Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rejeté une proposition égyptienne de réinstaller les réfugiés palestiniens dans une grande parcelle de terrain située dans la péninsule du Sinaï, qui serait annexée à la bande de Gaza.

S’adressant à un rassemblement de son parti, le Fatah, à Ramallah dimanche, Abbas a déclaré qu’un haut responsable égyptien anonyme lui a récemment suggéré d’installer les Palestiniens dans une zone de 1 600 kilomètres carrés adjacente à Gaza, relançant une idée initialement proposée par l’ancien conseiller israélien à la sécurité nationale Giora Eiland.

« Ils [les Egyptiens] sont prêts à accueillir tous les réfugiés, [ils disent] ‘finissons-en avec l’histoire des réfugiés’ », a déclaré Abbas selon l’agence de nouvelles Maan.

Le dirigeant palestinien a souligné que l’idée a été proposée une première fois au gouvernement égyptien en 1956, mais a été balayée d’un revers de main par des dirigeants palestiniens tels que le militant de l’OLP Mohammed Youssef Al-Najjar et le poète Muin Bseiso qui « a compris le danger ».

« A présent, l’idée est proposée une fois de plus. Un haut responsable égyptien a déclaré : « il faut trouver un refuge pour les Palestiniens et nous avons toute cette terre disponible.’ Cela m’a été dit en personne. Mais il est illogique que le problème soit résolu au détriment de l’Egypte. Nous ne l’accepterons pas », a déclaré Abbas.

Abbas a affirmé à la foule que si Israël obtenait ce qu’il voulait, Gaza deviendrait l’Etat palestinien tandis que la Cisjordanie resterait seulement une autonomie.

Ce n’est pas la première fois qu’Abbas rejette une offre visant à résoudre le problème des réfugiés palestiniens résidant à l’extérieur de la Cisjordanie.

En janvier 2013, le dirigeant palestinien avait déclaré à un journal égyptien qu’il avait demandé au gouvernement israélien d’autoriser les réfugiés de Syrie à entrer en Cisjordanie et à Gaza.

Selon Abbas, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exigé que les réfugiés renoncent à leur « droit au retour » en Israël comme condition pour franchir la frontière, une condition qu’Abbas a rejetée d’emblée.

Abbas a confirmé ce rapport au Times of Israel, lors d’une réunion avec des journalistes israéliens qui s’était tenue dans son complexe présidentiel en avril.