Zemmour condamné à 10 000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine
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Zemmour condamné à 10 000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine

Le tribunal de Paris a condamné le chroniqueur de 62 ans pour des propos tenus lors de la "convention de la droite" organisée par des proches de Marion Maréchal

Le journaliste et écrivain français Eric Zemmour au tribunal de Paris, pour son procès pour incitation à la haine raciale, le 6 novembre 2015. (Crédit : BERTRAND GUAY/AFP/Getty Images)
Le journaliste et écrivain français Eric Zemmour au tribunal de Paris, pour son procès pour incitation à la haine raciale, le 6 novembre 2015. (Crédit : BERTRAND GUAY/AFP/Getty Images)

Le polémiste Eric Zemmour a été condamné vendredi à 10 000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine après une violente diatribe sur l’islam et l’immigration en septembre 2019 lors d’un rassemblement politique à Paris.

Le tribunal de Paris a condamné le chroniqueur de 62 ans pour des propos tenus le 28 septembre 2019, en ouverture d’une réunion baptisée « convention de la droite » et organisée par des proches de l’ex-députée du Front national (devenu RN) Marion Maréchal.

Le tribunal a considéré « qu’en distinguant parmi les Français l’ensemble des musulmans opposés aux ‘Français de souche’ et en les désignant, ainsi que les immigrés musulmans vivant en France, non seulement comme des criminels auteurs des attentats de 2015 mais comme d’anciens colonisés devenus colonisateurs », les propos poursuivis « constituent une exhortation, tantôt implicite tantôt explicite, à la discrimination et à la haine à l’égard de la communauté musulmane et à sa religion ».

« Les opinions, même choquantes, doivent pouvoir s’exprimer, néanmoins les faits reprochés vont plus loin et outrepassent les limites de la liberté d’expression puisqu’il s’agit de propos injurieux envers une communauté et sa religion », a indiqué la présidente de la 17e chambre correctionnelle.

Le tribunal a aussi souligné que le discours avait été « préparé » et les mots « choisis », rappelant que M. Zemmour avait été définitivement condamné, quelques jours avant les faits, à 3 000 euros d’amende pour des propos anti-musulmans, la Cour de cassation ayant rejeté son pourvoi. Dans cette affaire, il a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Lors de l’audience le 1er juillet, le parquet avait requis 10 000 euros d’amende, mais avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement.

« Je considère que le tribunal n’a pas fait une application juste de la loi et j’envisage de faire appel », a réagi auprès de l’AFP son avocat Olivier Pardo, assurant avoir « gagné nombre d’affaires, non devant le tribunal, mais devant la cour d’appel ou la Cour de cassation ».

Le polémiste a par ailleurs été condamné à payer 1 euro de dommages et intérêts ainsi que 1 500 euros au titre des frais de justice à 8 associations parties civiles – la Ligue des droits de l’homme (LDH) et SOS Racisme notamment.

Le discours avait à l’époque été largement dénoncé dans la classe politique et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait reçu quelque 3 600 signalements. Ces propos avaient aussi entraîné un âpre débat dans les médias pour lesquels travaillait M. Zemmour.

La chaîne LCI, qui avait diffusé l’intégralité des propos en direct, ne sera finalement pas jugée dans ce dossier, le tribunal ayant déclaré nulle le 17 septembre la citation de l’association la Maison des Potes, pour une question de procédure.

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