Yair Netanyahu s’en prend aux gauchistes « odieux » lors d’une audience judiciaire
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Yair Netanyahu s’en prend aux gauchistes « odieux » lors d’une audience judiciaire

Le fils du Premier ministre est passé à l'attaque lors d'une apparition dans un procès pour diffamation, dénigrant ses détracteurs de manière répétée

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Yair Netanyahu arrive à une audience à la cour des magistrats de Tel Aviv, le 26 avril 2021. (Crédit :  Avshalom Sassoni/Flash90)
Yair Netanyahu arrive à une audience à la cour des magistrats de Tel Aviv, le 26 avril 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yair, est passé à l’attaque, lundi, dénonçant ses détracteurs qu’il a qualifiés « d’odieux gauchistes » et présentant des témoignages parfois féroces et apparemment diffamants dans le cadre de poursuites judiciaires intentées pour diffamation à son encontre – auxquelles il avait répondu en portant lui-même plainte pour calomnie.

Apparaissant devant les juges de la cour des magistrats de Tel Aviv, le jeune Netanyahu a raillé le think-tank de gauche Molad, qui l’accuse de diffamation, ainsi que d’autres groupes de gauche et individus qui l’ont critiqué, ainsi que son père.

Le dossier remonte à quatre ans, quand le think-tank avait écrit un post peu flatteur au sujet du fils du Premier ministre sur Facebook qui était intitulé « Cinq choses que vous ignoriez au sujet de Yair Netanyahu. » Netanyahu avait alors évoqué un groupe « radical » et « antisioniste », ce qui avait entraîné une plainte pour diffamation de la part de Molad et une contre plainte déposée par le fils Netanyahu.

Après les efforts répétés de la juge Hanna Klugman de régler le dossier hors des murs du tribunal, l’audience de lundi a eu lieu alors que les deux parties maintiennent leurs plaintes de chaque côté, chacune accusant l’autre de diffamation.

Utilisant le fait qu’il ne peut être poursuivi pour diffamation pour les propos tenus pendant les témoignages apportés devant la cour, Netanyahu a lancé à la barre des accusations répétées contre le think-tank, des groupes et des individus de gauche – des accusations non-fondées – défendant sa « liberté d’expression » utilisée pour insulter et agresser ses détracteurs et ceux de son père sur les réseaux sociaux.

« Je ne suis pas un élu et je ne dois rien au public. Je suis un citoyen privé qui exprime ses opinions sur les réseaux sociaux conformément à la liberté qui m’est assurée par la liberté d’expression, et ce sera le cas jusqu’à ce que vous arrivez au pouvoir et que vous l’interdisiez », a dit Yair en interpellant l’avocat Gilad Sher, qui représentait Molad, en faisant référence à la gauche israélienne.

La publication de Molad, rédigé en 2017, critiquait férocement le fils du Premier ministre pour sa vie aux frais du contribuables et pour ses vacances luxueuses en présence de gardes du corps payés par l’État. Il mettait en cause l’influence de Yair sur son père et ses encouragements au boycott des entreprises arabes.

En réponse, Netanyahu a déclaré que le groupe était au service d’un agenda de gauche radical et anti-israélien. Il a accusé le Molad d’être « une organisation radicale et antisioniste financée par la Fondation pour la destruction d’Israël [une référence au New Israel Fund, un jeu de mots en hébreu] et par l’Union européenne ».

« En lisant ce post, on peut comprendre que j’ai reçu des fonds de l’État – je n’ai jamais reçu de fonds de l’État », a insisté Netanyahu, lundi, avant de repasser à l’attaque.

« Je ne pratique aucune incitation à la violence contre qui que ce soit. Je le dis au Molad – si un jour, mon père est assassiné, vous aurez du sang sur les mains. Si on me tue – vous aurez mon sang sur les mains », a-t-il continué.

« Vous êtes des gauchistes méprisables et odieux », a continué le jeune Netanyahu.

Pendant toute l’audience, Yair a rejeté de manière répétée les accusations lancées à son encontre en s’en prenant aux autres.

« Je n’ai jamais eu un véhicule blindé. J’ai exactement le même véhicule que le pédophile Ehud Barak », a-t-il affirmé dans l’une de ses nombreuses références à l’ex-Premier ministre, évoquant apparemment les liens entretenus entre ce dernier et le pédophile Jeffrey Epstein, décédé en prison.

Alors qu’il lui était demandé s’il réfutait l’information figurant dans le post qui laissait entendre qu’il avait reçu des fonds de l’État, Netanyahu a répondu que « oui, comme le pédophile Ehud Barak a réfuté ce qui était dit à son sujet. »

Après une énième mention de Barak, la juge Klugman a tancé Netanyahu, disant : « C’est bon, j’ai assez entendu ça ».

Netanyahu a alors riposté, furieux : « Pour quelle raison vous vous permettez de me dicter ce que je dois répondre ? J’ai le droit de répondre ce que je veux ».

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, arrive à une audience du tribunal à la cour des magistrats de Tel Aviv, le 10 mars 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Interrogé sur un reportage paru dans le journal Haaretz, Netanyahu s’est exclamé : « Vous voulez parler du journal propriété des nazis, qui appartient à un oligarque recherché pour meurtre ? »

La maison d’édition Dumont Schauberg, qui avait soutenu l’ascension du parti nazi par le biais de son journal Kölnische Zeitung, possède 25 % des parts dans Haaretz.

Au cours d’un échange vif avec Sher, Netanyahu a répondu à un moment : « Qu’est-ce que c’est que cette question débile ? »

Après qu’un représentant du think-tank a suggéré à voix forte que Yair Netanyahu se trouvait dans un « état psychologique précaire », le fils du Premier ministre a alors crié : « Un traître répugnant et gras, c’est que vous êtes ».

Ce n’est pas la première fois que Netanyahu fait l’objet de plaintes pour diffamation et autres menaces judiciaires. Il est connu pour ses messages incendiaires sur les réseaux sociaux, et il publie rapidement et souvent, sur Twitter, des publications mettant en cause ceux qui, selon lui, lui ont fait du tort ainsi qu’à sa famille.

En 2019, Yair Netanyahu avait remporté un procès pour diffamation contre Abie Binyamin, un activiste du Parti travailliste, qui l’avait accusé d’avoir utilisé un faux passeport émis par le Mossad pour dissimuler des millions à l’étranger. Netanyahu avait poursuivi Binyamin en réclamant 140 000 shekels de dommages et intérêts suite à un post paru sur Facebook où il avait prétendu que le Premier ministre avait demandé aux services secrets d’émettre un passeport sous une identité différente pour son fils, et que ce dernier l’avait utilisé pour cacher de l’argent dans un autre pays.

Au mois de mars dernier, Yair Netanyahu avait été condamné à verser un montant de 286 000 shekels à l’ancien rédacteur en chef du site d’information Walla, Avi Alkalay, actuellement témoin dans le dossier de corruption le plus grave impliquant son père. Le jeune Netanyahu avait partagé plusieurs publications, sur les réseaux sociaux, qui avaient affirmé que le rédacteur en chef était une « taupe » qui travaillait au service des procureurs contre le Premier ministre.

Yair Netanyahu au tribunal de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)

Alkalay avait porté plainte contre Yair Netanyahu après le partage d’un post qui avait qualifié le journaliste de « taupe planquée pour la fondation Wexner » – un groupe accusé par la famille Netanyahu de financer des organisations et des campagnes de gauche – et qui prétendait qu’il était de mèche avec le parquet contre le Premier ministre.

La fondation Wexner Foundation, qui avait été fondée par le magnat de la mode Leslie Wexner, a attiré l’attention depuis que la relation étroite entre son fondateur et Epstein a été révélée.

De plus, 75 éminents anciens élèves des bourses de Wexner Israël, notamment un ancien procureur de l’État et plusieurs généraux à la retraite, poursuivent actuellement pour diffamation Yair Netanyahu pour des publications sur Twitter où il disait qu’ils formaient « un culte secret ».

Les plaignants réclament un million de shekels d’indemnisation pour les dommages essuyés par leur réputation en raison du dénigrement, par Yair, de ce programme de bourse prestigieux mis en place à la Kennedy School de l’Université de Harvard.

Dans une publication mentionnée par la plainte, Netanyahu avait fait référence à « un culte de pédophiles prenant le contrôle de notre pays qui ont mené un coup d’État au cours des quatre dernières années ». Alors qu’il lui était demandé de supprimer le post, il avait ultérieurement insisté sur le fait que ce dernier ne se référait qu’à Epstein.

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