Yahadout HaTorah lance sa campagne et songe à boycotter Liberman
Le député du parti Moshe Gafni est favorable au rejet d'Yisrael Beytenu s'il passait le seuil d'éligibilité ; Litzman prévient : "Nous nous en souviendrons. On nous a extorqués"

Un député ultra-orthodoxe expéimenté a déclaré jeudi qu’au vu de l’attitude d’Avigdor Liberman qui a mené à l’échec de la formation d’une coalition, il recommandera que son parti ne siège pas au gouvernement avec ce dernier après les prochaines élections.
« Je recommanderai à mes collègues de ne pas siéger avec lui, » a ainsi assuré le membre du parti Yahadout HaTorah Moshe Gafni à la Radio de l’armée.
Le sujet était au programme de la rencontre sonnant le lancement de la campagne électorale du parti ultra-orthodoxe.
La Knesset a en effet voté sa dissolution mercredi soir et convoqué un nouveau scrutin le 17 septembre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’étant pas parvenu à un compromis entre Yisrael Beytenu et les différentes formations ultra-orthodoxes.
Liberman exigeait que l’accord de coalition comprenne l’adoption obligatoire de la version d’une loi, telle quelle, régulant l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée, laquelle avait été adoptée l’année dernière en première lecture. Les factions ultra-orthodoxes s’y étaient opposés et veulent l’assouplir. Benjamin Netanyahu avait besoin d’Yisrael Beytenu et des partis haredim siégeant à la Knesset pour former un gouvernement majoritaire.
Jeudi après-midi, les dirigeants de Yahadout HaTorah se sont réunis à Bnei Brak, avec Moshe Gafni accusant Liberman d’attitude « dictatoriale » par son refus de débattre de la loi. Il a déclaré que la nation retournait aux urnes « à la suite des caprices d’un seul homme ».
Litzman a fait savoir que le parti discuterait de la position à adopter vis-à-vis du chef d’Yisrael Beytenu lors de la réunion, tout en ajoutant : « Nous nous en souviendrons… on nous a extorqués ».
D’après le site d’information Walla, jusqu’à mercredi soir les partis ultra-orthodoxes avaient accordé à Avidgor Liberman le bénéfice du doute, pensant qu’il finirait par accepter d’entrer dans la coalition.
Mercredi soir, Moshe Gafni avait clamé qu’Avidgor Liberman détestait Benjamin Netanyahu et « se servait de notre communauté avec toutes sortes de fables sur la loi de conscription » comme prétexte à une « manœuvre politique » contre le Premier ministre.
Selon lui, le député russophone ne franchira pas le seuil d’éligibilité lors du scrutin de septembre : « Le public ne lui pardonnera pas ».







