d’implantations en Cisjordanie, et abrite des dizaines de milliers d’Israéliens, répartis sur plusieurs localités.

Les autorités israéliennes ont affirmé à plusieurs reprises que le gouvernement avait l’intention de conserver la région dans tout futur accord de paix avec les Palestiniens, en échange d’autres territoires.

Les implantations sont légales en vertu de la loi israélienne, mais considérées comme illégales par la communauté internationale.

S’exprimant en septembre dernier lors d’une visite sur les collines d’Hébron dans le sud de la Cisjordanie, Yaalon avait déclaré qu’ « il n’y a pas et il n’y aura pas de gel des constructions [des implantations], étant donné que notre légitimité à s’établir sur la terre a été attaquée ».

Le membre du Conseil municipal de Jérusalem Aryeh King, à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)
Le membre du Conseil municipal de Jérusalem Aryeh King, à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

La propriété près d’al-Aroub appartient à un membre du Conseil municipal de Jérusalem Aryeh King, qui l’a achetée il y a trois ans et a commencé la remise en état avec l’intention d’y établir un nouvel avant-poste.

L’achat aurait été financé en 2008 par le millionnaire américain et philanthrope de droite Irving Moskowitz par l’intermédiaire d’une série de sociétés écrans et d’organisations caritatives, selon Haaretz.

L’achat aurait été financé en 2008 par le millionnaire américain et philanthrope de droite Irving Moskowitz par l’intermédiaire d’une série de sociétés écrans et d’organisations caritatives, selon Haaretz.

La propriété appartenait précédemment à une église presbytérienne de Pennsylvanie par l’intermédiaire d’un groupe appelé « The Independent Board for Presbyterian Foreign Missions » [Conseil indépendant pour les Missions Etrangères presbytériennes].

L’église a vendu le site quand Joan Davenport, la religieuse qui dirigeait la propriété, a quitté Israël.

« Nous avons décidé de terminer notre mission en Israël parce qu’on nous a dit à Bethléem qu’il y avait suffisamment de chrétiens locaux et qu’ils n’avaient pas besoin de nous, » avait-elle dit.

Le complexe comprend huit bâtiments, dont un grand bâtiment central et plusieurs plus petits. Il y a vingt ans l’église presbytérienne avait été transformée en auberge de jeunesse, mais le projet avait échoué et le site avait été abandonné et laissé en ruines.

Irving Moskowitz à Beit Orot, en novembre 2011 (Crédit : CC BY-SA Mazel 123, Wikimedia Commons)
Irving Moskowitz à Beit Orot, en novembre 2011 (Crédit : CC BY-SA Mazel 123, Wikimedia Commons)

Le complexe avait été construit par Thomas Lambie, un missionnaire américain qui avait travaillé en Ethiopie avant de venir en Palestine en 1947. Il avait établi un hôpital pour tuberculeux sur le site, où il a été enterré après sa mort en 1954.

Le complexe a été renové et devrait accueillir jusqu’à 20 familles. Une nouvelle clôture a également été construite en dépit d’une injonction de l’administration civile israélienne en Cisjordanie, qui a cité l’absence d’un permis de construire pour la clôture.

La nature du site a été gardée secrète même de ceux qui y travaillaient. Un homme du nom d’Emanuel, qui prétendait être norvégien, traitait avec les Palestiniens travaillant sur le site.

Emanuel avait affirmé qu’il voulait juste restaurer l’église dans son état antérieur, selon Haaretz.

L’armée israélienne ignorait la destination du site lorsque la rénovation a commencé, et la sécurité pour la future implantation a dû être confiée à une société privée.

Les Palestiniens locaux ont protesté contre la rénovation du site, en plaçant des drapeaux palestiniens sur la clôture du complexe.

JTA a contribué à cet article.

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