Le négociateur palestinien Saeb Erekat a défendu hier l’utilisation du mot « génocide » par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en référence à la campagne d’Israël dans la bande de Gaza cet été, en disant qu’Abbas avait « nommé les choses par leur nom ».

Dans une interview avec la Deuxième chaîne, Erekat a rejeté les condamnations israéliennes et américaines de la terminologie d’Abbas dans son discours de vendredi à l’Assemblée générale des Nations unies et a déclaré « qu’ignorer les faits ne signifie pas qu’ils n’existent pas ».

Dans son allocution, Abbas a déclaré que 2014 devait être une année de la solidarité internationale avec les Palestiniens, mais a accusé Israël d’avoir choisi d’en faire « une année d’une nouvelle guerre de génocide perpétré contre le peuple palestinien, » en référence à l’opération Bordure protectrice.

Les responsables du Hamas affirment que 2 100 Palestiniens ont été tués au cours de la guerre de 50 jours avec Israël, revendiquant que la majorité étaient des civils. Israël soutient que la moitié voire davantage étaient des combattants armés. Israël a perdu 66 de ses soldats dans les combats avec le Hamas, ainsi que 6 civils alors que des milliers de roquettes sont tombées sur ​​ses villes et kibboutzim.

La porte-parole du Département d’Etat américain Jen Psaki a déclaré vendredi que le discours d’Abbas « incluait des propos de nature offensante » que les Etats-Unis rejettent, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu les a qualifiés « d’incitation à la haine », de « calomnies » et de « mensonges ».

Mais Erekat a déclaré que « nommer les choses par leur nom n’a rien d’extrême » et qu’il était «inacceptable» que l’utilisation du terme « génocide » suscite la colère de Washington et de Jérusalem.

« Pour moi [la critique] est inappropriée, irresponsable et inacceptable », a-t-il fait savoir.

Si l’utilisation d’Abbas du terme « génocide » dérange tant les Israéliens, a demandé le négociateur palestinien, «que pensez-vous de la réalité actuelle pour les milliers d’orphelins, et les 91 familles de Gaza qui n’existent plus ? »

« Ce qui s’est passé à Gaza était totalement injuste » a poursuivi Erekat, qui a dirigé l’équipe des négociations avec Israël qui ont duré neuf mois avant de connaître un échec retentissant.

Ce vétéran du personnel politique palestinien s’en est également pris au ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman pour qui Abbas n’est pas un partenaire pour la paix, Erekat accusant à son tour le gouvernement de Netanyahu de ne pas être un partenaire viable pour les négociations.

« Vous avez un gouvernement en Israël qui ne cherche pas la solution à deux Etats. Ils veulent un Etat, deux systèmes, et c’est ce qu’ils font sur ​​le terrain », a ajouté Erekat. « En bref, c’est l’apartheid ».

Soulignant l’intensification d’une campagne juridique palestinienne contre Israël, Erekat a également déclaré que les Palestiniens prévoyaient maintenant de rejoindre les 522 accords internationaux, conventions, protocoles, « y compris ceux qui ouvrent la voie à la Cour pénale internationale ».