Le Hamas détient depuis septembre dernier deux Israéliens, dont un homme d’origine éthiopienne qui est entré en septembre dans la bande de Gaza pour des raisons inconnues. La publication de l’information a été autorisée jeudi.

Il s’agit de Avraham Mengistu, 28 ans, d’Ashkelon. La censure sur son cas a été levée jeudi matin suite à un procès intenté par Haaretz et Yediot Aharonot.

L’Israélien Mengistu, né en Ethiopie, est vivant et détenu par le Hamas à Gaza, a déclaré jeudi une source sécuritaire israélienne lors d’un point de presse avec des journalistes. La source a déclaré qu’aucune négociation n’a lieu actuellement pour sa libération.

Un responsable a déclaré qu’Israël ne considérait pas Mengistu comme captif, mais traitait la question comme une question humanitaire. Le fonctionnaire a parlé sous condition d’anonymat parce qu’il n’a pas été autorisé à évoquer publiquement la question.

Le Hamas nie detenir Mengistu, mais les sources israéliennes explique que c’est parce que le groupe islamiste cherche à éviter la responsabilité de son sort.

Des sources sécuritaires ont également confirmé qu’un deuxième Israélien est détenu dans la bande de Gaza.

L’homme n’a pas été nommé, mais un communique du coordonnateur de l’armée israélienne des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT) a confirmé qu’il s’agit d’un « jeune homme d’un groupe minoritaire », un euphémisme israélien souvent utilisé pour désigner les membres de la communauté arabe.

L’homme vient de la ville bédouine de Hura et a traversé la frontière il y a environ trois mois près de serres appartenant au kibboutz Erez, situé le long de la frontière, selon le site Ynet.

Mercredi, le chef du Hamas, Khaled Meshaal, a fait allusion à Mengistu en parlant d’Israéliens détenus par son organisation, en plus des corps de deux soldats tués dans la guerre de l’été dernier.

Les propos de Mashaal font suite à differentes allusions du Hamas à propos de Mengistu.

Un porte-parole du Hamas, Salah Bardawil, a refusé de commenter. « Nous ne disposons d’aucune information à ce sujet. Même si cela est vrai, nous n’avons pas d’instructions d’en parler », a-t-il dit.

Un négociateur israélien a déclaré au Times of Israel que le Hamas prétend avoir laisser partir Mengistu, et que l’organisation croit qu’il n’est plus à Gaza, mais dans le Sinaï.

La source de la sécurité israélienne a rejeté les allégations faites par les responsables du Hamas selon lesquelles ils l’auraient brièvement détenu puis l’auraient relâché et qu’il serait parti pour l’Ethiopie via l’Egypte.

Puisque le Hamas refuse de reconnaître qu’ils le détiennent, aucune négociation n’est actuellement en cours, a ajouté la source.

Selon des sources israéliennes citées dans les médias en hébreu, Mengistu a été vu pour la dernière fois sautant par-dessus la clôture frontalière près de la plage Zikim, au sud d’Israël.

Les soldats israéliens de la région qui l’ont repéré ont cru qu’il s’agissait d’un Palestinien retournant dans l’enclave palestinienne et, voyant qu’il n’était pas armé, n’ont pas tiré dans sa direction.

Après être entré dans la bande de Gaza, Mangistu a marché vers le sud, où il a rencontré un pêcheur de Gaza.

On ignore pourquoi il est entré dans la bande de Gaza. Son frère Yalo a déclaré à Haaretz qu’il avait laissé sur la plage un sac contenant une Bible.

Gershon Baskin, un négociateur israélien impliqué dans les pourparlers pour Mengistu, affirme que des responsables du Hamas lui ont dit que l’homme a été brièvement détenu par l’organisation mais que les membres du Hamas l’ont laissé partir quand il est apparu clairement qu’il avait des problèmes mentaux.

« Ils voulaient qu’il rentre en Israël; mais il a refusé de partr », a dit Baskin, citant le Hamas.

Photo illustrative d'un homme de sécurité palestinien du Hamas sur la plage à côté de la ville de Rafah dans le  sud de la bande de Gaza  le 11 février 2010 (Crédit photo: Abed Rahim Khatib / Flash90)

Photo illustrative d’un homme de sécurité palestinien du Hamas, sur la plage, à côté de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 février 2010. (Crédit photo: Abed Rahim Khatib / Flash90)

Les Palestiniens ont affirmé qu’ils avaient laissé partir Mengistu et pensent qu’il a fui dans la péninsule du Sinaï par un tunnel, selon Baskin.

« Selon le Hamas, ils ne le detiennent pas et cela a été vérifié par le gouvernement, la police du Hamas et les Brigades Ezzedine al-Qassam », a poursuivi Baskin, qui a confié qu’il avait été impliqué pendant des mois dans des pourparlers avec Meshaal pour obtenir la libération de Mengistu .

Mengistu est né en Ethiopie en 1986. Selon un article publié sur le site Ynet, il avait tendance à quitter sa maison pour des périodes prolongées sans en informer sa famille et a été signalé perdu au moins trois fois.

Il est connu par les services sociaux d’Ashkelon.

Ses parents sont divorcés. La famille a déjà perdu un fils, mort de maladie.

La Dixième chaîne israélienne a diffusé une interview avec un homme qu’elle a identifié comme étant le père de Mengisto, qui a critiqué les autorités israéliennes.

«Ils ne font rien », a déclaré Haili Mangisto. « Où est mon fils? »

Malgré la proximité de la bande de Gaza, Zikim est une plage publique ouverte à tous les nageurs. Elle a été le théâtre d’une tentative d’infiltration du Hamas pendant le conflit de l’été dernier, au cours de laquelle quatre hommes-grenouilles ont attaqué une base militaire sur la plage.

Un négociateur israélien a déclaré au Times of Israel que le Hamas a dit qu’il avait laissé partir Mengistu et qu’il n’était plus à Gaza, mais était passé dans le Sinaï.

Les autorités israéliennes ont confirmé que le groupe détenait les restes des soldats de Hadar Goldin et Oron Shaul et que des négociations sont en cours en vue de leur libération, avec Mengistu.

Oron Shaul et Hadar Goldin (Crédit : Flash 90)

Oron Shaul et Hadar Goldin (Crédit : Flash 90)

Dans une interview au journal en arabe al-Araby al-Jadeed, Meshaal a affirmé qu’Israël avait demandé à des fonctionnaires européens d’effectuer une médiation dans les négociations avec le Hamas pour la libération des captifs.

En octobre de l’année dernière, Mohammed Nazzal, un haut responsable de l’aile politique du Hamas, a souligné que son groupe exigeait qu’Israël « paye un prix » pour chaque bribe d’information concernant le sort de Hadar Goldin et des restes de Oron Shaul. Nazzal n’a pas précisé ce que l’organisation exigerait en échange de ces informations.

Goldin et Shaul ont été tués dans deux incidents séparés au cours des combats à Gaza, pendant l’opération Bordure protectrice. Tous deux ont été déclarés morts sur la base de preuves que l’armée a acquises, mais leurs corps ne furent jamais récupérés par Israël.