Israël a annoncé mardi un nouveau projet ambitieux visant à enfin rassembler les milliers de fragments vieux de 2 000 ans des Rouleaux de la mer Morte qui ont abasourdi les experts depuis leur découverte dans les années 1940 et 1950.

Le projet d’1,75 million de dollars vise à utiliser les derniers outils numériques pour aider les chercheurs à identifier et à faire le lien entre les fragments, a expliqué l’Autorité des Antiquités d’Israël (AAI). Cela implique également une coopération sans précédent entre les chercheurs, les experts en informatique, et les archives en Israël et à l’étranger.

Au final, a indiqué l’AAI, le but est de publier une nouvelle génération d’éditions numériques des Rouleaux de la mer Morte, « riche en informations et qui peut être mise à jour » sur la base de la recherche qui évolue et des progrès techniques.

Certains 16 000 des quelque 20 000 fragments ont été à ce jour numériquement imagés, a expliqué Pnina Shor, la conservatrice et la directrice du Projet des Rouleaux de la mer Morte à l’Autorité des Antiquités d’Israël, au site Mail mardi, avec des scientifiques qui développent constamment des outils améliorés pour reconstituer l’ensemble. « C’est le puzzle ultime ».

L’AAI a salué ce qu’il a décrit comme « un nouveau partenariat de recherche collaborative » pour faire avancer la recherche et la compréhension de « l’une des découvertes les plus importantes du 20e siècle ».

Notant que le laboratoire de conservation de l’Autorité des Antiquités d’Israël à Jérusalem conserve des milliers de fragments de parchemins remontant à environ 2 000 ans, découverts il y a près de 70 ans, il a déclaré que les dernières évolutions technologiques permettraient de faire « des analyses plus novatrices de ces anciens manuscrits ».

Le nouveau projet de collaboration est financé à hauteur de 1,6 million d’euros par le Deutsch-Israelische-Projektförderung (DIP).

Le projet permettra la coopération entre l’AAI et les universités de Haïfa, Tel-Aviv et de Göttingen en Allemagne. Des bases de données et les ressources seront reliées entre Qumran-Lexicon-project de l’académie de Göttingen des sciences et des lettres et le Leon Levy Dead Sea Scrolls Digital Library de l’AAI pour créer « un espace de travail virtuel qui permettra aux chercheurs du monde entier de travailler ensemble en même temps », a expliqué l’AAI.

« Ainsi qu’une nouvelle plate-forme de production collaborative et la publication des éditions des Rouleaux de la mer Morte ».

An Israel Antiquities Authority worker points to a spectral image photograph of fragments of the Dead Sea scrolls, at the Israel Museum in Jerusalem on Wednesday, December 18 (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

Un employé d’ Israel Antiquities Authority montre une image spectrale des fragments des manuscrits de la mer Morte, au Musée d’Israël à Jérusalem le mercredi 18 décembre 2012 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le nouveau projet a été mis en place deux ans après que l’AAI a lancé une archive améliorée en ligne de la mer Morte, qui permet aux internautes de voir des milliers d’images de haute qualité des textes anciens avec des explications et des traductions dans différentes langues.

Le nouveau site Web amélioré est la seconde incarnation du Leon Levy Dead Sea Scrolls Digital Library et compte plus de 10 000 photographies des textes anciens qui ont été retrouvés dans des grottes à Qumrân dans le désert de Judée dans les années 1940 et 1950.

Pour le site, les images ont été numérisées en utilisant des méthodes photographiques multispectrales qui reproduisent les documents avec une qualité exceptionnelle.

Le site – disponible en anglais, allemand, arabe, et en version hébraïque – a également des commentaires et des explications sur certains des rouleaux plus célèbres, dont un livre de l’Exode rédigé en alphabet paléo-hébraïque, le livre de Samuel, le Rouleau du Temple, Songs of Shabbat Sacrifice, et la Nouvelle Jérusalem.

Les rouleaux, qui auraient été écrits ou collectés par des Juifs qui ont quitté Jérusalem pour le désert à l’époque du Second Temple, il y a deux millénaires, ont été l’une des découvertes archéologiques majeures du 20e siècle. Ils mettent en lumière de manière importante le judaïsme ancien, la naissance du christianisme, et l’évolution de la Bible.

Il y a quelques 900 textes qui sont conservés dans un endroit avec un environnement sec spécialement contrôlé pour simuler les conditions du désert dans lequel ils ont survécu pendant des milliers d’années.

Fragments of the Dead Sea Scrolls, which include the oldest known surviving biblical manuscripts dated between 150 BCE and 70 CE, on display at the Israel Museum in Jerusalem (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

Des fragments des Rouleaux de la mer Morte, qui comprennent les plus anciens manuscrits bibliques connus datés entre 150 avant notre ère et 70 de notre ère, exposés au Musée d’Israël à Jérusalem (Crédit : Miriam Alster/Flash90)