Yémen : la trêve humanitaire est entrée en vigueur
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Yémen : la trêve humanitaire est entrée en vigueur

Acheminement pendant cinq jours d'une aide humanitaire aux civils ; Le nouvel émissaire de l'ONU tente de relancer des pourparlers

Cratère laissé par une frappe aérienne sur le tarmac de l'aéroport international de Sanaa, capitale du Yémen, le 29 avril 2015. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)
Cratère laissé par une frappe aérienne sur le tarmac de l'aéroport international de Sanaa, capitale du Yémen, le 29 avril 2015. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)

La trêve humanitaire au Yémen est entrée en vigueur mardi à 20H00 GMT, après sept semaines de raids aériens et de combats meurtriers dans ce pays, a annoncé le porte-parole de la coalition engagée dans une campagne aérienne contre les rebelles Houthis soutenus par l’Iran.

« Absolument, le cessez-le-feu a (commencé) à 23H00 (20H00 GMT) », a déclaré le général de brigade Ahmed Assiri, interrogé par l’AFP sur le début du cessez-le-feu de cinq jours, proposé par l’Arabie saoudite.

Des bombardements « massifs » dans la nuit de lundi à mardi ont causé de « sérieux dégâts » dans la vieille ville de la capitale yéménite, Sanaa, classée au patrimoine mondial de l’humanité, a déploré mardi l’Unesco en appelant les parties à « protéger le patrimoine culturel unique » du pays.

« Au cours des derniers jours, l’Unesco a reçu des informations faisant état d’importants dommages affectant des sites culturels significatifs au Yémen », écrit l’agence de l’ONU, basée à Paris, dans un communiqué.

Selon les informations recueillies par l’Unesco, la vieille ville de Sanaa, dont les maisons de pisé, les mosquées et les hammams datent d’avant le XIe siècle, « a été massivement bombardée dans la nuit du 11 mai 2015, provoquant de sérieux dégâts sur de nombreux édifices historiques ».

La ville historique de Saada, fief des rebelles houthis dans le nord et le site archéologique de la ville fortifiée préislamique de Baraqish (nord-ouest), « ont également été endommagés », regrette l’Unesco.

« Je condamne ces destructions et j’appelle toutes les parties en présence à tenir le patrimoine culturel hors de portée des conflits », a déclaré la directrice générale de l’Unesco Irina Bokova, pour qui ce patrimoine représente « un témoignage exceptionnel des réalisations de la civilisation islamique ».

Édifiée dans une vallée de montagne à 2.200 mètres d’altitude, Sanaa était au VIIe et VIIIe siècles, un important centre de propagation de l’islam. On y décompte 103 mosquées, 14 hammams et quelque 6.000 maisons, dont des maisons-tours ou d’autres en pisé, construites avant le XIe siècle.

Le Yémen compte deux autres biens inscrits au patrimoine mondial de l’humanité: la cité de Shibam (est), appelée « Manhattan du désert » en raison de ses maisons-tours de sept étages, et la ville historique de Zabid (ouest).

Une coalition arabe, dirigée par l’Arabie saoudite, a déclenché fin mars une opération militaire au Yémen contre des rebelles chiites, les Houthis, alliés de l’Iran qui ont conquis une partie du pays et mis en fuite le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Elle a intensifié lundi ses raids à la veille de la trêve, qui devrait permettre l’acheminement pendant cinq jours d’une aide humanitaire aux civils.

Selon l’ONU, quelque 1.400 personnes ont été tuées, en bonne partie des civils, depuis le début du conflit.

Le nouvel émissaire des Nations unies, le Mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, est arrivé mardi à Sanaa pour tenter de relancer les négociations en vue d’une solution politique.

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