Yesh Atid retire sa motion de dissolution du gouvernement, blâmant Kakhol lavan
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Yesh Atid retire sa motion de dissolution du gouvernement, blâmant Kakhol lavan

Le parti de l'opposition a accusé son ancien allié, qui avait promis de nouvelles élections en cas de non-adoption du budget, de ne pas respecter son propre ultimatum

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s'exprime lors du plénum de la Knesset, le 28 octobre 2020. (Shmulik Grossman/Knesset)
Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s'exprime lors du plénum de la Knesset, le 28 octobre 2020. (Shmulik Grossman/Knesset)

Le parti d’opposition Yesh Atid-Telem a annoncé, mercredi matin, qu’il retirait son projet de loi réclamant la dissolution de la Knesset, une législation qui devait être présentée au vote de la plénière dans la journée.

Il a vivement critiqué son ancien allié Kakhol lavan qui, selon lui, n’a pas respecté son propre ultimatum lancé au Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant l’adoption d’un budget avant la fin du mois d’octobre.

Yesh Atid a fait savoir dans un communiqué que « Kakhol lavan a empêché la chute du gouvernement et conservé Netanyahu à la barre du pays. On reviendra la semaine prochaine ».

Selon l’accord de coalition, le Likud, dirigé par Netanyahu, et Kakhol lavan avaient convenu d’adopter un budget couvrant l’année 2021. Netanyahu, pour sa part, insiste dorénavant sur la mise en place de deux budgets séparés pour 2020 et 2021. L’incapacité à faire approuver un budget lui permettrait de se soustraire à l’obligation de donner son poste de Premier ministre au chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, comme le prévoit l’accord de partage du pouvoir qui a été signé entre les deux hommes.

Si le Likud a insisté sur le fait que l’échec à adopter un budget était dû à des difficultés professionnelles ainsi qu’au manque de coopération de Kakhol lavan, un proche de Netanyahu, au sein du parti, a reconnu le mois dernier que des considérations d’ordre politique étaient aussi à l’origine de ces retards.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), et le ministre de la Défense Benny Gantz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, le 5 juillet 2020. (Amit Shabi/Flash90)

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, avait annoncé la semaine dernière son intention de soumettre une nouvelle fois un projet de loi réclamant la dissolution de la Knesset, s’en prenant à Kakhol lavan qui avait menacé de faire éclater le gouvernement si un budget n’était pas rapidement approuvé.

« Je n’ai, bien entendu, aucun doute sur le fait que cette fois, les membres de Kakhol lavan tiendront parole », avait-il dit de façon sarcastique à ce moment-là.

Kakhol lavan s’était montré réticent à soutenir la proposition de Lapid. En lui apportant son appui, Gantz abandonnerait toute chance de devenir Premier ministre sous les termes de l’accord de rotation signé avec Netanyahu.

Les dirigeants de Kakhol lavan, Benny Gantz, (à droite), et Yair Lapid, (à gauche), éclatent de rire lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 3 octobre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Selon la Douzième chaîne, les membres fondateurs de Kakhol lavan – une formation qui s’appelait à l’origine Hossen LeYisrael – se sont rencontrés au domicile de Gantz, dimanche soir, et ont décidé de ne pas faire revenir immédiatement les Israéliens dans les urnes.

Toutefois, selon le reportage qui n’a pas cité ses sources, le sentiment qui prévaut actuellement au sein du parti est que Netanyahu n’est pas intéressé par le maintien du gouvernement et que la Knesset sera, dans tous les cas, dissoute en date du 23 décembre, date d’échéance du nouveau budget.

Le parti d’opposition Yamina de droite avait fait savoir, au début de la semaine, qu’il soutiendrait la motion de censure, accusant Kakhol lavan de tenter de « dissimuler sa capitulation » en ne respectant pas son ultimatum.

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