Dans un récent témoignage déposé devant la police israélienne, le milliardaire américain Sheldon Adelson a fait part d’une conversation avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans laquelle ce dernier avait évoqué une affaire financière d’importance dont il avait discuté avec le directeur de la publication de Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, a rapporté vendredi la Dixième chaîne.

Adelson a témoigné devant les enquêteurs au mois de juin sur ce qu’on appelle l’Affaire 2000 – dans laquelle Netanyahu et Moses sont soupçonnés d’avoir réfléchi à un accord sous les termes duquel le Premier ministre israélien aurait prôné une législation visant à réduire la circulation quotidienne du journal gratuit Israel Hayom, propriété d’Adelson, en échange d’une couverture de ses actions plus favorable dans le Yedioth.

Si Netanyahu a évoqué l’accord passé avec Moses devant Adelson, cela pourrait potentiellement mettre à mal les affirmations présumées du Premier ministre faites aux enquêteurs. Il avait alors stipulé qu’il n’a jamais eu l’intention de conclure une telle convention.

Adelson a été à plusieurs reprises interrogé par la police ces derniers mois. Selon des informations parues dans les médias israéliens, au mois de mai, Adelson – qui n’est pas suspect dans l’enquête – avait indiqué aux enquêteurs que Netanyahu ne lui avait jamais parlé de ses conversations avec Moses ni du soit-disant « projet de loi Israel Hayom » proposé par le législateur travailliste Eitan Cabel, qui aurait rendu illégale la distribution gratuite d’un journal de grande envergure — une proposition à laquelle le Premier ministre était tellement opposé, ont fait savoir certains médias, qu’il avait appelé à de nouvelles élections en 2015.

Adelson, qui a été un fervent soutien de Netanyahu et qui a fait don de millions de dollars à la campagne de Trump, est le moteur d’Israel Hayom, un journal qui, depuis des années, s’est montré fortement favorable à Netanyahu, même si certains observateurs notent un changement ces derniers temps.

La Deuxième chaîne avait indiqué au mois de janvier que Moses avait donné des preuves attestant de la forte influence exercée par Netanyahu sur Israel Hayom — des preuves qui laissaient présumer du fait que le Premier ministre jouait un rôle actif dans les médias israéliens. Cette présomption venait contredire une déclaration écrite sous serment dans laquelle il stipulait « ne pas avoir eu de liens de contrôle ou organisationnels – et n’en avoir jamais eu – susceptibles d’influencer les considérations éditoriales ou les contenus du journal et sous quelque forme que ce soit, avec Israel Hayom, ou avec le personnel du journal ou les journalistes qui écrivent pour lui ».

En plus de l’Affaire 2000, Netanyahu est suspect dans une autre enquête de corruption appelée l’Affaire 1000, concernant des cadeaux illicites présumés qui auraient été offerts à Netanyahu et à sa famille par des bienfaiteurs milliardaires avec, de manière plus notable, des cigares et du champagne qui auraient été donnés au Premier ministre et à son épouse Sara par le producteur israélien né à Hollywood Arnon Milchan pour un montant de centaines de milliers de shekels.

Netanyahu a nié toute malversation dans les deux dossiers.