Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué pour la première fois vendredi l’attaque meurtrière à Jérusalem et averti qu’elle ne serait « pas la dernière », avant que le groupe terroriste palestinien du Hamas ne démente cette revendication.

Dans un communiqué en ligne obtenu à Beyrouth, l’EI a salué les « lions du califat » qui ont « attaqué un rassemblement de juifs » après que la police israélienne a annoncé avoir abattu trois jeunes terroristes palestiniens.

Avant d’être tués, ils ont grièvement blessé à coups de couteau une policière israélienne près de la Vieille ville de Jérusalem, située dans la partie orientale de la ville sainte, palestinienne mais occupée et annexée par Israël. La policière de 23 ans est décédée quelques heures plus tard à l’hôpital.

Selon SITE, un centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne de la mouvance jihadiste, ce serait la première fois que l’EI mène une attaque à Jérusalem ou en Israël.

Le groupe avait revendiqué le 10 avril le tir d’une roquette qui s’était abattue sur le sud d’Israël depuis le Sinaï égyptien, ou des groupes jihadistes affiliés à l’EI avaient déjà revendiqué en février une série de tirs de roquettes sur le sud d’Israël.

Selon le communiqué de l’EI, diffusé dans la nuit sur le réseau social Telegram, les terroristes abattus seraient « les frères Abou al-Barra al-Maqdissi, Abou Hassan al-Maqdissi et Abou Rabah al-Maqdissi ».

La victime a été identifiée comme Hadas Malka, 23 ans. Elle habitait dans le moshav de Givat Ezer, dans le centre du pays, et avait rejoint la police des frontières il y a 15 mois. Elle laisse derrière elle ses parents, ses trois sœurs et ses deux frères.

Malka a été poignardée par un terroriste sur la rue du sultan Souleymane, près de la porte de Damas, vendredi en début de soirée.

Elle avait été transférée à l’hôpital Hadassah du mont Scopus, à Jérusalem, où elle avait été opérée en urgence avant de succomber à ses blessures.

Son attaquant a été abattu.

Non loin de là, au Tombeau de Sédécias, deux terroristes, l’un armé d’un couteau et l’autre d’une arme semi-automatique artisanale, de type Carl Gustav, ont attaqué un groupe de garde-frontières à la porte de Damas.

Le couteau utilisé dans une attaque terroriste palestinienne porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : police israélienne)

Le couteau utilisé dans une attaque terroriste palestinienne porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : police israélienne)

Les deux attaquants ont été abattus par les troupes. Selon les premières informations, l’arme semi-automatique artisanale se serait enrayée, évitant ainsi une attaque encore plus grave.

Les attentats ont eu lieu alors que les musulmans marquaient la fin du troisième vendredi du Ramadan, pendant lequel des dizaines de milliers de Palestiniens de Jérusalem Est et de Cisjordanie ont assisté aux prières au complexe voisin de la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’islam.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les mouvements terroristes du Hamas et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ont affirmé que les trois terroristes étaient issus de leurs mouvements.

Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas. (Crédit : YouTube/MEMRI)

Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas. (Crédit : YouTube/MEMRI)

« La revendication de l’Etat islamique est une tentative de brouiller les cartes », a assuré dans un communiqué Sami Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas. L’attaque, a-t-il ajouté, a été menée par « deux résistants palestiniens du Front populaire de libération de la Palestine et un troisième du Hamas ».

Le FPLP a de son coté indiqué que Bara Ata, 18 ans, Oussama Ata, 19 ans, et Adel Ankush, 18 ans, avaient mené cette attaque « dans la droite ligne de la résistance et pour répondre aux crimes de l’occupant », la terminologie utilisée par les mouvements terroristes palestiniens pour chaque attaque depuis le début il y a un an et demi d’une vague d’attentats, majoritairement menés par des jeunes isolés armés de couteaux.

Les médias palestiniens ont quant à eux identifié les trois terroristes, Adel Ankush, 18 ans, du village de Deir Abu-Mashal, près de Ramallah en Cisjordanie, Braa Salah, 18 ans, du même village.

Un quatrième Palestinien originaire de Hébron, Amer Badaoui, qui avait été décrit par les forces de sécurité palestiniennes comme l’un des assaillants, était en fait un passant qui a été blessé par les tirs avant d’être transporté à l’hôpital, selon la police israélienne.

L'arme utilisée dans une attaque terroriste palestinienne porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : police israélienne)

L’arme utilisée dans une attaque terroriste palestinienne porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : police israélienne)

Les forces de sécurité se préparaient à une opération aux domiciles des terroristes, a annoncé le site d’information Ynet. Les raids doivent permettre de vérifier si les membres des familles des attaquants connaissaient leurs intentions de mener un attentat, et de déterminer comment l’arme à feu a été acquise.

Au moins quatre autres personnes ont été blessées dans les attaques, dont un autre policier. Elles ont toutes été légèrement blessées et ont été soignées à l’hôpital.

Yoram Halevy, le chef de la police de Jérusalem, a déclaré pendant un point presse que la police soupçonnait que les terroristes étaient arrivés de Cisjordanie plus tôt dans la journée pour les prières du Ramadan, et a suggéré qu’au moins certains d’entre eux n’avaient pas l’autorisation d’entrer en Israël.

« Pendant le Ramadan, de nombreux jeunes [palestiniens] entrent sans permis, ils profitent du Ramadan pour être à Jérusalem », a-t-il dit aux médias sur les lieux de l’attentat, ajoutant que dans certains cas, « c’est ce que nous obtenons », en référence aux attentats coordonnés.

Le mois dernier, Israël avait annoncé qu’il adoucissait les restrictions imposées aux déplacements des Palestiniens pour entrer et sortir de Cisjordanie et de la bande de Gaza pendant le Ramadan, mois saint musulman, notamment avec un accès facilité à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, la délivrance d’un plus grand nombre de permis de voyage et la possibilité pour certains de se rendre à l’étranger. Ces mesures sont similaires à celles des années précédentes.

Ces 18 derniers mois, la Vieille Ville, et la porte de Damas en particulier, a été le lieu de plusieurs attaques menées par des Palestiniens, et dans un cas par un ressortissant jordanien.

Le Hamas a déclaré vendredi soir dans un communiqué que « l’attaque de Jérusalem est une nouvelle preuve que le peuple palestinien poursuit sa révolution contre les occupants, et que l’intifada continuera jusqu’à l’obtention de la liberté totale. »

Selon le FPLP, Bara et Oussama Ata étaient récemment sortis de prisons israéliennes après y avoir passé plusieurs mois.

Le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet, a pour sa part affirmé que les trois assaillants avaient déjà été impliqués dans des « activités terroristes ».

Yahya Sinwar, le nouveau chef du Hamas à Gaza, pendant l'inauguration d'une mosquée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 février 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Yahya Sinwar, le nouveau chef du Hamas à Gaza, pendant l’inauguration d’une mosquée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 février 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)