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Yaïr Cherki, célèbre journaliste orthodoxe israélien, fait son coming-out

"Je tremble en écrivant ces mots", a écrit sur Facebook le journaliste des affaires religieuses de la Douzième chaîne ; "j'aime les hommes et Dieu, et ce n'est pas contradictoire"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Yaïr Cherki, journaliste de la Douzième chaîne, au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 4 octobre 2022. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)
Yaïr Cherki, journaliste de la Douzième chaîne, au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 4 octobre 2022. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Un célèbre journaliste orthodoxe de la chaîne d’information la plus regardée du pays a fait son coming-out mardi.

« J’aime les hommes et j’aime Dieu, et ce n’est ni contradictoire ni nouveau », a écrit Yaïr Cherki, de la Douzième chaîne, dans une publication Facebook qui a rapidement recueilli des milliers de « J’aime » et de partages.

Cherki a grandi au sein d’une communauté nationaliste religieuse dans le quartier de Kiryat Moshe à Jérusalem, où son père, Ori, est rabbin de la communauté en plus d’être chargé de cours à la célèbre yeshiva Machon Meïr. Il a servi dans l’armée en tant que journaliste spécialisé dans les affaires religieuses pour la radio militaire et a été engagé pour remplir le même rôle pour la Douzième chaîne peu après la fin de son service en 2014.

Cherki était depuis longtemps connu pour ses payot (ces papillotes portées par un grand nombre d’hommes orthodoxes). Il les a récemment coupées.

« Je tremble en écrivant ces mots », a-t-il déclaré dans sa publication sur Facebook mardi, admettant qu’il avait voulu faire son coming-out à maintes reprises au cours de la décennie précédente, mais qu’il avait toujours repoussé l’échéance.

« Mais maintenant, j’ai 30 ans, et j’écris non pas parce que j’ai la force d’écrire, mais parce que je n’ai plus la force de me taire. Mais j’écris aussi pour mon fils qui n’est pas encore venu au monde », a ajouté Cherki.

Il a expliqué qu’il avait choisi de rendre public quelque chose qu’il considérait comme une « affaire privée », parce qu’il ne voulait pas avoir à « vivre dans l’ombre » et qu’il voulait « rentrer chez lui auprès de sa famille et vivre dans la vérité ».

Cherki a reconnu le conflit apparent entre sa sexualité et ses croyances religieuses. « J’essaie de concilier cette contradiction en moi de toutes sortes de façons », a-t-il expliqué.

Il s’est néanmoins défendu contre ceux qui pourraient douter de ses intentions, écrivant que « ce n’est ni une tendance ni une déclaration politique : c’est simplement qui je suis ».

« Je ne sais pas si j’appellerais cela une identité. C’est simplement un autre élément de ce que je suis et de ce que j’ai été depuis le jour où je me suis révélé », a écrit Cherki.

Il a déclaré qu’il avait toujours le sentiment de faire partie de la communauté nationaliste religieuse dans laquelle il a été élevé, et a insisté sur le fait que ses convictions n’avaient pas changé. « Toutefois, elles ont pris forme au fil des ans, parallèlement aux doutes, et à partir de cette difficulté, ce qui nécessite un regard différent sur la foi, la vérité et la complexité. »

« Je sais que cette vérité que j’ai partagée ici attriste des personnes qui me sont chères, que j’aime beaucoup et qui m’aiment [aussi]. J’espère que vous trouverez dans votre âme la force qui vous permettra d’en discuter correctement », a écrit Cherki.

Il a exprimé l’espoir que les personnes surprises par la nouvelle comprendraient qu’il a décidé de faire son coming-out « après avoir profondément réfléchi et considéré la situation ».

« Votre chagrin provient peut-être aussi d’un manque de compréhension de ce dont je parle réellement ici », a déclaré Cherki, affirmant que sa décision n’était pas le résultat d’une bataille perdue face à ses désirs. Il a expliqué que pendant des années, il avait essayé d’ignorer sa sexualité, de la supprimer, de la repousser.

« Je ne regrette aucun de ces efforts, car peut-être que sans eux, je n’aurais pas été en mesure de parvenir aux conclusions que j’ai tirées », a-t-il écrit, reconnaissant que son principal regret concernait le temps qu’il lui aura fallu pour parvenir à cette compréhension de lui-même.

La publication est rapidement devenue virale, avec des politiciens de tout le spectre politique exprimant leur amour et leur appréciation pour les mots de Cherki. Parmi eux, des députés des partis Likud, Yesh Atid, Yisrael Beytenu, HaMahane HaMamlahti et Avoda. Même deux députés du parti religieux d’extrême-droite Otzma Yehudit dont le chef, Itamar Ben Gvir, qui a régulièrement protesté contre la Gay Pride de Jérusalem, ont répondu au message de Cherki par des émojis en forme de cœur.

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