Les gouvernements israéliens successifs ont fait preuve de discrimination envers la communauté arabe, a déclaré lundi Yair Lapid.

S’exprimant à l’occasion du lancement d’un nouveau lobby parlementaire pour le développement économique des Arabes israéliens, Lapid a pointé du doigt le manque de transports en commun vers les villages arabes, ainsi que le déséquilibre dans les investissements éducatifs.

« Historiquement, les gouvernements israéliens ont fait très peu pour améliorer le statut économique des Arabes et parfois, ils lui ont même nui », a annoncé Lapid. « Ce n’est pas seulement injuste, c’est aussi stupide en termes de développement économique. »

Selon des données fournies par le lobby, dirigé par le député Bassel Ghatta (Balad), les Arabes israéliens, qui représentent 17,6 % de la population du pays, ne contribuent qu’à 8 % du PIB national, estimé à plus d’un milliard de shekels (207 millions d’euros).

Un rapport sur l’emploi des Arabes en Israël, publié l’année dernière par l’université de Tel Aviv, a révélé que les taux élevés de travail peu qualifié (le plus souvent des travaux manuels) ont conduit de nombreux hommes arabes à des retraites anticipées.

En outre, le faible taux d’emploi des femmes arabes par rapport aux femmes juives explique en partie le nombre très élevé de pauvres dans la société arabe (54,4 % chez les Arabes contre 14% chez les Juifs).

Le rapport conseille au gouvernement d’investir plusieurs milliards de shekels à destination de la communauté arabe afin de résoudre « des problèmes structurels de marché. »

Lapid a estimé que la création de « programmes spéciaux », destinés aux meilleurs éléments de la communauté, permettrait de faire progresser l’économie arabe et de créer « une génération de jeunes Arabes, qui deviendront des exemples. »

Le ministre a ajouté qu’il menait des discussions avec des responsables locaux arabes afin de trouver des solutions aux problèmes économiques que rencontrent leurs communautés.

« Cela aurait dû être fait il y a 30 ans, mais c’est bien que nous le fassions maintenant », a-t-il dit.

Avishay Braverman, président de la commission des finances de la Knesset et ancien ministre des Minorités, a confirmé qu’Israël avait discriminé ses citoyens arabes pendant des années, à la fois dans le domaine de l’éducation et dans l’accès aux infrastructures.

« L’Etat d’Israël n’a pas fait ce qu’il aurait dû faire », a-t-il confié. « Ce n’est pas seulement par souci de justice qu’Israël doit donner aux Arabes israéliens ce qu’il donne aux Juifs, c’est aussi parce que c’est bon pour les Juifs et pour l’économie ».

Avner Stepak, l’ancien PDG de la société de placements Meitav Dash, a estimé que les fonds institutionnels pourraient aisément réaliser des investissements de plusieurs millions de shekels dans l’économie arabe, ce qui générerait des profits annuels de 6 à 8 %.

Selon lui, tout ce que le ministère des Finances doit faire est d’accorder aux investisseurs institutionnels une garantie sur leurs retours pendant les deux premières années.

« Après deux ans, le marché fonctionnera par lui-même », a-t-il conclu.