Les agressions antisémites sont « de plus en plus intenses et cruelles », selon une étude mondiale annuelle sur l’antisémitisme.

554 actes violents de nature antisémite ont été enregistrés dans monde en 2013 – soit une baisse de 19 % par rapport à 2012, qui avait connu une « hausse exceptionnellement forte » de ce genre d’incidents, selon le rapport.

Les chiffres de 2013 sont proches de la moyenne annuelle de 550 agressions, répertoriée au cours de la dernière décennie, un niveau supérieur à la décennie précédente, selon l’étude.

Les résultats ont été publiés dimanche, à la veille de Journée de la Shoah, par le centre Kantor pour l’étude de la communauté juive européenne contemporaine et la base de données Moshe Kantor pour l’étude de l’antisémitisme contemporain et du racisme à l’université de Tel-Aviv, en coopération avec le Congrès juif européen.

« L’antisémitisme a continué à s’infiltrer dans le grand public à partir des franges d’extrême-gauche et d’extrême-droite. Ses manifestations ne sont plus accessoires, mais sont devenues un phénomène quasi quotidien », peut-on lire dans le rapport.

Avec 116 agressions antisémites, la France enregistre le plus grand nombre d’attaques pour la deuxième année consécutive.

Le Canada et le Royaume-Uni ont tous deux connu une augmentation des incidents antisémites, avec 95 agressions au Royaume-Uni en 2013 (contre 84,l’année précédente), et 83 agressions au Canada (contre 74 en 2012). L’Allemagne compte elle 36 incidents, l’Ukraine 23, la Russie 15 et la Hongrie 14.

Les violences ont été perpétrées avec et sans armes, via des incendies criminels, des actes de vandalisme ou des menaces directes contre des personnes ou des institutions juives comme les synagogues, les centres communautaires, les écoles, les cimetières, les monuments et les propriétés privées.

Selon le rapport , le nombre d’attaques directes contre les personnes est « en constante augmentation » – un peu plus d’un tiers des victimes d’agression étant des particuliers.

« Les Juifs ne se sentent pas en sécurité dans certaines communautés d’Europe », a déclaré dimanche le docteur Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, à l’université de Tel Aviv.

« La vie juive traditionnelle n’est pas viable en Europe si un tel nombre de Juifs sont contraints de vivre dans la peur et l’insécurité. Les gouvernements européens doivent de toute urgence s’occuper de ces questions. »

Un des incidents mentionnés a eu lieu non pas en Europe, mais en Argentine, le 7 octobre dernier, lorsqu’un garçon de 13 ans né en Israël a été attaqué par deux enfants qui se moquaient de son accent.

Quand la victime leur a dit qu’il était juif, ils l’ont frappé avec un bâton et lui ont jeté une brique au visage, lui cassant le nez .

Les 333 actes de vandalisme représentent près des deux tiers des incidents.

Il y a également eu 25 attaques avec armes (4 % du total), 98 actes de violence sans arme (18 %), neuf incendies criminels (2 %) et 89 menaces directes (16 %).