Zandberg s’excuse pour le conseiller anti-gauche mais nie avoir menti
Rechercher

Zandberg s’excuse pour le conseiller anti-gauche mais nie avoir menti

La nouvelle chef du Meretz a expliqué avoir fait "une erreur de jugement" en prenant des conseils auprès du conseiller controversé Moshe Klughaft

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Tamar Zandberg, députée du Meretz, à la Knesset, le 24 février 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Tamar Zandberg, députée du Meretz, à la Knesset, le 24 février 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

La nouvelle responsable élue du Meretz Tamar Zandberg a émis de longues excuses dimanche après qu’il a été révélé qu’elle avait consulté un conseiller politique connu pour ses campagnes controversées contre la gauche israélienne sans en avertir en temps et en heure les autorités concernées.

Dans un post paru sur Facebook et intitulé « Je présente mes excuses », Zandberg a expliqué que sa décision de rencontrer Moshe Klughaft, à l’origine dans le passé de campagnes corrosives contre des ONG et des militants de gauche, a été une « erreur » pour laquelle elle voulait présenter ses excuses.

« Cela me fait du mal d’avoir déçu un si grand nombre d’entre vous aussi rapidement. Et je veux donc tout d’abord vous dire que je vous présente mes excuses », a écrit Zandberg.

Tout en affirmant « prendre la responsabilité » de cette décision, Zandberg a également riposté aux critiques qui l’ont accusée d’avoir trahi ses partisans de gauche, et notamment au président de l’Union sioniste Avi Gabbay, qui a éreinté son lien avec Klughaft.

La députée du Meretz Tamar Zandberg a voté dans un bureau de vote à Tel Aviv le 22 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

La députée du Meretz Tamar Zandberg est devenue la nouvelle présidente du parti, jeudi soir, après l’avoir emporté avec une importante majorité face à Avi Buskila, ancien dirigeant du mouvement anti-implantations La Paix Maintenant, lors des toutes premières primaires du parti.

Zandberg a réuni 71 % des votes contre 28 % pour Buskila. Au total, 16 954 sur 31 680 membres de la formation ont voté, ce qui représente un taux de participation de 53,6 %.

Devant une foule de partisans réunis au siège du Meretz de Tel Aviv, Zandberg, 41 ans, qui est députée du Meretz depuis 2013 et qui est militante depuis de nombreuses années, a indiqué qu’elle avait l’intention d’emmener la gauche israélienne vers des jours meilleurs.

Mais la révélation des conseils reçus pendant la campagne de la part de Klughaft, devenu célèbre pour ses campagnes féroces à l’égard de groupes de gauche, a plongé la nouvelle présidente dans une confrontation directe avec ses critiques qui ont le sentiment qu’elle a trahi la fière identité de gauche du Meretz.

« Cela a été une erreur de jugement », a-t-elle expliqué. « Je présente mes excuses aux journalistes et je présente mes excuses aux membres des organisations des droits de l’Homme et du New Israel Fund. Il n’y a ni patriotes, ni amoureux d’Israël plus formidables qu’eux. Je suis fier que le parti du Meretz soit le seul à se tenir aux côtés de ces organisations lorsque les autres se taisent, marmonnent ou rejoignent les attaques lancées contre elles ».

Klughaft avait été à l’origine d’une campagne organisée en 2016 « d’outing » d’artistes israéliens étiquetés comme « taupes d’agents étrangers » en raison des liens qu’ils entretenaient avec des groupes de gauche, une initiative regrettée par le conseiller, a expliqué ce dernier à la chaîne Hadashot, ainsi que d’une campagne qui dépeignait le groupe New Israel Fund comme une force de subversion et qui s’en était prise personnellement à sa présidente de l’époque, Naomi Chazan.

Il aurait également dynamisé de manière significative les profils politiques du leader du parti belliqueux HaBayit HaYehudi Naftali Bennett et de la ministre de la Justice Ayelet Shaked au cours de la dernière décennie.

L’ancien stratège du parti HaBayit HaYehudi Moshe Klughaft (Capture d’écran : Hadashot)

Ses excuses aux journalistes semblent être liées aux démentis répétés de Zandberg auprès des journalistes, la semaine dernière, lorsqu’elle avait affirmé ne pas avoir rencontré Klughaft.

Elle a toutefois insisté sur le fait qu’elle n’a « pas menti sur [m]es liens avec lui », disant qu’il n’a tenu aucun rôle officiel durant sa campagne et qu’il lui a donné un avis bénévole après s’être intéressé à sa candidature.

Elle n’a pas mentionné l’annonce faite dimanche matin que le contrôleur d’Etat Yossef Shapira devrait ouvrir une enquête sur Zandberg qui n’a pas fait connaître dans les temps sa consultation avec Klughaft, comme l’exige la loi, ce qui signifie que les conseils non-rémunérés de ce dernier pourraient s’apparenter à une donation non-déclarée à un parti politique.

Elle a plutôt critiqué ce qu’elle a qualifié « d’attaque sans retenue contre le Meretz et contre la gauche », disant que les critiques sur ses liens avec Kulghaft ont été « exagérés au-delà du raisonnable ou des proportions raisonnables ».

L’implication de Zandberg auprès de Klughaft avait été condamnée samedi soir par le chef de l’Union sioniste Avi Gabbay, qui a qualifié le conseiller de « propagandiste responsable de la polarisation du discours politique et qui l’entraîne vers des sphères dangereuses ».

Le président travailliste Avi Gabbay dirige une réunion de faction à la Knesset le 1er janvier 2018. (Miriam Alster / Flash90)

« Si c’est le nouveau Meretz, cela aurait été préférable qu’il ne franchisse pas le seuil électoral », a-t-il commenté.

Dans son post, Zandberg a riposté à Gabbay, lui demandant : « Avi Gabbay, n’avez-vous pas honte de vous ? », avant de se lancer dans une critique féroce des efforts apparents livrés par le chef de l’Union sioniste pour séduire les électeurs de droite.

Depuis son élection à la tête du parti travailliste au mois de juillet dernier, Avi Gabbay a tenté de faire glisser son parti à droite afin de renforcer sa place sur l’échiquier politique et a fait un certain nombre de commentaires en désaccord avec les positionnements historiques adoptés par sa formation.

Au mois de décembre, il avait ainsi déclaré que préserver Jérusalem « uni » sous la souveraineté israélienne était plus important que de trouver un accord de paix avec les Palestiniens après avoir insinué que la gauche « a oublié ce que signifie être Juif », même s’il a ultérieurement pris ses distances avec ces propos tenus.

Et au mois d’octobre, il avait précisé qu’il ne procéderait pas à l’évacuation des implantations de Cisjordanie dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens, qualifiant quelques jours plus tard l’entreprise d’implantations de « visage beau et dévoué du sionisme ».

Michael Bachner, Marissa Newman et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...