Le Docteur Sharon Geva, historienne, propose à ses élèves une alternative aux examens traditionnels.

Cette dernière, après avoir fait un constat alarmant quant aux connaissances des élèves israéliens concernant les femmes qui ont participé à l’histoire et à la construction d’Israël, a décidé de remédier à ce manque.

Elle a ainsi recruté des élèves du « Seminar Hakibbutzim Teachers College » pour un projet unique en son genre rapporte le quotidien Haaretz.

Au lieu de faire un examen ou de rédiger un mémoire, les élèves doivent compléter et mettre à jour les articles Wikipédia de 65 femmes israéliennes qui ont marqué l’histoire.

Jusqu’à présent ce projet est développé seulement en hébreu.

Le Docteur Sharon Geva explique son initiative : « L’idée de ce projet est apparu quand il est devenu clair que les femmes que nous étudions en classe n’étaient pas assez connues du grand public, et étaient même absentes du matériel d’enseignement du système éducatif. Une simple recherche Google a montré que ces femmes étaient absentes de la toile ».

Ainsi Sharon Geva s’est lancée dans un projet ouvertement féministe qui a un objectif pour ses étudiants mais aussi pour des milliers d’utilisateurs de Wikipédia. Ces femmes qui ont fait l’histoire du pays ne devraient plus être considérées comme marginales.

Son objectif n’est pas seulement d’accroitre les connaissances de ses élèves sur l’histoire d’Israël, mais aussi de faire changer les mentalités en rendant la société israélienne plus juste.

Elle n’hésite pas à illustrer cette inégalité de traitement entre les hommes et les femmes dans son cours où elle souligne, au moment de la lecture de la déclaration d’indépendance d’Israël que sur les 37 signataires seulement deux étaient des femmes, et seulement une reste connue, Golda Meïr.

Elle explique que l’article Wikipédia sur la seconde signataire de la déclaration d’indépendance, Rachel Cohen Kagan, était laconique.

Afin d’écrire un article Wikipédia, le professeur Sharon Geva oblige ses élèves à faire des recherches détaillées aussi bien sur internet que dans les archives. Ils doivent interviewer les familles de la personnalité féminine et utiliser les journaux de l’époque et des livres d’histoire.

Ce projet original sera élargi aux étudiants de l’Université de Tel aviv, et se concentrera sur les femmes Mizrahies qui souffrent bien plus de cette absence de reconnaissance que les femmes ashkénazes, explique Sharon Geva.