Le financier américain George Soros a réfuté point par point lundi les allégations formulées à son encontre par Viktor Orban, accusant le Premier ministre souverainiste hongrois de propager des affirmations « mensongères » et à tonalité « antisémite ».

Le milliardaire d’origine juive hongroise, qui finance des ONG de défense des droits à travers le monde, est devenu une des principales bêtes noires de M. Orban, qui a lancé le 9 octobre une consultation nationale sur un supposé « plan Soros » en faveur d’une immigration de masse vers l’UE.

« Cette consultation contient des affirmations fausses et mensongères qui trompent délibérément les Hongrois sur le point de vue de George Soros sur les migrants et les réfugiés », a contre-attaqué lundi le financier sur son site.

Dans un questionnaire envoyé aux 8 millions d’électeurs hongrois, le gouvernement de Budapest accuse notamment M. Soros de vouloir faire démanteler les frontières européennes et accueillir « au moins un million de migrants par an » dans l’UE.

Reconnaissant avoir effectivement avancé ce chiffre au plus fort de la crise de migrants en 2015, M. Soros, 87 ans, précise dans son communiqué lundi avoir ramené ce chiffre à « 300 000 » un an plus tard.

Il conteste par ailleurs formellement avoir plaidé en faveur d’une ouverture des frontières, d’une répartition contraignante de réfugiés dans des pays ne souhaitant pas en accueillir ou encore de peines allégées pour les migrants commettant des délits, autres allégations du questionnaire.

« Le gouvernement hongrois cherche à distraire ses concitoyens en inventant un ennemi extérieur », estime M. Soros, selon qui la campagne de Budapest « attise les sentiments anti-musulmans et reprend la rhétorique antisémite des années 1930 ».

En 2015, les autorités hongroises avaient déjà lancé une consultation populaire établissant un lien entre « immigration et le terrorisme », puis, au printemps dernier, une campagne « Stoppons Bruxelles » accusant les instances européennes de menacer la souveraineté du pays.

M. Orban, qui briguera un troisième mandat consécutif en avril, a multiplié depuis son retour au pouvoir en 2010 les provocations envers l’UE, dont son pays est pourtant un des principaux bénéficiaires des fonds structurels.

Dans une mesure visant notamment M. Soros, il a fait adopter en juin une loi obligeant les ONG recevant plus de 24 000 euros de financements étrangers par an à se soumettre à un enregistrement spécifique, ce qui a provoqué l’ouverture par Bruxelles d’une procédure d’infraction.