Yaalon s’en prend à Netanyahu, annonce qu’il va se présenter contre lui
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Yaalon s’en prend à Netanyahu, annonce qu’il va se présenter contre lui

L'ancien ministre de la Défense a déclaré que les dirigeants actuels d'Israël doivent "commencer à traiter des vrais problèmes du pays"

Moshe Yaalon à la Conférence d'Herzliya, le 16 juin 2016 (Autorisation Jeremy Ruden)
Moshe Yaalon à la Conférence d'Herzliya, le 16 juin 2016 (Autorisation Jeremy Ruden)

L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon a annoncé qu’il envisageait de se présenter contre Benjamin Netanyahu pour le poste de Premier ministre, s’en prenant au chef du gouvernement, qu’il a accusé de s’accrocher au pouvoir « à tout prix ».

Prenant la parole à la Conférence de Herzliya, Yaalon, qui était ministre de la Défense jusqu’au 20 mai dernier (M. Yaalon aurait pu hériter d’un autre portefeuille, mais il a préféré démissionner), a critiqué les dirigeants actuels d’Israël.

Les prochaines législatives sont prévues en 2019, mais les mandatures s’achèvent souvent avant le terme, provoquant des élections anticipées.

Les ambitions déclarées de M. Yaalon pourraient représenter un sérieux défi pour M. Netanyahu, Premier ministre depuis 2009 sans véritable rival sur la scène politique, selon les commentateurs.

M. Yaalon, membre du parti Likoud (droite) de M. Netanyahu et numéro deux de facto du gouvernement en qualité de ministre de la Défense, a démissionné avec fracas le 20 mai.

« La direction nationale d’Israël doit arrêter de faire peur à ses citoyens, et commencer à traiter des vrais problèmes du pays ».

« La direction actuelle doit cesser d’effrayer les citoyens comme si on était à la veille d’une nouvelle Shoah », a affirmé jeudi M. Yaalon lors d’une conférence consacrée aux questions stratégiques.

« L’Etat d’Israël mérite une direction qui cesse de zigzaguer et de renforcer la haine entre les différents groupes de la société israélienne pour rester au pouvoir à tout prix », a-t-il dit.

« Je sens le désir de changement et je me présente pour offrir une autre voie à l’Etat d’Israël », a insisté M. Yaalon.

Il a ajouté : « Israël ne fait actuellement face à aucune menace existentielle ».

Au contraire, « nous avons besoin d’un leadership qui dirige avec une boussole [morale] et une conscience, et non pas en se basant sur les sondages et les enquêtes. Il est intolérable pour moi que la direction de 2016 sépare [les Israéliens] en se basant sur [le fait qu’ils soient] Arabes ou Juifs, de gauche ou de droite », a-t-il affirmé.

« Les bonnes personnes sont dissuadées de se lancer en politique. Mais nous ne pouvons pas baisser les bras et dire que quelqu’un d’autre va s’en occuper », a-t-il ajouté, blâmant la « rhétorique violente » des politiciens israéliens.

Netanyahu a réagi aux propos de son ancien ministre affirmant que « ces déclarations n’ont aucune importance ».

« La sécurité est une question sérieuse et un véritable dirigeant ne peut pas ignorer les menaces », a déclaré le Premier ministre devant des journalistes.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

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