Hillary Clinton, candidate démocrate à la présidence des Etats-Unis, a exprimé sa préoccupation devant les appels au boycott d’Israël dans des lettres aux dirigeants Juifs.

Elle a appelé à une action législative de soutien à l’Etat juif.

Ecrivant au magnat israélien Haim Saban et au dirigeant communautaire juif Malcolm Hoenlein, Clinton a demandé leur aide afin de mettre en place un plan pour contrer le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

« Je cherche vos conseils afin de savoir comment nous pouvons travailler ensemble […] pour renverser cette tendance avec information et conviction », a déclaré l’ancienne Secrétaire d’Etat dans des lettres identiques la semaine dernière.

Clinton a déclaré être préoccupée par les tentatives de comparer les politiques israéliennes au régime de l’apartheid en Afrique du Sud, qui a été boycotté avec succès par la communauté internationale dans les années 1980. Cette campagne est perçue comme une source d’inspiration pour les partisans du boycott d’Israël.

« Particulièrement à un moment où l’antisémitisme est en augmentation dans le monde, spécialement en Europe, nous devons rejeter des efforts déterminés de dénigrer Israël et le peuple juif », a-t-elle écrit.

Elle a signé sa lettre à Hoenlein, qui est le président exécutif de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines, avec une note écrite à la main, « Impatiente de travailler avec vous de nouveau ».

Les lettres, datées du 2 juillet, ont été envoyées quelques semaines après que Saban a participé à un sommet, organisé par le magnat du jeu Sheldon Adelson, pour combattre le BDS.

Adelson est considéré comme un soutien majeur des candidats républicains auquels Clinton pourrait bien avoir à faire face dans sa course à la Maison Blanche.

Rappelant sa fidélité envers Israël, Clinton a souligné son opposition aux résolutions des Nations unies et du Conseil des droits de l’homme et a exprimé clairement « que les Etats-Unis soutiendront toujours Israël ».

Clinton a également réitéré son soutien à la solution de deux États, déclarant : « Je reste convaincue que la sécurité d’Israël à long terme, et son futur en tant qu’État juif, dépendent de la possibilité d’avoir deux États pour deux peuples. »

Saban est considéré comme un donateur majeur de Clinton. Des chiffres publiés en mai ont montré que le milliardaire des télécommunications et sa femme ont donné jusqu’à 25 millions de dollars à la Fondation Clinton.

Applaudissant le soutien de Clinton, Saban a affirmé dans sa réponse : « quand elle deviendra présidente, Hillary renforcera la relation entre les Etats-Unis et Israël ».

Des officiels israéliens et des dirigeants juifs ont réagi avec inquiétude au cours des dernières semaines à ce qu’ils qualifient d’effort concerté pour déligitimer l’Etat juif à travers une campagne de boycott pro-palestinien.

L’annonce du géant de télécommunications français Orange, le mois dernier, qu’il prévoyait de quitter le marché israélien a été fortement critiquée, y compris par Saban, qui possède Partner, l’entreprise israélienne qui loue le nom Orange.

Au cours des derniers mois, on a également assisté à une tentative de Ramallah d’exclure Israël de la FIFA, et à la décision du Syndicat national des étudiants britannique de rejoindre le mouvement BDS.

Le mois dernier, le président Barack Obama a signé une loi qui conditione un accord de commerce à des efforts pour combattre le BDS ; une décision perçue comme une victoire majeure par les soutiens d’Israël.

Pourtant, le département d’Etat a ensuite retiré une partie de son soutien au projet, déclarant qu’il ne serait pas appliqué concernant les efforts visant à boycotter les implantations israéliennes.

Les lettres de Clinton ont certainement pour objectif de l’aider à accumuler du soutien de partisans d’Israël alors qu’elle fait campagne pour la candidature démocrate.

Si elle est perçue comme un soutien solide de l’Etat juif, elle en a agacé certains dans le passé avec ses dénonciations fermes des implantations.

« Je suis un soutien ferme d’Israël, un soutien ferme de son droit à se défendre. Mais les implantations, qui ont été dénoncées par des administrations américaines successives des deux bords politiques, sont un signal terrible si dans le même temps vous prétendez vouloir chercher une solution à deux États », avait déclaré Clinton à CNN, en 2014.

Tamar Pileggi a contribué à ce rapport.