Le contrôleur d’Etat enquêtera sur Zandberg pour avoir consulté Moshe Klughaft
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Le contrôleur d’Etat enquêtera sur Zandberg pour avoir consulté Moshe Klughaft

La nouvelle chef du Meretz admet que "cela peut avoir été une erreur" d'avoir contacté le conseiller controversé Moshe Klughaft durant sa campagne

La députée du Meretz Tamar Zandberg lors d'une audience à la Haute-cour de justice de Jérusalem sur le transport public lors du Shabbat, le 11 septembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La députée du Meretz Tamar Zandberg lors d'une audience à la Haute-cour de justice de Jérusalem sur le transport public lors du Shabbat, le 11 septembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le contrôleur de l’Etat Yossef Shapira va enquêter sur la nouvelle responsable élue à la tête du parti de gauche du Meretz pour avoir consulté un conseiller politique controversé sans en avoir averti les autorités dans les temps.

Tamar Zandberg a expliqué dans la matinée de dimanche que cela avait pu être une erreur d’avoir rencontré Moshe Klughaft, qui a été dans le passé à l’origine de campagnes corrosives contre des militants et des ONG de gauche, précisant qu’elle ne l’a pas employé dans sa campagne alors qu’elle se présentait au poste de présidente de sa formation.

Mais Zandberg n’a pas fait connaître dans les temps sa consultation avec Klughaft, comme l’exige la loi, ce qui signifie que les conseils non-rémunérés de ce dernier peuvent être considérés comme une donation non-déclarée à un parti politique. Shapira inclura cette rencontre dans sa prochaine enquête périodique, selon certaines informations.

Répondant alors qu’elle a été surprise en flagrant délit de mensonge samedi soir – lorsque Klughaft a confirmé qu’il avait travaillé avec elle lors d’un entretien accordé à la chaîne Hadashot, en contradiction avec ses démentis répétés la semaine dernière auprès des journalistes – Zandberg a indiqué à la radio militaire qu’elle avait « été en contact avec lui mais qu’il n’a pas dirigé » sa campagne.

« Il n’a pas géré la campagne et n’en a pas donné le ton », a-t-elle affirmé, même si Hadashot a qualifié la consultation « d’intensive ».

L’ancien stratège du parti HaBayit HaYehudi Moshe Klughaft (Capture d’écran : Hadashot)

« Quand on m’a demandé qui avait été employé dans la campagne, la réponse a été qu’il ne l’avait pas été », a-t-elle déclaré. « Cela peut avoir été une erreur d’avoir été en contact avec lui dans une campagne qui s’est avérée positive et optimiste. Tout le monde a vu ma campagne ».

Ajoutant qu’elle n’avait pas l’intention de démissionner suite à cette affaire, Zandberg a indiqué que l’histoire « a pris des proportions énormes et atteint des dimensions absurdes ».

Klughaft avait été à l’origine d’une campagne organisée en 2016 « d’outing » d’artistes israéliens étiquetés comme « taupes d’agents étrangers » en raison des liens qu’ils entretenaient avec des groupes de gauche, une initiative regrettée par le conseiller, a expliqué ce dernier à la chaîne Hadashot, ainsi que d’une campagne qui dépeignait le groupe New Israel Fund comme une force de subversion et qui s’en était prise personnellement à sa présidente de l’époque, Naomi Chazan.

Il aurait également dynamisé de manière significative les profils politiques du leader du parti belliqueux HaBayit HaYehudi Naftali Bennett et de la ministre de la Justice Ayelet Shaked au cours de la dernière décennie.

Il a aussi travaillé avec l’ancien député issu de l’Union sioniste Erel Margalit sur le projet manqué de diriger le parti de gauche, mettant en exergue le caractère impétueux de l’entrepreneur dans une série de vidéos pour la campagne. Un clip largement raillé, dans lequel on voyait Margalit crier « Rendez-moi mon pays, zut ! » avait fait l’objet d’une parodie dans l’émission « Eretz Nehederet », le « Saturday Night Live » israélien.

L’implication de Zandberg auprès de Klughaft a été condamnée samedi soir par le leader de l’Union sioniste Avi Gabbay, qui a qualifié le conseiller de « propagandiste responsable de la polarisation du discours politique et qui l’entraîne vers des sphères dangereuses ».

« Si c’est le nouveau Meretz, cela aurait été préférable qu’il ne franchisse pas le seuil électoral », a-t-il commenté.

Le contrôleur d’État Yosef Shapira présente un rapport sur la guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas durant l’été 2014, le 14 mars 2018 à la Knesset de Jérusalem. (AFP/Menahem Kahana)

Zandberg a riposté dimanche à Gabbay, disant que « donner des leçons au Meretz est d’une hypocrisie sans précédent. Je suis fière de ma campagne et je ne serai pas jugée par l’Union sioniste ».

Le militant Avi Dabush, qui s’était présenté à la tête du Meretz avant de quitter la course et de se rallier à Zandberg, l’a critiquée pour avoir consulté Klughaft, qu’il a qualifié de « l’un des pires ».

« Il est non seulement un sale opposant de la gauche mais de tous les Israéliens qui veulent une société ouverte et tolérante », a dit Dabush, qui travaillait au New Israel Fund quand Klughaft avait orchestré des campagnes qualifiant le groupe de force de subversion.

Zandberg « a eu tort de le considérer comme un expert professionnel qui donne des conseils », a ajouté Dabush dans un communiqué. « Je suis sûr qu’elle va régler cela. Il utilise cette erreur pour faire de la publicité à notre détriment ».

Dans un communiqué antérieur, samedi soir, la chef du parti du Meretz a reconnu que Klughaft lui avait donné des conseils mais elle a souligné qu’il n’avait pas participé officiellement à sa campagne.

« Durant la campagne, il y a eu un certain nombre de gens talentueux qui m’ont donné leurs avis tirés de leurs différentes expériences », a-t-elle expliqué. « L’un d’entre eux était Moshe Klughaft qui a été à l’initiative de notre rencontre pour me donner des conseils tirés de ce qu’il avait vécu dans la révolution générationnelle ou avec le parti HaBayit HaYehudi. Contrairement à ce qui a été dit dans ce reportage, Klughaft n’a jamais été un employé de la campagne et il n’y a pas travaillé ».

La députée du Meretz Tamar Zandberg est devenue la nouvelle présidente du parti, jeudi soir, après l’avoir emporté avec une importante majorité face à Avi Buskila, ancien dirigeant du mouvement anti-implantations La Paix Maintenant, lors des toutes premières Primaires du parti.

Zandberg a réuni 71 % des votes contre 28 % pour Buskila. Au total, 16 954 sur 31 680 membres de la formation ont voté, ce qui représente un taux de participation de 53,6 %.

Devant une foule de partisans réunis au siège du Meretz de Tel Aviv, Zandberg, 41 ans, qui est députée du Meretz depuis 2013 et qui est militante depuis de nombreuses années, a indiqué qu’elle avait l’intention d’emmener la gauche israélienne vers des jours meilleurs.

Marissa Newman, Raoul Wootliff et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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