Yad Vashem et Facebook s’associent pour le projet IRemember Wall
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Yad Vashem et Facebook s’associent pour le projet IRemember Wall

Le projet prend la forme d’un site Internet mis en ligne par Yad Vashem sur lequel chaque utilisateur se verra lié au nom d'une victime de la Shoah

Le projet IRemember Wall de Yad Vashem et Facebook. (Crédit : Yad Vashem)
Le projet IRemember Wall de Yad Vashem et Facebook. (Crédit : Yad Vashem)

À l’occasion de la Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah ce lundi 27 janvier, le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem et Facebook ont annoncé s’associer pour le projet commémoratif IRemember Wall.

Celui-ci prend la forme d’un site Internet mis en ligne par Yad Vashem sur lequel chaque participant au projet se verra lié à l’un des noms de la base de données centrale des victimes de la Shoah de Yad Vashem, qui recense à ce jour 4,8 millions d’hommes, femmes et enfants juifs, assassinés pendant la Shoah.

Le nom de chaque participant sera alors inscrit aux côtés de celui d’une victime sur le IRemember Wall.

De son côté, Facebook utilisera sa plateforme et ses ressources afin d’encourager la sensibilisation et la diffusion de ce projet significatif sur son réseau.

« En amont de la Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah, Yad Vashem s’associe à Facebook International pour promouvoir le IRemember Wall, disponible cette année en six langues – anglais, hébreu, français, espagnol, allemand et russe – et ce, pour la première fois », explique Iris Rosenberg, directrice de la Communication de Yad Vashem.

« Ce projet va donner l’opportunité, au public du monde entier, de se souvenir des victimes de la Shoah, dans sa propre langue. » Et d’ajouter : « En nous associant à Facebook International, nous sommes en mesure de toucher un public international plus large, ce qui constitue un point crucial pour garder vivante la mémoire des victimes juives et la pertinence des leçons de la Shoah face aux défis de la réalité actuelle. »

« J’ai eu l’immense privilège de visiter Yad Vashem en août dernier. Cela fut un moment que je n’oublierai jamais », a déclaré Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook. « Je suis tellement reconnaissante envers Yad Vashem pour tout ce qu’il fait pour honorer les victimes de la Shoah – y compris au travers de cet incroyable projet du IRemember Wall. Facebook est fier de faire partie de l’aventure et de pouvoir aider à restituer le parcours de ces millions de femmes, d’hommes et d’enfants, assassinés par les nazis et ceux qui furent complices de leurs meurtres. Les victimes méritent que l’on se souvienne d’elles, pour que cela ne se reproduise plus jamais. »

Le IRemember Wall avait déjà été initié entre Yad Vashem et Facebook l’an dernier. 700 000 utilisateurs de Facebook originaires de 149 pays à travers le monde avaient alors participé au projet.

Cette année, le IRemember Wall bénéficiera d’une nouvelle fonctionnalité : « après avoir été associé à une victime de la Shoah, chaque participant pourra ensuite choisir d’autres noms de la base de données, au côté desquels il souhaite figurer sur le IRemember Wall », expliquent les initiateurs du projet. Il sera également possible pour les utilisateurs de partager des informations sur les victimes via Facebook, Twitter ou Pinterest. « Chaque victime de la Shoah possède son histoire personnelle. Les utilisateurs des médias sociaux pourront, ainsi, devenir des ambassadeurs de la mémoire, chargés de diffuser la voix de celles et ceux qui ont été assassinés. »

Facebook fait face depuis plusieurs mois à des accusations de laisser le négationnisme se répandre sur son réseau.

Dans une lettre du 9 avril 2019, Joel Kaplan, vice-président de la politique publique mondiale de Facebook, avait déclaré que le site permettrait toujours au nom de la liberté d’expression à ses utilisateurs de « dire des choses sur Facebook qui sont fausses ou inexactes, même quand elles sont offensantes ».

« Nous supprimons tout contenu qui glorifie, défend ou tente de justifier la Shoah », écrivait Kaplan. « Mais nous n’enlevons pas les mensonges ou les contenus inexacts, qu’il s’agisse de nier la Shoah, le massacre arménien ou le fait que le gouvernement syrien a tué des centaines de milliers de ses propres citoyens. »

En 2018, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, avait énoncé la même politique lors d’une interview avec le site d’information sur les nouvelles technologies Recode. « Je suis Juif, et il y a des gens qui nient que la Shoah a eu lieu, avait-il déclaré. Je trouve ça profondément offensant. Mais au bout du compte, je ne crois pas que notre programme devrait l’abolir parce que je pense que les gens se trompent sur certaines choses. Je ne pense pas qu’ils se trompent intentionnellement. »

En octobre dernier, l’acteur Sacha Baron Cohen avait déclaré que l’argument de la liberté d’expression de Facebook était hypocrite et qu’il faudrait bannir du réseau social les antisémites et les néo-nazis.

« Si [Mark Zuckerberg] était le propriétaire d’un beau restaurant et que 4 néo-nazis entraient dans la salle et parlaient à haute voix de leur intention de tuer de la ‘merde juive’, leur servirait-il un élégant repas avec huit plats ? Ou leur dirait-il de dégager de son restaurant ?, avait écrit l’acteur sur Twitter. Il a le droit, et le devoir moral, de leur dire de dégager de son restaurant. »

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