Des vétérans lettons qui avaient combattu dans les rangs de la Waffen SS contre l’armée soviétique pendant la Seconde guerre mondiale ont défilé dimanche à Riga, au milieu d’un important dispositif policier, a constaté un journaliste de l’AFP.

Quelque 1 500 anciens combattants et leurs sympathisants, selon la police, ont pris part à cette parade annuelle, vigoureusement dénoncée par Moscou et l’importante minorité russe de Lettonie.

Après avoir assisté à une messe, ils ont défilé avec des drapeaux lettons à travers la Vieille ville de Riga, jusqu’au mémorial national de la Liberté pour y déposer des fleurs.

La police a tenu à distance quelques dizaines de contre-manifestants qui brandissaient des affiches dénonçant le nazisme. Aucun incident majeur n’a opposé les deux parties.

Cette année, la parade était entourée d’un climat particulièrement tendu par l’intervention russe en Crimée.

Parmi les participants, il y a eu dimanche des députés d’extrême-droite, ainsi que Einars Cilinskis, démis vendredi de ses fonctions de ministre de l’Environnement pour avoir annoncé sa participation.

La Légion lettone de la Waffen SS continue de déchaîner les passions, aussi bien dans ce pays balte de 2 millions d’habitants qu’à l’étranger, notamment au sein de la communauté juive.

Des Lettoniens manifestant contre la marche annuelle des anciens combattants des Waffen SS à Riga, le 16 mars 2014 (Crédit : AFP/Ilmars Znotins)

Des Lettons manifestant contre la marche annuelle des anciens combattants des Waffen SS à Riga, le 16 mars 2014 (Crédit : AFP/Ilmars Znotins)

Moscou et la minorité russe de Lettonie y voient une glorification du nazisme, alors que les anciens combattants et leurs partisans affirment que les légionnaires n’étaient pas des nazis, mais qu’ils se battaient pour l’indépendance.

« Dans les pays baltes, beaucoup de ceux qui ont lutté contre le communisme ont aussi assassiné des juifs. De ce point de vue, ils ne méritent pas d’être les héros de la nouvelle et démocratique Lettonie », a déclaré le directeur du centre Simon Wiesenthal à Jérusalem.

« Ce qui se passe en Ukraine reste évidemment en rapport avec ce qui se passe ici. Si des gens sont inquiets ici, je comprends parfaitement qu’ils ont raison de l’être. Une marche nazie ici ne peut que nourrir la propagande de Poutine », a-t-il ajouté.

La Lettonie avait été occupée par l’armée rouge suite au pacte germano-soviétique de 1939. Après l’attaque de l’Allemagne contre l’URSS en 1941, l’armée rouge a été chassée de la république balte.

Certains Lettons ont accueilli les nazis comme des libérateurs ayant mis fin à l’occupation et à la terreur soviétiques. Mais les nazis y ont instauré leur propre terreur exterminant quelque 70 000 des 85 000 Juifs vivant dans ce pays.

Quelque 140 000 Lettons se sont engagés ou ont été enrôlés dans la Waffen SS, unité d’élite du régime nazi, pour combattre l’armée rouge. 130.000 autres ont combattu du côté de l’URSS.