Des officiels de l’Union européenne auraient été mercredi en discussion avec leurs homologues israéliens dans un effort visant à mettre fin à la querelle diplomatique à propos des nouvelles directives de l’Union européenne (UE) sur l’étiquetage des produits de Cisjordanie et du Golan.

L’UE avait annoncé en novembre dernier qu’elle demandait à ses états membres de commencer à étiqueter les produits fabriqués par des compagnies israéliennes en Cisjordanie, à Jérusalem Est et sur le plateau du Golan comme fabriquées dans ces zones plutôt que « faits en Israël ». Au même moment, les ministres des Affaires étrangères de l’UE avaient voté pour que tous les futurs accords signés entre l’UE et Israël stipulent qu’ils ne s’appliquent pas en Cisjordanie, à Jérusalem Est et sur le plateau du Golan.

Les décisions, concernant particulièrement sur l’étiquetage, ont exaspéré les dirigeants israéliens, le Premier ministre Benjamin Netananyahu accusant l’action de donner aux Palestiniens une motivation pour continuer leur campagne d’appels internationaux au lieu de s’engager dans des négociations de paix directement avec Israël.

En novembre, Netanyahu avait ordonné que les agences gouvernementales israéliennes excluent l’UE, un membre du Quartet en charge du processus de paix, de tout effort de négociations ou d’engagement israélo-palestiniens.

Selon un article paru mercredi dans le quotidien Haaretz, l’UE et Israël ont lancé des discussions discrètes pour restaurer leurs relations.

Alors que des officiels de l’UE ont été cités déclarant que les directives d’étiquetage ne serait pas retirées, des sources ont parlé d’une concession non spécifiée que l’UE pourrait accorder à Israël en compensation.

Les discussions auraient pu être proposées quand Netanyahu et la chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, se sont rencontrés au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le mois dernier.

Les négociations auraient été lancées dans les deux dernières semaines, y compris pendant une visite en Israël la semaine dernière, qui n’a pas été rendue publique, de Helga Schmid, secrétaire générale adjointe du services des Affaires étrangères du département des affaires publiques de l’UE, et première conseillère politique de Mogherini, qui a rencontré Dore Gold, le directeur général du ministère des Affaires étrangères et des officiels du conseil de sécurité nationale d’Israël, parmi d’autres agences gouvernementales.

La secrétaire générale adjointe du service d'action extérieure de l'Union européenne, Helga Schmid à la conférence annuelle de sécurité de l'OSCE à Viennes, le 26 juin 2012. (Crédit : OSCE/Jonathan Perfect)

La secrétaire générale adjointe du service d’action extérieure de l’Union européenne, Helga Schmid à la conférence annuelle de sécurité de l’OSCE à Viennes, le 26 juin 2012. (Crédit : OSCE/Jonathan Perfect)

Pendant les réunions à Jérusalem, les officiels israéliens ont déclaré à la diplomate européenne « que les décisions du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et la décision de marquer les produits [des implantations] étaient unilatérales, et adoptaient en pratique le narratif palestinien », a déclaré un haut fonctionnaire israélien anonyme à Haaretz.

« Ce n’est pas comme cela que l’on conduit un dialogue respectueux. »

Un autre fonctionnaire anonyme a été cité déclarant que l’UE « est très mécontente que nous ayons gelé [tous les contacts] liés au processus de paix. Ils comprennent qu’ils doivent nous donner quelque chose, en paroles et en actes. »

La tension entre Israël et l’UE a vu les officiels de l’UE, particulièrement le représentant de l’Union européenne pour le processus de paix au Moyen-Orient, Fernando Gentilini, quasiment totalement absent des discussions dans le Quartet et d’autres forums.

Enfin, Israël a commencé à démolir des habitations palestiniennes construites par l’UE dont il affirme qu’elles ont été construites illégalement dans la zone C de Cisjordanie, contrôlée par Israël.