Zarif : Le programme balistique iranien n’est pas négociable
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Zarif : Le programme balistique iranien n’est pas négociable

Le chef de la diplomatie iranienne a qualifié son programme de "crucialement important" et expliqué que le pays a besoin des "meilleurs outils" pour stopper d'éventuelles attaques

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif lors d'une conférence de presse après avoir rencontré son homologue français à Téhéran, le 31 janvier 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif lors d'une conférence de presse après avoir rencontré son homologue français à Téhéran, le 31 janvier 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré samedi que Téhéran n’acceptera de négocier aucune limitation à son programme de développement de missiles alors que les Etats-Unis appellent à un effort mondial visant à sanctionner l’Iran pour ses violations des résolutions du Conseil de sécurité sur les missiles balistiques.

S’exprimant lors d’un événement organisé à Téhéran, Mohammad Javad Zarif a déclaré que le pays avait besoin « des meilleurs outils » pour dissuader d’éventuelles attaques contre le pays, comme cela avait été le cas durant la guerre Iran-Irak qui avait eu lieu dans les années 1980.

« C’est une certitude, le programme de missiles iranien est crucialement important et il n’est pas négociable », a-t-il dit, des propos qui ont été rapportés par l’agence semi-officielle Fars.

Zarif a également critiqué les pays occidentaux qui scrutent le programme de missiles de l’Iran mais non l’achat par l’Arabie saoudite d’armes avancées auprès de fabricants occidentaux.

Ces propos du ministère des Affaires étrangères suivent des appels récents lancés par les Etats-Unis aux autres pays du Conseil de sécurité de l’ONU, réclamant de mettre de côté l’accord sur le nucléaire vivement critiqué par le président Donald Trump pour se focaliser sur la répression des transgressions iraniennes en termes de missiles et autres armes non-nucléaires.

Jeudi, un rapport établi par l’observatoire atomique des Nations unies a indiqué que si Téhéran respectait son engagement dans la convention sur le nucléaire, le pays cherchait à développer des capacités nucléaires maritimes.

Le document fait par l’Agence de l’énergie atomique (AIEA) – c’est le neuvième depuis que l’accord a été mis en vigueur au mois de janvier 2016 – a révélé que l’Iran se conformait bien aux plus importants paramètres de l’accord, quatre mois avant la date-butoir établie par Trump pour régler les « désastreuses failles » de la convention.

Toutefois, le rapport a également annoncé que l’Iran l’avait informé par courrier au mois de janvier d’une décision de « construire des propulsions nucléaires navales à l’avenir ».

L’AIEA a demandé d’autres détails à Téhéran. Des articles publiés dans le passé ont fait savoir que Téhéran voulait développer des vaisseaux ou des sous-marins à l’énergie nucléaire.

Une volonté qui avait suscité des inquiétudes dans le passé en raison de la possibilité que l’Iran utilise de l’uranium enrichi – interdit sous les termes de l’accord sur le nucléaire – dans cet objectif.

L’uranium, lorsqu’il est enrichi pour atteindre des niveaux de pureté élevés, peut être utilisé comme arme nucléaire. A des niveaux faibles, il peut être exploité dans des objectifs pacifiques tels que la production d’énergie – le but officiellement visé par l’Iran.

Tandis que les rapports rédigés par l’AIEA ont constamment montré l’adhésion de la République islamique aux règles stipulées dans l’accord depuis deux ans, l’avenir de cette convention obtenue avec difficulté entre l’Iran et les cinq membres permanent du Conseil de sécurité des Nations unies reste hautement incertain.

Le président américain Donald Trump évoque l’accord sur l’Iran à la Maison Blanche, le 13 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Au mois de janvier, Trump a fixé un calendrier de 120 jours pour que les législateurs américains et leurs alliés européens « réparent » les failles que le président américain avait dénoncé dans ce qui avait été le principal accomplissement en politique étrangère de son prédécesseur Barak Obama. Le cas échéant, les Etats-Unis quitteront la convention.

Trump s’est inquiété de ce que certaines parties de l’accord commenceront à expirer en 2026 et de ce qu’il ne s’attaque pas au programme de missiles iraniens, ni aux activités régionales et autres violations des droits de l’Homme de la république islamique.

Une sortie des Etats-Unis pourrait signer la fin de l’accord sur le nucléaire que Téhéran a refusé de renégocier.

En plus de l’accord sur le nucléaire, les Etats-Unis et Israël restent en désaccord avec l’Iran concernant son soutien au groupe terroriste du Hezbollah et son programme de missiles balistiques.

Le mois prochain, les deux pays participeront à l’exercice Juniper Cobra, qui avait eu lieu pour la première fois en 2001 et qui est organisé tous les deux ans. L’entraînement, cette année, sera une simulation d’attaque au missile balistique contre Israël. Il vise également à améliorer les liens entre les deux armées.

L’exercice Juniper Cobra devrait commencer le 4 mars et il s’achèvera officiellement le 15 mars, même si certains soldats américains resteront en Israël et continueront à s’entraîner aux côtés de l’armée israélienne jusqu’à la fin du mois, ont fait savoir les militaires.

La menace des missiles balistiques et guidés est l’une des plus significatives que l’Etat juif doit affronter. Les responsables israéliens estiment qu’elle ne cesse de croître.

L’organisation terroriste du Hezbollah, appuyée par l’Iran, est soupçonnée de conserver une réserve de 150 000 missiles, qu’elle pourrait lancer sur lIsraël à un taux de plus de 1 000 missiles par jour lors d’une prochaine guerre.

Le week-end dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également révélé à la conférence sécuritaire de Munich que l’Iran cherchait à équiper le groupe de missiles de précision supérieurs capables de frapper une cible à plusieurs douzaines de mètres.

A Gaza, le Hamas et le groupe du Jihad islamique palestinien posséderaient leur propre arsenal contenant plus de 10 000 roquettes et mortiers de qualité toutefois inférieure grâce au blocus de l’enclave côtière mis en place par Israël et l’Egypte.

L’exercice de défense anti-aérienne aura lieu quelques semaines après que les avions israéliens ont affronté un drone iranien et les systèmes de défense aérienne syriens, même si l’armée israélienne souligne que l’exercice Juniper Cobra était prévu il y a déjà longtemps et qu’il n’est lié à aucun événement en particulier.

L’AFP a contribué à cet article.

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