La direction palestinienne n’a pas l’intention de demander une adhésion ou de l’aide des Nations unies et d’autres organisations internationales dans un proche avenir, a déclaré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au Times of Israel mercredi.

Selon lui, les Palestiniens attendent de voir la suite des développements diplomatiques après l’effondrement des négociations de paix du mois dernier.

Le Times of Israel a établi qu’Israël est au courant de la décision d’Abbas de ne pas se tourner vers les organisations internationales dans le but de pousser la reconnaissance de la Palestine comme un Etat dans un proche avenir.

Les commentaires d’Abbas à cet effet contredisent les déclarations des leaders palestiniens au cours des dernières semaines, qui eux déclarent leur intention de se tourner vers l’ONU et d’autres organisations internationales..

Abbas a également déclaré que sa rencontre à Londres la semaine dernière avec la négociatrice en chef et ministre de la Justice d’Israël, Tzipi Livni, a été positive. Il affirme qu’il est inconcevable que la réunion ait pu avoir lieu sans l’accord du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Abbas a confié avoir souligné à Livni que le nouveau gouvernement palestinien, qui doit prendre forme dans les prochains jours, agirait selon les principes qu’il respecte. Il a indiqué qu’il ne savait pas encore s’il serait à la tête du nouveau gouvernement, ou si celui-ci serait dirigé par quelqu’un d’autre, comme Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne.

Il raconte avoir insisté auprès de Livni sur le fait que tous les ministres du nouveau gouvernement seraient indépendants, sans affiliation à un parti, et que le gouvernement accepterait tous les principes du Quartet au Moyen Orient : la reconnaissance d’Israël, la reconnaissance des accords antérieurs et le rejet explicite de la violence et du terrorisme.

Abbas a déclaré au Times of Israel que deux jours avant de demander l’adhésion dans 15 organisations internationales début avril – l’une des étapes qui ont mené à l’ échec des négociations – il a envoyé une lettre officielle à l’émissaire à la paix de Netanyahu, Itzhak Molcho, et à l’envoyé spécial américain, Martin Indyk, avertissant que si Israël ne libérait pas un quatrième et dernier groupe de prisonniers, comme promis, il procéderait à la candidature d’adhésion.

Il affirme avoir retardé l’application de cette décision prise par la direction palestinienne de deux jours pour donner au gouvernement israélien le temps de modifier sa position, ce qui n’est pas arrivé.

Israël a refusé de libérer le quatrième groupe de prisonniers, car Abbas a demandé la libération d’Arabes israéliens et n’avait pas promis d’étendre les pourparlers de paix au-delà de l’échéance de fin avril.

Sur le thème du pacte d’unité Fatah-Hamas du mois dernier – suite auquel Israël a officiellement suspendu les négociations de paix – Abbas a déclaré avoir été clair pendant des années sur le fait que si le Hamas était intéressé par une réconciliation, il serait obligé d’accepter ses politiques.

Il explique que le Hamas a changé sa position, car il était en difficulté. Pour Abbas, l’idée du processus de réconciliation était d’aller vers des élections palestiniennes, « mais si quelque chose devait mal tourner sur la route, nous réexaminerons la question ».

Abbas a fermement condamné le meurtre des deux adolescents palestiniens par l’armée israélienne, jeudi dernier, lors des protestations à Beitunia à la Journée de la Nakba.

Quant à l’incident le jour suivant, pendant lequel un correspondant du Times of Israel et un collègue cameraman ont été attaqués par un groupe de Palestiniens, Abbas exprime sa condamnation de l’incident et souligne la nécessité impérative de garantir la liberté journalistique et la sécurité des journalistes israéliens et autres.

Il affirme que toute action qui entrave au travail des journalistes, ou leur nuit, ne cause de dommages qu’aux Palestiniens.